samedi 19 avril 2014

De la religion en nos amours* !


 «Chère Ménie.

Juste deux mots. Mon chéri ne veut pas se marier avec moi parce que nous  ne sommes pas de la même religion. Que me conseillez-vous ? Amitiés, Manuel».

(Nous avons reçu cette lettre laconique de Manu, lettre courte mais très explicite et qui mérite réponse).
Manuel, votre confiance nous honore mais, que voulez-vous comme réponse ? Vous nous faites comprendre que vos religions n’entrevoyaient pas l’œcuménisme et vous nous faites savoir que la religion est chose fondamentale pour votre homme et qu’il n’en changerait sous aucun prétexte.

Comme le disait si bien feu Napoléon 1er, Empereur trop tôt disparu et tant regretté de nos militaires français qui l'adulent tant bêtement qu'ils oublient que la guerre, de nos jours, n'était jouable qu'en terrorisme citadin :
- Lorsqu’il y a deux chefs, il faut que l’un devienne la femme de l’autre… signifiant qu’un des deux doit céder le pas en prenant  la religion de l’autre.

Votre lettre ne nous a pas laissés indifférents. Je vous fais part de quelques réflexions de mes amis.
Pierrot me souffle, interloqué :
- Mais, c’est une histoire d’amour entre deux mecs, Ménie !
- Qu’est-ce qu’il dit, Ménie ?
- Le type à Manu, il est déjà marié à la religion. Sûr et certain que le drôlet à Manu est un curé. Ma main à couper, s’esclaffe René… Où là, c’est pas une vraie lettre. On se moque de vous, Ménie.
- Non, René, non. J’ai bien lu l’adresse IP. Il s’agit d’un envoi de Manuel. Et puis, Pierrot, pour votre gouverne, sachez que les hommes ont tous droit à l’amour, que je sache. Les femmes aussi, et n’est-ce pas mieux ainsi ?

- C’est une histoire d’abruti… Demandez confirmation à Américo qui s’y connaît en l’espèce, continue René qui commence à s’inquiéter vraiment pour moi.
- Quand bien même, j’y répondrai à cette lettre.
- Et Gilou, qu’en pense-t-il ?
- Qu’en pense-t-il, lui-même, m’a transmis le courrier de Manu. Ah, vous voyez bien, non ?
- J'en pense qu’il y a coquinerie dans l’air quand  l’œil de Gilou frise. Parions que le chéri à Manu sera Dieudonné. Le hasard fait bien les choses, mais à la Gilou façon… Dix contre un ! Qui prend ?
- M'enfin, René, Manuel Valls n'a rien à y voir… Ni Gilou !

Voyez, Manu, que votre lettre ne nous laisse pas de marbre. Si je ne me trompe, la différence de religion ne fait pas obstacle à l’amour, pour vous. Comme c’est beau et cela vous honore !
Et pourtant, en y regardant de plus près, constatez que, vous-même, ne pensez pas pendre la religion de votre amoureux. Vous devriez toutefois vous interroger : aimez-vous suffisamment pour que l’amour soit plus fort que la religion ? Tous, ici, en doutons. Mais, c’est la vie qui le veut ainsi…
Voyez-vous, quoi de plus banal de dire que l’amour ne peut rien contre l’argent, le sexe, la religion, la lâcheté, la drogue, la passion, rien, et c’est ainsi de toute humanité et de tous temps.

Si, tous deux n’êtes pas capables de vous prendre et vous accepter comme vous êtes, vous ne pourrez ni vous marier, ni vivre une vie de couple amoureuse, équilibrée, heureuse. Il ne vous reste donc qu’une solution, c’est la séparation. Il n’est point d’autre solution.
Dans le cas ou votre amoureux serait un coup, le coup de votre vie, la question sera à ré-étudier. D’un autre côté, n’étant pas unis par les liens civils du mariage, la bénédiction de votre union ne se peut être, alors, pourquoi ne pas vous payer de grands coups de canif dans votre « contrat » un tant soit peu morganatique ?

Et, qui sait : le frère de votre chéri sera peut-être le meilleur coup de votre vie. Et même s’il est moins beau que votre chéri, pourquoi ne pas tenter le diable ? Parce que, comme le dit si bien Roland :
- À l’excellence, nous sommes tous tenus. Quant à l’amour, on fait comme on peut, même mesquinement !
Je tenais à vous faire profiter du dernier petit conseil de Gilou :
- En parlant du Diable, quand vous l’aurez pris par la queue et fait porter des cornes à votre chéri, faites le lui bien savoir du genre : 
« Ne crie pas, petit chéri, nous ne sommes pas marié… je suis seul propriétaire de ce corps que tu adores tant. Bien fait pour toi, petit chéri. T’as pas voulu du mariage. Na ! »

La morale de cette histoire ? Quand la religion se met en travers du lit, bonjour les dégâts… 
Bonne chance, Manu et, surtout, soyez heureux en vos amours. Et, faites-moi connaître votre décision, si vous voulez bien.

Affectueusement, Ménie.

jeudi 17 avril 2014

Ma guinguette au Val des Lisiers* !


Ici, nous écrivons sous la férule d’Américo qui demande, oui !
 

Qui demande, que dis-je, qui exige de contrôler mon propos. Pour ce révolutionnaire, ancien capitaine portugais SGDG des Œillets Rouges, la démocratie serait la meilleure des méthodes de gouvernement si le contrôle des élus et des promesses était effectif et efficace. 

Et, meilleure méthode de contrôle américanien : tu as trop promis et ne peux tout tenir ? Un coup de bâton, et hop… dégage !

Quant à la presse, c’est copains comme cochons avec les gouvernants. Même remède de cheval ! Et lorsque presse ou élu ne font pas le taff, ni on lit, ni on réélit.

Toute promesse n’est qu'un leurre pour attraper le gogo. Ou la gogole. Parce qu’en somme, promettre le mariage pour se marier, la belle affaire, et quoi d’anormal à cela ? Ce n’est pas de cette promesse qu’il faudrait parler mais des…
- Oui, Chérie, évidemment que la vaisselle, le repassage, le ménage, mais oui si tu m’épouses, je ferai !
Ici, nous ne parlerons pas du gars tellement beau qu’il peut se passer, lui, de quelque promesse que ce soi et que, tout en parlant d’argent, se vante d’avoir les bourses pleines ! 

En bonne analyse psychanalytique*, l’action de déposer son bulletin dans l’urne revient à se laver les mains des affaires de la République en toute bonne conscience.
Comprenne qui pourra, sachant qu’on s’est tant battu pour obtenir ce droit de vote pour être maître chez soi et que nous nous en servons pour n’avoir pas à nous occuper des affaires publiques, nos propres affaires communes.
Mais, quelle histoire de doux-dingues !
*Cessez, rires lacaniens : seules les analyse longues, et donc rentables, sont bonnes !

- Gilou,  félicitons le Maire, réélu haut la main. Score impressionnant. N’étant pas inscrit au Vigan, alors qu’il le pouvait, ce piaf portugais ose gazouiller :
- Dis bien sur le blog que  j’ai suivi passionnément cette réélection et les promesses qui parlaient ville, campagne, commune, communauté, gestion, fleurette au ras des pâquerettes, et même de guinguette. 
Pardon ? Au Vigan, une guinguette ? Ce sont ortolans promis !
- Tu sais bien, ami portugais que les ortolans sont interdits de chasse. Impossible à élever en cage. Il faudrait se faire oiseleur braconnier alors, pour les déguster, pas demain la veille…
- C’est ce que je disais : une guinguette est promesse comme nèfles, enfin, si on veut.

Une guinguette en érection, nous vous prions. Et au droit des cochons. Et, comme il se doit au bord de l’Arre, tout près du Pont en Fer. Une campagnarde, je vous en supplie. Vous préfèreriez une champêtre guinguette avec ces relents de camembert fleuri, bien trop fleuri ?
Il n’est pas trop poli de dire : je m’excuse, mais, quand même, je m’excuse car, à part nôtre blog, qui a bien voulu relever les promesses électorales qui ont permis de prendre notre bonne ville des piémonts du cévenol Lingas et de la caussenarde Tessonne, qui aura bien voulu relever ces promesses, si ce n’est Rolando de Le Vigan en Gard ?

Soucions-nous donc des miroirs aux alouettes que sont les promesses finissant toutes glissées en rouge dans la colonne profits et pertes. Oubliée, la piscine couverte, notre marronnier électoral. Et, patatras : que de promesses, devenues oripeaux, ne finissant pas le mandat. Malheur donc sur l’électeur si oublieux, ce Sieur à la Courte-Mémoire ci-devant baron des promesses sitôt entendues, bien trop vite oubliées.
Ah ! Parlez-nous de ces avances aux promises jamais tenues, parce que  jamais dues. Et, comme nous l’affirmait un de nos amis politicien… ou politicard ? Mais, que t'importe :
- Mieux vaut devoir toute sa vie à un ami que ne pas vouloir le rembourser.
- Peut-être, mais on peut quand même lui faire sentir l’odeur de l’argent, tout de même, non ?

Au roi du Cochon et de la Coche réunis. Promettez tout, non, mais sans blague ! Tout et son contraire ! Et permettez tout une fois élu : autorisez l’excrémentalisation de la rivière, tandis qu’on verbalise le crottin canin dans nos rues. 
Mais, dites-nous donc : la rivière et les rues ne sont-elles pas des voies publiques toutes deux ? Alors, à quand des sacs poubelle de 200 litres, étiquetés Communauté des Communes pour le pipi-caca des coches et cochons, à tout le moins costauds, les sacs. 

Promettre, (verbe électoral, 3ème groupe se conjuguant comme mentir), de mettre. Imaginons une déclaration d’intention pour les élections qui serait toujours la même. En 1971 on pouvait faire les mêmes promesses qu’en 2014 pour être élu. Par exemple, une guinguette…
En bon français, promettre, du verbe mettre, verbe électoral adapté à nos fondements républicains, avec tout le respect qu’on nous doit.
D'où la bénigne expression zaïroise :
Promettez, promettez... il en restera toujours du rêve. 

En affaire de promesses, il n’est aucun menteur, que des oublieux et il suffit d’être beau parleur, comme me disait si bien un aigrefin :
- L'embrouillage du chaland, voilà le secret. Faut causer bien et porter beau ! 

Nous sommes sur l’Arre, notre rivière à cochons baignant la petite ville et ses villages de ses eaux presque pures : Arre, Bez, Molières-Cavaillac, Avèze, Le Vigan, le Rey et Pont-d’Hérault, (ces trois dernières arrosées aussi au purin avezol).
Environ 20 kilomètres d’une rivière magnifique, puissante, large, la plus belle de France, plus quelques ruisseaux abouchant. Et des rieux.

La liste réélue promettait une guinguette : soit à Tessan, là où on avait prévu de créer un cimetière en zone inondable, ce qui faisait dire aux viganais, à l’époque :
- Mourir, c’est toujours partir un peu, oui mais partir avec la rivière ! D’autres, plus taquins…
- Partir à vau-l’eau, mon vieux, comme notre bonne ville !
Parfois, même, c'est vouloir surfer après le Rocher de la Mère, porté par le superbe mascaret aux dégueulements de la station d’épuration qui se trouve quelques fois en encombrement gastrique pour avoir eu les yeux plus gros que le ventre lors de l’afflux estivant, si j’ose m’exprimer ainsi.

Mais, où positionner cette viganaise guinguette communale ? Au bord de l’eau comme indiqué dans la chanson, et en zone inondable : il faut ce qu’il faut. Avant l’octroi du Vigan-Avèze, près de la Baignoire ? Que nenni : la rivière y est peu propice au canotage. 

A la chaussée (la Cascade) de Rochebelle ? En ce cas, dilemme, la guinguette deviendrait avézole en ce seul lieu acceptable, loin des habitations pour ne pas gêner les populations par les flonflons et autres odeurs culières. 

Il nous resterait encore près du Pont en Fer surélevé suite à la crue de 1958, au lieu dit des Trois-Sources (malheureusement polluées par le purin), au droit de l’élevage des cochons cévenols, sis sur la rive « caussenarde » avézole…

Baptisons au purin notre guinguette… « A la coche, à la coche ».
- Oui, et pourquoi ne pas organiser un safari de cochons, sur le rive opposée ? N’importe quoi !
- Et pourquoi pas une boucherie chevaline dans le parc des Châtaigniers ? Madame, je vous abats ce poulain isabelle, je vous le fais saignant ? Vous préféreriez un blanc sec, un petit noir plutôt ?
Parce que, chose promise, chose due : vivement que nous vienne cette guinguette aux Trois Sourcettes, au droit des célèbres cochons cévenols. Et tous, à vos pince-nez ! Vous y verrez plus clair ! et en pincerez pour notre guinguette à la ferme, soyez-en convaincus.

Pour l’imprimatur décennal, signé pour le Portugal et ses ex-Colonies : 
Américo, ex-Capitaine du Roy, ce vendredi de Grâce 2014, 17ème du mois d’avril.

mercredi 16 avril 2014

Le Conil de sir Cambronne* ! - 2


La vérité historique oblige au rétablissement de l'honneur du général Cambronne, Jacques, Etienne. 

Une seule et unique fois, s'étant laissé allé à dire une grossièreté, d'après ces Messieurs les anglais qui l'avaient bien mérité, sa réputation fut surfaite.  Moi, je dis : arrêtez d'insulter ce parfait homme du monde, toujours poli, jamais un mot plus haut que l'autre. 

Comparé au maréchaux de Napoléon 1er qui avaient toujours à la bouche la petite friandise si agréable à suçoter qui nous vient des lapins du fin fond du Moyen-âge, Sir Cambronne était d'une politesse exquise. Jamais, il ne prononça ce terme de conil que, pour la douceur de son pelage, on associa trop rapidement au pucelage des lapines.

Certains vous dirons que cette propension à la grossièreté des Maréchaux d'Empire proviendrait du fait qu'ils soient tous sortis du rang... Que nenni. 
Je demeure convaincu que nos actuels officiers, presque tous de l'ancienne noblesse*, avec leurs noms improbables, ces Mon(sieur le) Général de la Breloque, Mon Colonel de La Saumure, tous si collet monté, lorsqu'ils évoquent, avec la déférence qui lui est due notre Roi, père blanc et bon père François des peuples de France et du Mali réunis... 
 ... oui, disais-je, ces beaux messieurs doivent utiliser, sans nulle vergogne, ces termes de conil, conilhard, cuni en lingus vulgaire tout en se prenant pour les cavaliers de l'enfer et foudres de guerre à la Gudérian.
*On se demande comment cela se peut encore, en République, tous ces noms de nobles qui insultent à l'esprit de 1789, n'est-il pas ?

Comme le signalait si bien la réclame d'un fourreur de la Madeleine sachant parfaitement fourrer ces dames du monde, cette digression ne se propose qu’un seul but, à savoir que les mots de la vie sont notre essence même et disparaissent avec nous, même les très gros mots, mots-fureur... et mots-amour parfois en nos couches d'amour !

Camoëns le signalait déjà à l'époque : de chaque existence, il ne restera que nos dires pour raconter notre voyage terrestre, d’où l’impérieuse nécessité de leur recueil pour que nous restions à jamais en vos mémoires.
Mais alors, pourquoi vous souciez-vous de vos actions, bonnes ou mauvaises, il vous suffisait de faire collecter vos paroles, et même vos gros mots ?

Nous ne sommes que des films muets, à moins que… à moins que nous n’y mettions les sous-titres et les encarts indispensables au déroulé de l’action, plus ce pianiste accompagnant le film en nos anciennes salles obscures, pour faire jaillir la vie qui jamais ne s'accorda du silence. Il fallait ce bruit de fond de l’univers en certitude : ainsi, nous avons l'assurance que la vraie vie éternelle ne se peut que par le souffle de nos mots. Et tant que le vent les portera...

Avec l’usure du temps, nos tics du langage finissent vidés de saveur et de sens. Que  restera-t-il de nous ? Le souvenir de quelques bribes de mots :
- Ma parole, quel abruti ! Qu’est-ce que tu dis ? Ah les ortolans, c’est tra possible, mon fils ! Art’choun* ! Pardon? Mais moi, j’aime ma chatte ! Et si nous faisons une petite senterie ! Quoi ? Mais, que des cons ! (René parlant, plus particulièrement du Hollande’s gang)…  
*L’art’choun, friandise prisée en berbérie, (lorsqu’intact) et dégustée, telle moule fraîchement cueillie.

Vous étiez un excellent bûcheron dans la forêt de l’Aigoual ? Mais, on s’en tape. Vous maniez la rès en excellent scieur ? Vous ne la tibiez pas ? Bof ! Aucun intérêt.
La rès, est ce passant qui se manie à deux scieurs opposés. (Tiber la rès = Expression idiomatique cévenole signifiant qu’il ne faut pas tirer en même temps que l’autre scieur. Pourquoi ? Parce que si les deux tirent en même temps, la rès devient inutile, plus rien ne bouge, le travail n'avance pas et ça énerve…).

Eh, oui.. La vie use du technicolor et du parlant souvent grossier. Mouvements d'humeur, paroles d'amour courtois et de colère, couleurs d'argent, de vin et de pastis, senteurs de fleurs et de caca-bouda, ainsi va de toute vie… en y ajoutant les noirs et blancs de nos rêves de chaque nuit, notre cinéma muet, et le tout pour parler d'une jolie vie pas toujours polie. 
Devant les pyramides, que pouvait bien dire Buonaparte, artilleur de formation ? Soit une connerie, comme moi, ou parler en homme de guerre :
-  Avec la courbure de la terre, à combien de distance la vue s’avance-t-elle ? ou user d'un mot à l'emporte-pièce à la Sir Cambronne :
- Allez, on se lève de là et on se bouge le cul, bande de ...! 
- ... de cons, Mon Général ?
Mais, Napoléon Premier n’aura jamais pu prononcer :
- Soldats, du haut de ces pyramides, 40 siècles d’histoire vous contemplent. Impossible, incroyable. Mais pourquoi ? Mais parce qu'il n'était pas encore empereur. Des cons ? Pardon ?

La postérité par l’écriture. Sans les historiens, nul ne peut prononcer des phrases aussi bien tournées dans l’action, sans en enlever toute la gangue de grossièreté qui accompagne, toujours, le feu de la vie.
La voyez-vous, cette Retraite aux  flambeaux des grognards s'enfuyant de Russie, magasins de l’arrière pillés, maréchaux s’en disputant les restes comme des chiens et se traitant d’incapables, de gros cons et Napoléon ne pensant qu’à abandonner les débris de la Grande Armée pour rejoindre Paris ? Aurait-il dit : 

- Quels cons ? Ici, l'historien reste sans voix pour servir la gloire de l'Empereur. Par bonheur !
Et pourtant, "Quels cons !" eut été bienvenu, bien senti ! Réaliste !

A la Libération de Paris, les bons français chantaient ces mots, recueillis par les historiens officiels, en hommage à De Gaulle :
- Général, nous voilà, tu nous as redonné l’espérance, la patrie renaîtra, Général, Général nous voilà !
- Général, général... l'était pas Maréchal, Zohra la Grande ?
- Si c'est pour pinailler que tu m'interromps, merci bien Pierrot !

- Oh, si mes dires, même grossiers pouvaient servir ma gloire, même posthume, j'accepterais que l'on dise que mes amoures n'étaient pas si fantasques. Et ma vie pas si inutile, même si grossière elle fut par mes dires plus que par mes actions !
- Et, si tu me caressais de mots qui me montent du coeur au ventre, ici et maintenant, pour le meilleur et pour le pire ?
- Attends, Fanny ! 
- Oh oui, efforce-toi à l'excellence. Dis-mois ces grossièreté que j'adore ! Ces mots qui me font femme légère...
- ...
- Oh, Gilou-gilou, fais-moi ta reine de Saba.
- Oh, Fanny, ma yéménite, toi ma tendreté...
- Oh, mon roi,  baise-moi des baisers de ta bouche ! Et caresse aussi tendre petit conil d'amour !
- Fanny-Chérie, oh que oui, ooooooh que ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii.

Mais, chut… plus un mot, restons pudiques, car Bel Amour est si timide ! Et restez poli, je vous en conjure.
Ce 16 avril 2014, en souvenir de vous... oui vous, vous seule !
Proverbe suisse : Seul, le parler d'argent est d'extrême grossièreté !
Quant à Cambronne, qui ne fut jamais le grossier que l'on a dépeint, fallait quand même qu'il soit bien con pour demander aux anglais de tirer les premiers. Pourquoi ? Parce que !

samedi 12 avril 2014

Le Lapin du Vigan à travers les siècles* - 1


Peu d’animaux n’auront autant changé de nom sans jamais perdre leur livrée comme notre lapin-pin-pin.

Comme nous le savons tous, au Moyen-âge Lapin se nommait Conilhe et, parfois plus joliment, Maître ou Messire Conilhe car il représentait beaucoup pour nos familles de vilains serfs.
Imaginez la reproduction des lapins-lapines dans une année… incroyable. Durant des siècles, ce petit animal sera la seule réserve inépuisable en viande fraîche sur pattes. Voila pourquoi il n’était point besoin d’inventer le réfrigérateur qui attendra bien gentiment la surpopulation humaine pour laisser échapper ses gaz à effet de serre.

Nous sommes en 1080 après J-C. Dame Cunégonde, prénom à l’époque déjà en désuétude est la concubine de Jehan le vilain, dit le Couteau ( Prononcez Coutâo, à la romaine façon), tandis que la langue française se met en place, se libérant lentement de sa gangue latine.
A cette belle époque, pour les nobles, on ne se mariait pas, Monsieur. Non Monsieur !

Non, on ne se mariait pas ! On ne faisait que prendre femme, lorsque l’on était pauvre (prononcez paôvre…), oui parce que se marier avait toujours ces relents de combinatione, d’argent, de dot, de contrat, d’alliance, de richesse, de guerre et de paix, d’agrandissement de territoire, enfin que sais-je ? 
Serait-ce toujours ainsi à l’heure d’aujourd’hui, Monseigneur Bob évêque de Nîmes, Alais, Uzès et environs ?

Le mariage n’était pas pour tous, Bob. On allait voir la jeunette qui vous plaisait, on lui demandait tout bonnement :
-Tu veux ou tu veux pas. Si tu veux pas, tant pis, j’en f’rai pas une maladie*, puis, on s'emmenait dare-dare la damoiselle telle quelle, et seulement revêtue de sa chemise qu’on s’empressait d’enlever en quelque chemin creux après s’être éloigné de quelques pas de la demeure paternelle, et l’affaire était dite, consommée le plus rapidement possible avant que monsieur le Comte Dieudonné MURS de la Bastide d’Ambroisie n'ait eu l'idée même d'étrenner la promise de Jehan.
*Merci à Marcel ZANINI.

L’affaire de l’union faite et bien faite... ah, non mais dites donc ! Il convenait d'aller voir le bon gros Curé de notre grasse paroisse qui vous faisait de grands yeux-colère pour vous bien signifier que Monsieur le Comte n’avait pas apprécié la servile manœuvre.
Quelques deniers aussitôt discrètement donnés pour le dérider et, après quelques soupirs et un semblant de bénédiction, la messe était dite et l’union bénie inscrite en mariage sur les registres pour tous de la paroisse.
Et on se passait parfaitement de la Mairie, Cher Bob. Que de regrets, bon Bob de ne point vivre en ces temps heureux du droit de cuissage et de la prépondérance de l’Eglise Universelle, la Catholique ! En toute gestion religieuse des mariages heureux.

A cette époque bénie de l’essayage des pucelles par nos Maîtres, le mariage pour tous était interdit. Les bougres, réputés nombreux en Bulgarie, ne se pouvaient s’unir en France, sous peine de la hart (la corde, si vous préférez).
Cette bonne tradition festive de l'essayage en guise de cadeau de noce de nos Maîtres s’avérait nécessaire. L’Eglise ainsi la justifiait : il importait de connaître du sexe stricto sensus féminin, à tout le moins, de la mariée pour éviter qu’un mariage pour tous ne soit contracté par des hommes entre-eux. 

Non, non… ce n'était point une sinécure que d’être baron, comte ou vicomte. Qui peut réaliser l’harassement de notre bon Seigneur Dieudonné MURS en son Comté si vaste et tant peuplé de jeunes et jolies mignonnettes à marier qui pouvaient convoler à 13 ans et souventes fois avant 8 ans, avec dispense obligatoire de l’Eglise. Rassurez-nous, Monseigneur Bob, la dispense était bien obligatoire ?

Nous sommes toujours en 1080 dans le Comté d’Ambroisie avec Jehan et Cunégonde dans leur petite fermette, entourés de leurs charres* morveux, sales, tout en haillons. (*Les enfants sont toujours plaisanterie incroyable).
Donc, Jehan avait attrapé quelque conilhe de garenne en ses lacs disposés dans les communs du village. (Lacs ou lacets. Pièges rudimentaires).
-Jehan, mon conilhe tu le veux comment ? Faisandé… en saupiquet, en civet ?
-Surtout pas faisandé… je le préfère nature.


Mais, tout bouge, tout change. Le petit conilhe se transforme au cours des ans en conile, le h s’étant aspiré de lui-même.
Puis, quelques années plus tard, le e s’élide et il ne restera plus du conilhe que le conil, avec sa peau, son râble, sa viande et ses os, toujours bons à manger.

Ainsi, au fil du temps et de fil en aiguille, le conil se transformera définitivement en con pour la plus grande joie de tous.

S’avisant que le Conilhe avait le pelage doux, et qu’on aimait le caresser, on en fit des manteaux avec ses peaux cousues entre-elles. De douceur en caresse, de caresse en tendresse, de tendresse en amour, d’amour en jeux de main, de jeux de main en jeux de vilains, la nombreuse descendance de Jehan et Cunégonde fit du con un objet sexué, la France adopta le mot, s’en gaussa et les choses devinrent impossibles. 
L’Eglise s’en mêla et décréta que Messire Conilhe devenu le Con devait impérativement changer son nom pour sacrifier aux bonnes mœurs : le Con se fit Lapin et le Lapin devint… Non, ne me dites pas que c’est une histoire con !

Tout le monde a bien suivi la leçon du Maistre d’escole Gilles de Sumène, Pont d’Hérault et environs ? Le lapin s’était transmuté une bonne fois pour toutes en con tandis que la lapine devenue conne à son corps défendant, ne le demeurera pas, le mot la désignant tombant en quenouille. 

Depuis, et contre l’avis de l’Eglise, le Con et le Vit se marièrent, mariage pour tous plus que bénéfique pour l’Humanité et c’en fut si étrange que tous se demandèrent pourquoi on n’y avait pas pensé plus tôt.
Mais, comment faisaient les ancêtres de Jacquou et d’Henriette, Cunégonde et Jehan pour procréer, et surtout, comment appelaient-ils la chose ?

Oui, parce que… la voyez-vous, la Henriette hélant son Jacquou, toujours à Ambroisie en ces années 1728 :
-Jacquou, mon croquant, mon con, tu le veux comment !
-Ne dépiaute surtout pas ton con, mon Henriette. Etends-le sur un lit d’herbes fines et j’arrive te le gouster, en connoisseur !

Depuis, on sut qu’un Lapin pouvait toujours cacher quelque mignardise en sa fourrure. Et, voyez comme les choses viennent naturellement aux gens qui veulent s’instruire de l’Histoire de France !

A suivre : le conil de Sir Cambronne! 

Le Lapin à René BOUSCHET (R&B) : (*) Conilhe, conin, conil, con, La pine et même rab bite en anglish!*... on n'en sort pas.
*anglish néologisme de anglais (français) et english (anglais).