mardi 13 mai 2014

1er droit de réponse*. 2014.


Ici, nous donnons gracieusement un droit de réponse à tous ceux qui se sentiraient attaqués par notre blog. Mais, toujours à vos risques et périls, cela va sans dire.
Tout Vigilante de la police municipale, tout Maire, tout Gendarme, tout coureur cycliste, tout évêque, tout pape, tout professeur et tout quidam se sentant spolié dans ses droits, pourra répondre. Et tout Depardieu aussi : allez, soyons bon prince !

J'avais adressé à Monseigneur WATTEBLED en fin décembre 2012, une lettre timbrée qui n’a suscité aucune réponse. J'ai alors publié cet écrit sur le blog le 5 janvier 2013. 
16 mois de non-réponse dont javais fait mon deuil.
Ce mardi 13 mai 2014, en hirondelle annonçant le printemps, soit plus de 463 jours après mon écrit, je reçois cette lettre tant espérée de l’Evêché de Nîmes : 
                                         __________

EVECHE de NIMES                                         Nîmes, le 9 mai 2014
A Monsieur Gilles PATRICE 
PONT d’HERAULT.

Monsieur,

Je retrouve votre courrier de la fin décembre 2012. J’aurais aimé avoir le temps d’y répondre de façon précise mais il m’est impossible de donner suite à toutes les lettres que je reçois sur les sujets les plus divers.

Au cas où vous n’en auriez pas eu connaissance, je vous joins la note du Conseil « Famille et Société » de la Conférence des évêques de France, note publiée il y a un an.

Vous laissant la responsabilité des jugements que vous formulez à mon égard, je vous prie d’agréer, Monsieur, l’expression de mes sentiments respectueux.

                      Robert WATTEBLED
                           Evêque de Nîmes
                    ____________

Il faut savoir que ma lettre À Robert, évêque de Nîmes et environs paraît sur le blog le 5 janvier 2013 et le ton en était plus que mesuré. Je pensais à tort m’adresser à Robert, mon frère en Christ à qui je demandais une réponse à sa lettre circulaire sur le mariage pour tous. 

Mon frère en Christ, ayant classé ma tendre lettre dans la liste des "sujets les plus divers" (du 5 janvier 2013 au 13 mai 2014), la réponse s'est donc faite attendre 463 jours… 
Si la question du Mariage pour tous était un sujet "divers", pourquoi avoir fait une communication à la messe dans toutes les églises du diocèse ? Oh ! que l'on s'abaisse à m'expliquer tout cela, s'il vous plaît. 

LA COURANTE DU 9 MAI 2014, reçue le 14 ne peut d’aucune façon être considérée comme une réponse à mon écrit respectueux du 5 janvier 2013 dans lequel je rappelais que le mariage est un acte éminemment civil, hors du ressort des religieux qui n’ont que la bénédiction à offrir aux mariés en message d’amour.

Cher frère en Christ, je ne te juge pas, mais force est de constater que depuis cette loi, les homosexuels sont plus ostracisés que jamais. Tu me diras que c’est de la faute à Madame Christiane Taubira le bien nommé Ministre de la Justice qui te dira, pour sa défense, que c'est l'Eglise catholique qui a attisé le feu. 
Enfin, chacun dit ce qu’il veut et c'est ce qui réjouit le coeur de l'homme, mais pas celui des homosexuels, nos frères en Christ.

Je n’ai pas jugé opportun d’inclure ce jour la réponse du Conseil Famille et Société mais, si tu l’exiges, et pour t’être agréable, je le ferai passer volontiers sur  blog. En toute fraternité,
                    
                                           Gilles, ton frère en Christ,
                                                   et, qu’on se le dise.

vendredi 9 mai 2014

Amis philosophes, j'arrive*!


Sumène, en ce jour je suis songeur et me dis qu’au lieu de vous conter de belles histoires, je ferais bien mieux de vous entretenir philosophie.

Oui ! Ainsi, nous tenterions de comprendre, de ce monde, les sensations, nos sentiments, et le sens de nos destinées. Et de leur réalité.

Sommes-nous plus religieux plus qu'animal sexuel ? Qu'en savons-nous ? Et encore, qu’ai-je de plus en main, de la bible, du coran, de la thora ou de ma propre consolation lorsque, le soir venu, Fanny dans son tiers-monde à aider, petite Fanny si oublieuse de mes détresses et angoisses enfantines en ces nuits de peurs solitaires où je ne sais que faire de moi, oui : qu'ai-je en main en guise de consolation et qui suis-je et où suis-je ?

Nous avons tous même réponse que nous ne dévoilerons jamais puisqu’il nous insupporterait d'avouer que nos affaires sont toujours mieux prises en main propre. Et parce qu'en tout désespoir, il est une consolatrice, et une seule. 
Sans oublier, chers terriens que seuls nos sens nous relient à la vie, de la "réalité" de nos peurs à la "réalité" de nos existences. 

Nous achoppons à la pierre du chemin. Est-elle réelle ? Pas tout à fait car, si pour moi elle me rappelle douloureusement de rattacher mon lacet, elle ne fait que vous faire ressentir votre fatigue.
Pour un autre cette pierre sera comme un rappel à la prudence sur le chemin. Alors, que partageons nous comme sentiments et comme réalités sur cette pierre ? Rien, si ce n'est le nom de la pierre.

Croire en Dieu, c’est concevable, raisonnable et réaliste : nous vous l’accordons, puisque cela vous fait plaisir à l'entendre. Mais, croire au monde matérialisé que certains nomment le monde sensible, vouloir appréhender les "réels" est recherche d’insensé.
- Tu m'aimes, chéri ?
- Mon amour, je n'aimerai que toi...
Tout cela n'est que sensibilité bien réelle mais irréalité parce qu'irréalisable, incroyable. Non ? Qui veut parier ? 
Cher, très cher Amour, un monde d'amour existerait-t-il pour les amoureux, même pour moi qui ne suis que le produit de mes sens, cet homme qui voudrait imaginer les couleurs de la vie que l'autre lui raconte ?

L’aveugle sait le soleil par sa chaleur, que tu lui parles ou non de sa couleur jaune-d’œuf éclatant qu’il n’a jamais vue. Toutefois, le soleil lui sera devenu image "réelle" parce sensibilisée par ta parole qu’il aime à entendre. Et cette chaleur bienfaisante sur sa peau, il la nommera soleil jaune-d’œuf.

Croyez-moi : la vie n'est contenue que dans le vent de la parole, des émotions, des ressentis, du sentiment et de l'autre. La vie ne serait rien que ce moins que rien qui nous insupporte et nous importe tout à la fois, écrite en poème ou comme tableau, avec ses toutes petites touches de couleurs improbables qui ne sont qu'impressions du réel.

Seriez-vous d'accord pour dire, avec moi, que le sentiment d'amour est la seule réalité qui fonde nos vie ? Et pourtant, ni il se partage et jamais ne se communique. Même pas avec l'être aimé. 
Bien que, dans les poèmes d'amour, par petites touches...

Et le verbe s’est fait chair. Parce que le verbe, cette non-réalité, se fait le seul vivifiant. Pour nous rassurer.
Et pourtant, les mots, ces irréels peuvent nous faire vivre ou mourir !

jeudi 8 mai 2014

Sécurité routière*.


Dessin de Charb
-Beaux gendarmes, la prévention serait-elle compatible avec le bistrot ?
 -Enfin, Monsieur Patrice. Il faut se respecter pour faire respecter son uniforme. Alors, les bars... 

-Mais, pourquoi lui et pas vous? Si au moins, il se juchait sur un tabouret de piano-bar pour y faire ses vocalises et autres gargarismes. Si au moins il se rendait utile, non ?
-Mais parce que c’est un simple… oui, un simple raisonnement qui vous le fera saisir : vous allez en uniforme au bistrot, seul ? Au moindre problème, votre parole sera démolie par le plus petit avocaillon.
-Mais enfin, vous êtes assermenté. 

-Ce qui protège le gendarme, ce n’est pas l’uniforme mais d’être toujours en couple, en duo, devrais-je dire, pour se rendre au bistrot, et dans un but précis. Et ne jamais s’asseoir sur un tabouret, ne pas consommer et n’y rester que le temps strictement nécessaire à la mission. Et, surtout ne pas accepter une boisson offerte. Tout bistrot est un no man's land, pour nous.
-Mais, on se connait. Je pourrais vous offrir un café, une orangeade, par exemple, se tutoyer comme Vigilante le fait avec ses copains. Pourquoi pas ?

-Certaine mauvaise langue, tel  un certain Rolando que je ne citerai pas pour ne pas vous faire de la publicité, pourrait dire dans son blog que nous prenons des cafés arrosés au Cognac, des orangeades servies améliorées de Vodka, et autres jus de tomate à la sauce bloody Mary et que nous serions copains comme cochons.
-Vous croyez ? Mais, ce Zéro, quand il vient au Lagon, il dit faire de la prévention. Il prend l’immatriculation des copains pilotes de boisson et, s’ils sont mal garés sur le tarmac, par inadvertance, il les sonne au téléphone !  

-Nous avons d’autres façons  de vous sonner, croyez-le ! Celà, Monsieur Patrice, est pseudo-prévention. Tout flic s’interdit de copinage. Ah, vous voyez, et le dites vous-même : vous êtes mal garé et donc, vous dérogez à la loi et le saviez pertinemment. Vous voyez sur votre portable qui vous appelle, vous ne décrochez pas et vous dites à vos copains de bistrot :
"C’est l’autre Zéro. Je ne réponds pas. Pour rigoler!". Et lui : 
"Mais, pourquoi tu n’as pas décroché ?"... Et vous : expliquez-lui que vous étiez en bonne posture avec Blondie, toujours pour rigoler, quoique!
Et le tout pour un pastis offert à un Zéro, qui ne sait pas qu’il l’est ? Pas bon, tout çà, pas bon pour l’uniforme.

-La peur du gendarme, voilà la prévention. Vous n’êtes pas arrêté aujourd’hui par ce barrage ? Vous le serez demain. C’est mathématique. Vous n’étiez pas en règle aujourd’hui ? Ne parlez pas de chance… Ce sont les autres conducteurs qui en ont eu, ce jour, parce que auriez pu être cause d’accident. Vous êtes prévenu : mettez-vous en conformité avec la sécurité, la vôtre et celle des autres usagers, et ceci est bonne prévention. 

Un gendarme qui parle autant, est-ce normal ? Et pourquoi pas ? Il fait ce qu’il veut, non ?
-Et puis, Monsieur Patrice, l’uniforme pose problème pour nous aussi. Surtout depuis la loi sur le mariage pour tous. Nous plaisons aux femmes, croyez-moi. Mais, pas qu’aux femmes. 
Alors, se faire draguer dans un bistrot, voyez la gêne occasionnée à nos jeunes et beaux gendarmes rougissant en leur bel uniforme bleu lorsque approchés par de jeunes éphèbes. Tentant, n’est-ce pas ?Et toutes ces amoureuses de nos gendarmettes ? Quel pastaga ! On n’en sort plus de votre bistrot, Monsieur Patrice. 
Halte-là ! Danger ! 

En aparté, gentil gendarme me révèle un scoop : l’Inspection Générale de la Gendarmerie plancherait sur un communiqué officiel en prévision du tout premier mariage gay en brigade, noces qui ne sauraient tarder ! Admettez qu’il n’y a pas de raisons que les gendarmes ne puissent s’aimer aussi… 
... (Et, il me dit encore, sans avoir l’air d’y toucher, que je pourrais être contacté pour donner un coup de main à l’écriture du texte. Mais, chut, laissons l’amour faire son chemin)… mais, attention, après une demande officielle auprès du chef de brigade qui transmettra au chef du groupement, qui fera remonter au chef du corps de Légion, puis à l’Inspecteur général de la Gendarmerie, ensuite aux ministres de tutelle (Défense et intérieur) qui transmettront à  François III notre bon Roi-Président de France et du Mali enfin réunis. Ouf !

Rassurons ces gais militaires gays. Si la réponse ne se perd en quelque oubliette de l’Elysée ou placards ministériels, elle leur parviendra au lendemain de leur mise à la retraite d’office qui ne saurait tarder. Et avec les condoléances, oui, les sincères condoléances de Madame le Ministre de la Justice, n’en doutons pas.

-Mais, avec le beau sexe, vous vous montrez prévenants. Est-ce encore de la prévention?
-Enfin… prévenant, prévention, ne jouons pas sur les mots. Sachez que nous n’arrêtons pas plus les pauvres que les riches mais les vieilles voitures pourries des pauvres qui sont plus dangereuses, plus nombreuses et qui nous font un beau tableau de chasse : ne nous voilons pas la face. Mais, en toute prévention.
-Ah, bon ! Voyez-vous ça. 

-Concernant les jolies bergères égarées sur nos routes, la statistique parle encore. Elles sont toujours dans de très belles voitures de luxe, neuves et puissantes. 
La pratique dit qu’on ne devrait pas les arrêter car elles sont bien entretenues… Les voitures aussi ? Les voitures aussi, mais la curiosité nous pousse à l’inspection. Que feriez-vous tandis que l’ennui vous guette à battre la semelle sur le macadam ? Allons, Monsieur Patrice, même pas à l’occasion, pour voir, comme au poker ?
Et ces yeux qu’elles vous font…de vraies biches. Adorables !

-Nous avons mission d’arrêter. Alors, nous arrêtons, ne serait-ce que pour montrer à ces dames le risque que leur beauté fait courir sur la route. Une belle conductrice détourne votre attention, et voilà l’accident. Vous vous crashez, tel le Vigilante Zéro sur le tarmac, puis allez prendre un petit jaune en cordial. Vous buvez trop, et paf ! Contrôle d’alcoolémie… 
Voilà pourquoi nous demandons aux belles dames de ne jamais sourire au volant.

-Et puis, quel gendarme ne rêve de la Princesse Charmante et de jouer à la poupée qui dit non, si elle veut bien ? Notre uniforme ne doit d’aucune façon cacher notre humanité. 
Voyez, mon cher Patrice, je m’égare, je m’attendris et ce n’est pas professionnel. 

-Je sais. Je l’ai remarqué dans «Belle dame et Beau Gendarme» mais c’est si rassurant. 

Le dessin de Charb: Descente.                 
-Je peux pas prendre votre plainte, c'est l'heure de l'apéro... 
-Mais, hier on m'a renvoyé parce que c'était l'heure du digéo...
-Bah, venez entre l'apéro et le digéo !
-Oh, non ! J'aurais trop peur de tomber pendant le trou normand !
-Allez-y ! Insinuez qu'on boit, tant que vous y êtes !
 

Un Zéro "Vigilante" en vue*!


Dessin de Charb
Samedi  ce 19 avril. L’aviation japonaise balayée, le ciel était à nous. Partis de Midway, en duo, avec mon leader Jaff pour une mission de «find and shoot». 10 heures, ciel dégagé.  

Nous survolions notre petit porte-avions de bataille d’Air Sea Rescue à l’appontage si délicat pour nos F4U, quand la radio nasilla un joyeux : 
-"Hello Jaff, hello Gilou, have a good day !" quand, tout à coup, sorti de nulle part, j’aperçois un avion, certainement le même zigoto qui s’amuse à toujours nous échapper au raz des flots.
Le Jap avait aperçu les COTRAS de Jaff qui volait très haut pour faire diversion à mon zinc placé plus bas. Ce Zéro osera, osera pas l’atoll ?
Je note bien la position du bâtiment de surface par rapport au soleil et je me décide… 

-Good Lord ! m’écriais-je. Donnez-le-moi !* Laisse, Jaff… je prends ! 
Le Jap ne m'avait pas décelé. Je fais un 360 tout en maudissant mon Corsair, trop lourd, trop gourmand en carburant. Un P51 Mustang, avec plus d’autonomie et plus agile, m’aurait suffi, ce jour. Et ses 2 mitrailleuses de plus, aussi. Et pourtant !
-Au boulot, vieux. A la chasse à la dinde !  
*Pilote du Marine Corps, bon catholique et bon garçon, je vouvoie Dieu et mon père, ces inconnus. Et c’est bien ainsi, car tel était leur bon plaisir. 

Je pousse alors le manche du Corsair dans un long piqué pour rattraper le Jap, le soleil dans le dos. Je ne disposais que de peu de temps pour descendre ce taxi qui, tranquillement, rentrait se poser sur une des dernières îles qui disposaient d’un aérodrome en état ou l’on ne sert au mess que le jaune. Exclusivement le jaune, et dans des verres d’hommes, de préférence. 

Mon petit monstre, «Little Rosy» me propulse de toute la puissance de son énorme hélice en se rapprochant lentement, comme au ralenti. Le badin, affolé indique plus de 500 miles. Tant que tout vibre, je me sens en sécurité. Ensuite, attention au silence, cette mauvaise part de la mort… parce qu’il faudrait voir à ne pas se briser les ailes ou finir par se vautrer ! 

Redressement par une très prudente ressource pour me glisser sous le ventre du jap, je tire doucement sur le manche, rectifie très légèrement la trajectoire pour aligner ce Zéro dans mon collimateur et, lorsque j’enfonce les pouces sur les queues de détentes électriques, à moins de cent cinquante yards, comme à chaque tir, je suis surpris par la beauté du chant des 6 mitrailleuses. Et quel vacarme !  Little Rosy, comme ralentie, bondit et sursaute longuement sous l'effet des rafales des 50. 

Plus surpris qu’apeuré par les déchirures dans sa cellule, le Zéro se met enfin à déraper sur l’aile pour se laisser tomber, gaz réduits, à la limite du décrochage. J’enregistre le tout comme dans un long ralenti, et pourtant le tir n’aura duré que quelques secondes. Ne pouvant interrompre ma ressource, je laisse derrière moi le jap s’échapper et qui finit par se poser sans encombre sur le Taxiway, près des cocotiers de la plage.
Rapide second passage avec Jaff, mitraillage à tout va. Au moins, ce jap ne nous narguera plus. 

Ce Zéro de dernière génération nommé par nous "Vigilante" n’avait fait, ce 19 avril 2014 qu’une erreur en croyant, d’une gracieuse glissade de l’aile, disparaître à ma vue pour aller s’abreuver au bistrot. Il lui suffisait de poursuivre son chemin vers la Caisse d’Epargne pour me semer car tout devait lui indiquer qu’après un rapide demi-tour, je me lancerai à sa poursuite. Pouvait-il m’échapper après sa traitrise de Pearl Harbour ?

Raisonnablement je croyais qu’il n’oserait pas l’atoll, avec nos maraudages dans les parages à surveiller tous les bistrots. Mais, voyez comme l’humanité pense se sortir de toutes les mauvaises passes qu’elle se crée par manque de vertu.
Ce pilote connaissait les capacités du Corsair, surtout après avoir lu mon blog et mes articles de spécialiste aéronautique sur le Vigilante et ses défauts. Atterrir sur ce tabouret de bistrot, trop tentant, était folie. La nature reprenant toujours ses droits et, quelle que ruse que déployée par le gibier, le chasseur le rattrapera toujours à boire au même marigot. 

Juste le temps de se poser, et le jap s’était déjà hissé sur le frêle tabouret du bar du mess, se tenant en grande conversation avec la seule pin-up indigène aux longs cheveux décolorés façon Yankee des temps de WWII, Miss Blondie, la presque ricaine marraine de guerre des boys, la belle blonde copiée avantageusement même par les japs.
Je note, tout de même, que le verre de pastis, le verre-tube, le bien nommé verre à gonzesses, avait laissé place au jus d’orange, à ce qu’il m’a semblé. Voyez que certain, sachant pertinemment que je le poursuivrai au bout du Pacifique et au fond des bars aura voulu jouer au vertueux… Un verre d’orangeade de marque "la Vigilante", la meilleure, et on voudrait nous faire gober qu’on ne s’arsouille plus au jaune (le pastis, quoi !) qui ne serait plus en dotation réglementaire dans tous Services de l’Ordre français… 

Au débriefing, ma flèche, Jaff ne décolère pas…
-C’est quoi ce cirque ? Tu as vu l’accueil de la DCA ? Tu aurais pu y laisser ta peau… et en limite d’autonomie. Au moindre problème, j’aurais dû te laisser tomber.
-Peut-être. Mais le résultat  parle pour moi.
-C’est cela, parle pour toi, imbécile ! Parce que tu as failli percuter le jap. Tu étais trop "close", trop près.
-Mais, Jaff, pourquoi tu n’as pas tiré cette dinde ?
-Trop "close", mon pote. Si je tirais le jap, je te descendais aussi. Voilà pourquoi. 

Voyez, comme le sens de la mesure vient si naturellement à la lecture de mon blog. Sauf à notre pilote jap, coiffé du simple bonnet de police. Pardon ? Mais, non, pas du bonnet d’âne ! De police, bien évidemment. Ne me faites pas dire ce que vous voulez entendre. Mais lui ne sait pas encore bien lire mon blog. Question de recrutement : combien de voyelles en langue française, en comptant le j dans le nombre ? Pourquoi le J ? Va savoir ! 

Je me juche à côté de la belle pin-up pour surprendre la conversation… 

-Ca va, Gilles? Je te sers un café ?... s’inquiète mon bistrot qui sait que je n’aime les soleils d’avril que dans le bleu tendre du ciel, mais couleur qui m’insupporte en mon bistrot, qu’il pleuve ou qu’il vente, et en toutes saisons…
Nom de nom, ça ne va pas, mais pas du tout. Mais, quel travail peut-il faire en ces lieux, ce Zéro à compter fleurette comme en son boudoir, à faire du lard au bistrot, à boire en tâchant de ne surtout pas tâcher son uniforme et à piquer toutes les belles stars des bars ? Et pourquoi faire ? Pour nous les niquer ? On ne sait mais, les lui faudrait-il toutes ? C'est d’une désespérance d’aller au bistrot à la rencontre d’une hypothétique Pin-up, genre blondie. Je veux, oui. Et heureusement que les jeunes et beaux gendarmes restent encasernés. Merci pour nous… 
Miss Blondie, Gendarmerie nationale… Contrôle de routine ! 

-Ca va ? Non !... Mais, ça va comme les vieux. Oui, un petit noir. Merci.

-Je n’ai pas bien dormi cette nuit, que j’entends le Zéro en sa voix d’emballement. Je ne sais pas pourquoi. Et toi ?
-Eh bien, moi c’est pareil. Cette nuit, j’ai mal dormi et mal rêvé, que rétorque, mezza voce, Blondie.
-Tu as mal rêvé… un cauchemar ?
-Non… j’ai rêvé que j’étais riche, et ça m’a réveillé ! qu’elle dit.
-Mais, que voilà un joli rêve, Blondie…
-Non, parce que mon rêve m’a réveillé trop tôt. J’aurais préféré qu’il dure plus longtemps.
-C’est vrai que, plus c’est long, plus c’est bon. On peut toujours rêver ! 


Zut, alors. J’ai affaire à une blondie poétesse. Ray Ban sur le front, soucieux, égaré dans mes pensées pacifiques parce que para bellum, je demeure dubitatif, non de savoir si notre Zéro drague la Miss Pin-up indigène, je n’en sais rien et on s’en tape !… mais de savoir si nos deux seuls consommateurs intéressants du bar du mess sont réellement à l’orangeade ou à des machins améliorés, du genre du coté de chez Pochetron et autres Vodka-orange… 

Faudra que je questionne mes amis gendarmes pour m’éclairer. Parce qu’enfin, mon blog, on le lit dans les Quartiers Généraux des Polices et autres services d’ordre mondiaux. On me l’a dit. Oh, ne serait-ce que pour bien rigoler en se disant, sans nul doute :
-Attends qu’on se le coince, l’autre salopard. On va te le faire rire à nos dépens, pour sûr !
Même qu'à la Mairie, le dimanche de la désignation du Maire et des adjoints, j’ai pointé mon vilain museau pour découvrir que le pot de l’amitié ne pouvait en aucune manière me concerner. On me faisait ostensiblement la tête et, un tant soit peu, la gueule !
C’était d’un normal et d’un banal : j’avais balancé. On m’appréciait à ma juste valeur, n’est-ce pas ?  Et pourtant, on laissait nos impôts municipaux officier encore et toujours au bar du bistrot…
Officier ? Quoique pas encore. Sous-officier certainement, parce qu’en cachette. 

Chers gendarmes, dites-nous : pourquoi n’allez-vous pas, durant vos heures de travail, au bistrot de proximité comme certain ? Oui !
Pourquoi évitez-vous le bistrot comme la peste ? Mais, bon sang… dites. On ne veut pas mourir idiot.

Le dessin de Charb:
-Les tests ont confirmé que j'avais un QI assez élevé pour entrer dans la Police...
-Alors, de quoi tu te plains ?
-Il n'est pas assez élevé pour quitter la Police...