jeudi 16 juin 2016

Défense d'afficher !...

"Médecins du Monde a lancé, lundi, une campagne choc pour dénoncer les prix "exorbitants" de certains traitements. Mais les annonceurs ont refusé de diffuser les affiches de l'organisation pour ne pas heurter l’industrie pharmaceutique "

Ben moi j'emmerde les annonceurs et l'industrie pharmaceutique ! J'affiche et j'invite tous mes lecteurs à en faire autant, à signer la pétition et si - comme je vais le faire - vous voulez aller encore plus loin : à faire des photocopies des affiches et aller les placarder un peu partout dans votre ville ! Morts aux cons !







lundi 13 juin 2016

Lisbonne, j'y reviendrai ! - 1/3


Lisbonne, la ville aux 7 collines m'apparaît par le hublot après un large gauche en glissade sur l’aile au dessus de l’estuaire du Tage, l'avion revenant par l'ouest pour son approche. Ensuite, bas survol de la ville en épousant ses dénivelés par descentes inattendues suivies de remontés plus qu'espérées qui finissent par vous lever le cœur jusqu'à l'atterrissage sec sur le tarmac. Freinage puissant. Ouf ! Jusqu'à l'arrêt complet, et pendant la sortie de l'avion tout se fait dans le calme et le silence. Deux heures de vol. Avancer sa montre, la retarder. Qui a dit ? Je ne sais plus et vous laisse vous en charger.

Du Portugal, je ne connaissais que l'ami Américo et autres discrets portos viganais. Départ de Marseille par Ryanair, 50 euro aller-retour, avion bondé de français par les vacances scolaires. Après un sommaire briefing de mon copain, il me semblait que Lisbonne n'était qu'une brune craquante aux yeux noirs qui s’habillerait à la garçonne, mode 1930 tout en n’arrivant pas encore à se délurer complètement, une beauté simple.

- Lisbonne ? Tu verras son accueil et tu lui glisseras discrètement un billet d'amour à cette ville pas tout à fait européenne et tant convoitée des hommes, des espagnols surtout qui l'avaient prise, mais si mal comprise.
- Oh, Americo, cool ! Plus avenante que Paris ? N'exagère pas. 

Lisboa est moins peuplée que Marseille. Je m'attendais à déambuler dans une ville repliée sur elle-même et restée campagnarde. Mais non car Lisbonne tient bien son rang de capitale européenne avec allant. Je croyais la ville cagote, pleine de soutanes, de cornettes et le Bon Dieu omniprésent dans ses 24 paroisses civiles. Mais non. On me dira que, depuis la révolution des œillets la religion restait confinée dans de sombres églises massives avec, cependant un Christ monumental, copie de celui de Rio sur la rive droite du Tage face à Belem qui, de ses bras immenses accueille la procession des faiseurs de l'histoire portugaise sculptés sur le très salazariste "Monument aux Découvertes" que les lisboètes nomment : "Poussez pas derrière!"   

De Lisbonne ? Je m'attendais encore à rencontrer une fille frileuse, coincée. Je l'imaginais vieille bigote, insignifiante et toute de noir vêtue faisant le deuil de sa gloire passée. Et bien non : Lisbonne est aussi une belle jeune fille qui bouge pas mal, toute tournée vers l'avenir. Mais, nous n'y sommes pas encore, à Lisbonne...

Revenons dans l’avion où il était Inès, jeunesse présentement étudiante en management à Paris qui préférait l'OM et le Barça au PSG. Moi, je vote pour Saint-Etienne. Logique car j'aime bien son nom, prénom de mon fils. Tiens, il s'en est retourné en Argentine.

- On se tutoie, tu veux bien ? Inès, c'est espagnol, je me trompe ? 
- Non. Ni marocain. Mais pas recommandé d'être espagnol, au Portugal. Rien que marseillaise.
- Tiens, donc ! Et tu viens rejoindre ton amoureux ? Ne dis pas non !

Ne me l’a pas avoué explicitement mais je le crois. Non, mais sans blague, une jeunette, si ce n’est pas amoureux à cet âge-là, ce serait à désespérer de la vie. Une nuit d’insomnie, ça elle avoue, la pauvrette, c’est donc que j’avais raison : Inès me cache un amour. Pas bien, Inès mais je ne t'en veux pas. Je mis mon ciré de marin rembourré jaune pétard entre nos dossiers pour qu’elle puisse somnoler sur mon épaule. Galant ? Pas même, mais merci de relever comme gentillesse ce qui n'était que de la tendresse d'un grand-père pour sa petite-fille fatiguée d'amour.

- J’ai beaucoup dormi ?
- Dormi ? Si tu as dormi ? Ce n'est pas une question, ça ! Evidemment et si profondément que tu ronflais. Moi, je n’ai pas osé…
- Je ronflais ? C’est vrai ?
- Oh, petitement, mais si joliment. Tu ne me crois pas ?
- C’est horrible… Il fallait me réveiller ! 
- Mais, non Inès. Tu n’a pas beaucoup ronflé. Enfin, pas tout le temps, non. 

Pour mon contentement j'appréciais qu'elle ne sache pas si c'était du lard ou du cochon. Avons ensuite pas mal rigolé, mais chut, ceci ne concerne personne, vu que nous n’avons déblatéré sur personne, même pas évoqué notre Hollande national si mal en point. Et aussi, elle préfère le FC Barça à Valls qu'elle ne connaît que pour son parfait rasage. Un bon point pour lui car on a envie de l'embrasser, disait-elle... 
Toutefois, cette histoire de ronflette, depuis notre rencontre, la petite demoiselle, pas sûre de rien avec moi doit encore se demander si je ne la chinerais pas un peu. Comme elle a pris l'adresse de mon blog, allez, faisons lui plaisir* : 

- Inès, tu te seras assoupie sans bruit. Rassure-toi. C'était pour rigoler !

*Faisons lui plaisir !  Tiens, par ces mots tu pourrais croire que je te chine encore. Oh, Inès ! Ronfler, pas ronfler ? Inès, crois-moi : tu ne ronflais pas. Enfin, je l'espère car, m'étant assoupi un instant ton voisin de gauche m'a réveillé parce que je l'empêchais de dormir. Pour mieux te rassurer, tu voudras bien te rapprocher des autres passagers.

Nous voilà l’après-midi de ce jeudi 25 février sur l'aéroport de Lisbonne à la sortie des faubourgs. Atterrissage parfait mais avec ce tac-tac-tac-tac crispant des pistes en béton et, au soir, nous sommes accueillis par un soleil éblouissant dans un ciel purpurin* rien que pour nous, des cumulus humilis blancs de fin de traîne, avec cette lumière douce et ses ombres profondes bien découpées jusqu'à l'horizon et ces couleurs éclatantes, le tout renforçant la perspective pour photographe paysagiste ou cinéaste de western, puis sommes conduits au terminal par deux énormes bus qui se baissent car montés sur suspension hydraulique.
Tiens, il me semble avoir oublié mon passage au service météo de l’armée, ainsi que la photographie : couleurs éclatantes, paysage lavé égale temps des après pluie.

*Purpurin. J'aime bien le mot, voila pourquoi purpurin !

Après, métro ferraillant, bruyant, avec peu de monde sur les quais des stations hors d'âge, ni dans le wagon et pas de mendiants, de chanteurs ou autres sortis de prison appelant à mettre la main à la poche hormis un aveugle et sa tirelire nickelée qu’il agite en lançant une phrase d’une voix désagréable, en portugais il me semble, et choquante sans rencontrer la charité. Une misère pour l'aveugle, la voix expliquant sans doute cela. Si encore, d’un petit effort, il se fut exprimé en français mais pas en espagnol, le portugais rancunier détestant son voisin ibérique pour fait de colonisation, l’arroseur arrosé, quoi, j'aurais alors consenti à me fendre d’une tune.

Sortie du métro. Longue déambulation dans le Lisbonne moderne qui ressemble à Montpellier en moins beau. Nous demandons notre chemin : tous les portugais rencontrés se sont mis en quatre pour nous renseigner, nous accompagnant parfois en parlant français, heureux de rendre service à des presque compatriotes. Faut croire que la France, on l'aime en ces lieux. Chez-nous, demander sa route ? Nous aimerions bien être serviable mais en France, nous sommes si  timides. Dommage.

Nous entrons maintenant dans la vieille ville et l'enfilade de rues montantes, descendantes, entrecroisées avec des angles impossibles, des moyennes, de petites, des ruelles et autres venelles nous donnent un avant goût de Lisbonne. Ensuite, 6ème sans ascenseur avec 105 marches bien tassées, harassantes pour 22 euros la journée pour seule consolation. Surtout ne pas oublier le sel. Petit appartement. Un jeune étudiant, croate avenant nous reçoit en s'exprimant en anglais avec ma compagne qui maîtrise bien cette langue . 

Rapide visite. Quatre chambrettes, salle de bain-WC, cuisine, petit salon  et deux terrasses dont une sur le toit ou deux amoureux peuvent s’embrasser tout en restant hommes, sans se gêner à bouche que veux-tu, le noir propice à l'amour et ici mieux qu'ailleurs. Plus bas, les lumières de la basse ville avec, au loin à main droite le pont suspendu et le Christ illuminé sur l’autre rive du Tage.
Deux terrasses, l’avais-je dit ? Oui, et l’une sur l’autre et embrassant le bas de Lisbonne et l'autre rive du Tage.

- Des ch’bèbes, que je te dis : des ch'bèbes, d’après ma copine.

A suivre...

vendredi 10 juin 2016

Le slip de bain tricoté - 4/4

Pour certains de mes amis, je devrais éviter de vous raconter ma Chaussée. Trop choquant. Amuser Fanny, soit. Ben, voyons ! Même de mes galéjade, certains trouveraient encore à redire. Pour illustrer l'intime, imaginons un petit môme mutique. Il va sans dire que ce qui suit n'est qu'un cas d'école évoqué à l'IPPMS de Montpellier, années 70 devenu IRTS aujourd'hui :
- On peut aller rendre visite à ton père, tu sais ? Il n'habite pas très loin.
- Non ! Je préfère aller voir un film de guerre.
- C'est toi qui décide ! 

A partir de ce dialogue qui révèle un peut de l'intimité du gosse, comment devrait se situer l'éducateur pour l'aider ? Tout d'abord on peut sentir que l'enfant a peur d'affronter son père, sa petite expérience lui ayant déjà appris à évacuer sa souffrance par le déni pour ne plus la ressentir et affronter son problème. N'est-il pas l'enjeu du conflit parental ? Difficulté : l'enfant vous interdit de parler de l'intime.

Cet intime, peut-on le révéler ? Non, même pas en évoquant le film de guerre ni le secret sans doute lié à un divorce mal vécu dans ce cas d'école et la prise à témoin de l'enfant par un des parents. L'intimité de chacun, celle de la famille ou d'un gang de malfaiteurs relèvent du secret absolu car hors de toute moralité et contingence sociale. Le révéler transformerait toute les personnalités et la structure des relations individuelles, familiales ou du gang. Il n'en va pas de même du groupe social normalement constitué car les intimités entre-mêlées forment une histoire pouvant se remémorer, se raconter. 

Dans mon récit, point de grande révélation mais la simple narration d'instants de vies croisées, la mienne et celle de copains à la Chaussée dans laquelle les secrets mêlés tombent dans le domaine public, une histoire commune à la suite d'un bonheur partagé, la preuve en étant ce récit dont l'écume des mots protègera parfaitement les intimités. 
Mon histoire unique ne se pourrait plus car, un triste jour un maire décida de doter la ville du Vigan d'une piscine, ce qui étouffa la Chaussée. Il est de ces projets de progrès qui tuent toute une histoire ancestrale.

- Vous n’aviez pas honte, non ? Maintenant, vous auriez tous les parents sur le dos, Antoine, votre instituteur, le garde champêtre, la Gendarmerie avec l'adjudant Gin-Gin en premier et la renommée au Vigan. Gin-Gin... Mais, pourquoi ce surnom ? Tiens, un de ces jours faudra que tu me passes ton gu-gus au trombinoscope*.
- D'accord. Par contre, personne sur le chemin de la rivière les jours d’orage. Sûr et certain, même si on ne préméditait jamais, et que ça venait comme ça venait. Tu penses bien qu’on vérifiait avant pour être tout à notre aise. Tu en connais, toi des filles intéressées par le slip d'une bande de chenapans ? J'aimerais bien voir ça !

* Ma Fanny était fille d'un gendarme vivant av. P-C. Pour le trombi, s'adresser à Fanny.

- Dis-moi tout : et vous vous compariez ?
- Mais, ça va pas ? Jamais ! Tu es folle, Fanny ! Tiens, curieux que je n'y ai jamais songé, même une seule fois depuis. Faudra que je demande aux copains de l’époque si eux aussi ne jetaient pas même un regard sur les autres. Non, enfin, moi jamais. Délurés soit, mais bien normaux, ni voyeurs, ni bravaches à nous défier à la comparaison. Mais, penser à se regarder l’un l’autre, cela aurait été comme à tricher ! Et puis nous, à l’époque on ne savait que rigoler avec les conneries de Pistou sans penser à mal. Tu peux me croire. Maintenant, il est vrai que ce petit jeu… Tiens, curieux... Pourtant j'allais encore à l'école du dimanche, à l'Armée du salut. Et au temple. Pas comme maintenant. Y-a trop de vieux paroissiens.

- Parle pour toi aussi, Gilou. Mais, j’y pense : ne serait-ce pas formidable qu’à vos âges tu pensais à reconstituer ta ribambelle de vilains petits canards devenus septuagénaires ? Tes vieux copains d'enfance réunis, un jour d'orage, sur le déversoir de la chaussée de Rochebelle. Mais, quel tableau, mon Gilou et Pistou tous deux en tête !
Ton maillot de bain bleu-marine, je préférerais te le tricoter en bonne grosse laine. Non, Gilou. Ton maillot n'était pas en coton. Encore moins crocheté. Impossible. Enfin, je crois. Pour tes copains aussi, je me remettrai au tricot. 
Fanny avait sans doute raison pour la laine et tandis qu'elle parlait, je la sentais déjà à la chaussée à se faire un film, ce qui m'encouragea à tourner le mien avec ma dou-douce bien cachée, cheveux mouillés de pluie, seule héroïne féminine de la production

- D’accord, on inviterait le pauvre Bernard et Firmin, l’ancien directeur honoraire de la Caisse d’épargne de… tiens, où a-t-il bien pu finir sa carrière… oui lui et son gros ventre faisant pisser l'écureuil par à-coups comme on bégaie. Et mon pote René à la retraite à Saint Jean du Gard, non pas Bouschet qui vient de l'austère pays minier cévenol beaucoup plus collet monté, et puis nos pratiques enfantines n’avaient pas cours chez lui, et il eut fallu que leurs chaussées fussent moins basses, pas amusant tout ça… oui, l’autre René, le banquier avec, à sa gauche Jean de la lune… tiens, pourquoi le surnommait-on ainsi ?... oui, Jean du quartier de Saint Euzéby, dans ses 70 balais avec Yves, à sa droite, le dernier receveur des postes de Pratcoustal… c’est vrai que le bureau a fermé depuis, oui, Yves le maillot de bain "tombé" sur les genoux, et aussi, et encore, mais qui encore…

- Oui, oui, ce n’est pas tout : j’y convierais aussi Alain, l’instituteur palmes académiques cousues au maillot de l'époque bleu-marine, ton sur ton, et encore Jean-Paul, l'ancien chef de station du Métropolitain Parisien, à ce qu'il dit... mais si, tu le connais, pas celui qui vient boire l’apéro, celui qui s’est fait péter la prostate et qui n’est plus en capacité. Lui, ce serait bien le diable s'il arrivait à sauter, et même que je te parie qu’il s’y risquerait, quoique qu'un miracle soit toujours possible. Mais bon, la claque en bas de la chaussée l'encouragerait chaudement, les amitiés enfantines demeurant toujours vivaces, même à nos âges : 
"Allez, Jean-Paul, montre que quand on veut, on peut !" Tu parles ! Lui, s'il pouvait, il ferait. Enfin, quand le malheur tombe, vaut mieux que ce soit sur les autres. Et c'est toi qui en profites, veinarde !

- Gilou, je te découvre un fond de méchanceté gratuite !
- Méchant ? Mais, j'y suis pour rien dans les malheurs de Jean-Paul, et puis, cocasse qu'à l'époque il sautait souvent le premier. Maintenant, m'étonnerait fort. 


Moi ? Mais je ne raconte que du vécu, le Pistou, la bande de branleurs, le caleçon alourdi d'eau, toujours dans la démesure quand bien même tu le maintenait fermement remonté des mains sur les hanches... on a sa pudeur, quoi ! Reconnaissons que le Pistou n'avait fait qu'anticiper la descente naturelle du maillot en se déculottant et notre posture sur la chaussée se justifiait : si les mains ne se trouvaient plus à retenir la laine bleu-marine sur nos hanches, elle tombait et il ne restait plus qu’une chose à faire pour la retenir, tu sais quoi maintenant. 
Et puis, quel plaisir de sauter « prem’s » en tenant ferme son slip de bain de peur qu’il ne vous remonte aux aisselles, finissant par vous les coincer. Le pied, même si l'arrivée dans l'eau pouvait claquer et faire mal, rapport au maillot qui remontait au brusque contact de l'eau. Et paf ! Aie !

Voyez qu’à l’époque, dans les années fin 50, début 60, on ne s’occupait qu'à s’amuser et que mes histoires vous plaisent. Alors, qu’importe si mon imagination à recréer une certaine réalité de l’époque puisse paraître vue de l’esprit. Et, même si je n'étais qu'un tailleur de mots, le vraisemblable devrait vous contenter. Pas vrai, Firmin que je mens ? Mais comme le menteur c’est celui qui dit qui est, et que j’aille en enfer, pas vrai, René ? Et si je raconte des galéjades, Jean, dis-le. Et toi, Yves, t’en dirais quoi d’une petite amusette suivie d’un saut à la Chaussée de Rochebelle à nos âges ? Jean, Alain et surtout Bernard pour sûr qu’ils partiraient volontiers les pieds devant, même à nos âges dans l’eau de la cascade, surtout que les égouts de Rochebelle ne s’y déversent plus et qu’ils ont toujours continué à s’amuser dans la vie. Mais, avec les algues en repoussoir, la chose ne se pourrait plus.

Ah ! Et à nos retrouvailles et vive le bon temps d’antan lorsque jeunesse rimait avec n’importe quoi. Tiens, même Jean-Paul, celui qui s’est fait péter la prostate viendrait aussi au rendez-vous des copains de l’école primaire et de la classe d’Antoine
Oui, Jean-Paul se pointerait par amitié même si, pour lui ce n’est pas tous les jours fête, mais la sauvegarde de sa vie valait bien quelques regrets de ces temps d’avant ses ennuis de santé. Dommage pour lui. En ce qui nous concerne, tant qu’on peut s’amuser, Fanny allons-y de bon cœur, et que je t'emmène voir la scène du crime !

Fanny, elle est d’accord pour replonger, par temps de pluie sur le chemin de la rivière et, passant sur le Pont en Fer après son usine électrique cheminer sur son canal d'alimentation vers la Grotte aux serpents et même, la connaissant se cacher à plat ventre, cheveux mouillés de pluie pour observer les vieux copains dans leur essai de rigolade, caleçon sur les genoux, s’escrimant. Longuement. Et même que pour y arriver à nos âges, sachez que le temps, tout en nous important ne compte plus et que la vie nous a appris à nous accrocher à nos rêves, sans jamais les raccrocher comme si on pouvait encore et toujours les réaliser.

FIN de l'histoire du maillot de laine tricoté même si notre ribambelle de vieux n'existe que dans le film de Fanny.

Seuls personnages bien réels cités : Jean-François, dit Pistou et ses conneries, Jean, dit Antoine, l'instit, Jean-Paul et sa prostate pétée, René BOUSCHET et ses dessins. Plus Américo et Gin-Gin, ces deux derniers que j'aime à relier avec un verre à leur santé. Plus vos serviteurs, Fanny et Gilou, en espérant n'en avoir point oublié. Je n'aime pas me relire, voilà pourquoi. 

PS : j'en connais un qui n'avait qu'un an à l'époque de ces faits, en aucun cas répréhensibles*  qui vous chantera que je vous raconte encore des histoires. Ce qui est rigoureusement exact ! 
*Faits prescrits depuis. 
  

mardi 7 juin 2016

Le slip de bain crocheté -3/4


1957 et mes 12 ans. Nous voici marchant sur le chemin de la rivière tout en tenant à la main ce slip de coton crocheté par nos mamans, et maintenant que vous m'accompagnez je tenais à vous rassurer, ainsi que Fanny sur la Chaussée du Vigan. D'après Pierrot qui s'y connaît, nos occupations, anodines à l'époque sembleraient à ce jour vous intéresser, les filles peut-être plus que les jeux d'eau des garçons. La curiosité, voilà pourquoi, mais je tiens à rappeler que nos gamineries ne durèrent que l'espace d'un printemps, et d'un été pluvieux. A ma connaissance. 

Avions-nous imité nos devanciers ? Je ne sais. Et les plus jeunes suivirent-ils notre exemple ? Eux seuls pourraient dire et on voudra bien le supposer, la jeunesse n'étant que ce temps compté où il faut se presser au partage de ses bêtises, toutes indispensables à l'apprentissage du groupe à la morale que l'enfant assimilera et qui, à force de n'importe quoi perdra de son élasticité. Mais, quel dommage pour l'humanité lorsque les adultes se mêlent à trop vouloir contrôler, pour les brider ces jeux de l'adolescence qui ne portent pas à conséquence, n'est-ce pas Pierrot ?

Tiens, nous arrivons aux trois sourcettes, là, ces petis bouillonnement dans la rivière. Vous pouvez vous pencher et boire cette eau d'Isis. Au fait, avez-vous remarqué que depuis que nous cheminons, à chaque rencontre, même entre inconnus, tous se saluent discrètement tandis que dans la ville chacun passe son chemin sans se soucier de l'autre ? Vous qui montez avec moi vers la chaussée, constatez. Curieux, n'est-il pas ? 

-Amusante réflexion mais, si tu passais sur un mode plus alerte ? Et à n'y rien comprendre ce titre du "slip de bain crocheté". Par contre, ta belle Phonème, ta rivière, ta pluie d'orage et ton coup de foudre ? Faut croire que la belle devait être canon, quoique toutes les jouvencelles ne le sont-elles pas ? Bien vu et bien écrit. Si, si, je veux ! Et, dire que ça partait bien. On attendait, toutefois une petite description du slip de bains des filles, je ne sais pas moi, et pourquoi pas de la culotte de Phonème telle une ceinture de chasteté crochetée par son amoureux, mais non ! Monsieur nous refuserait même un petit friand bien croustillant. Encore à côté de la plaque. Partir d'un si beau titre... gâchis ! 
Je crois vous entendre parler comme Américo, ce que détesterait mon bon Pierrot.
  
Négligeons votre petite observation... si, si et poursuivons notre récit. Donc, voilà qu'en prenant de l'âge, vers 12 ans Pistou se lassa pour réorienter nos gamineries. Je crois qu'il inaugura le saut à vélo depuis la chaussée, la subtilisation des soutien-gorge des filles, plus rarement de leurs culottes tout en minaudant comme elles sur le déversoir de la chaussée, suivi par les hurlements d'une sirènes craignant pour son soustif. Mais, Pistou avait la main leste et le pied agile. Après ? Plongeon pieds en avant, nez bouché d'une main comme elles faisaient à chaque saut, l'autre main retenant son lourd slip se tenant toujours aussi mal, la poitrine comprimée par un soutien-gorge bien trop étroit, pour sortir de l'eau tout content de lui. 
Je tiens à signaler à ceux qui seraient particulièrement observateur que Pistou, devant retenir son maillot des deux mains ne pouvait en aucun cas imiter les filles qui sautaient en se pinçant toujours les narines, l'autre main coquine haut levée en un : "Ne suis-je pas belle ?"

Vous pouvez imaginer notre excitation pour ce simple jeu qui nous changeait des batailles de pommes et des non moins traditionnels feux destinés à la grillade des truites, ainsi qu'à l'étude attentive des contorsions des serpents d'eau sur la braise, avec ce plaisir redoublée par le dégoût des filles que je ne vous raconte pas. Ensuite, nous ajoutions le Pharaon, le Menteur, le Tas de Merde ou le 8 américain alors que les grands s'essayaient au Poker. 

On se constitua encore en bande de petits braconniers redoutables qui durent parfois rechercher leurs vêtements ou les vélos à la mairie, rapport au garde-champêtre et, en prenant de l'âge, tout en maintenant ferme la tradition des picoureilles*, on glissa naturellement au Chemin des amoureux, les plus grands fréquentant le cinéma, le Café de la Gare, son baby-foot, son dancing du samedi et, les soirs d'entre les foires des 9 et 22 septembre cherchaient noise à ceux de Ganges qui avaient l'outrecuidance de taquiner nos viganaises qui résistaient mollement à l'envahisseur, ce qui nous rendait encore plus furieux. Pensez : oser sur nos terres.

*Picoureille :  traditionnel chapardage des fruits chez le voisin, souvent à la nuit tombée. Tous copains et voisins. A force, chacun volait ses propres fruits. Peut-on se voler soi-même ? Impossible. Donc, pas très grave pour les parents. Quoique, pas pour tous.

J'interromps le fil de mon propos pour ne pas oublier les samedis d'antan et les jours de fête quand le griffe*, placé en giratoire se mettait aux grandes eaux, le jet principal montant à plus de 5 mètres de haut pour éclabousser voitures et passants. Faut dire qu'à l'époque des lavoirs et des bains-douches communaux disparus, l'eau ne manquait pas et le bon sens non plus qui commandait de bien marquer la semaine. Nos grandes eaux disparurent sans que nul ne s'en souciât. Et que Dieu ait pitié de l'iconoclaste heureux qui nous en priva.

*Griffe ou griffoul : fontaine supportée par quatre lions dégueulant l'eau dans un bassin et surmontée d'un jet d'eau supérieur devenu aujourd'hui un pissadou bien tristounet de 20 cm. Le lion, griffes, griffoul. (Au besoin, j'accepte les corrections méritées. Demandez à ma Fanny).

Donc, nous revoilà au Café de la Gare. Pas de télévision de par chez-nous, donc on allait en bande chez les frères Fulcran, au "Modern' cinéma", n'oubliant pas en été dans les villages alentours les fêtes votives tant attendues, les bals et leurs bagarres plus ou moins générales, sans compter les tournois de foot inter-quartiers des jeudis et samedis, avec Chicago (le Pont, mon quartier devenu du Vieux Pont après la construction du nouveau à la place du dépôt d'ordures municipales), contre la Gare, les Châtaigniers contre l'Elze, le Quai contre Saint-Euzéby, et les randonnées à vélo sur Ganges, Sumène et Saint-Hippolyte du Fort à chasser la caille sauvage, pas plus belle mais plus goûteuse que par chez-nous. Que l'on ne s'y méprenne pas :  "Ma caille" n'était qu'une douceur d'amoureux pour nos petites nanas de l'époque.  Enfin, je l'espère mais faudra demander à mes vieilles copines.
Puis septembre et son retour obligé à l'école ou au nouveau collège et les foires des 9 et 22 septembre, et les gangeois, et les auto-tampon, et les bals, et les bagarres et... 

-Vous étiez nombreux quand il pleuvait à vous lancer de la chaussée ?
Tiens, semblerait qu'il n'y ait que ça qui t'intéresse, Fanny. Ma parole !
-Nombreux, nombreux... non, mais une belle brochette d'une douzaine, ou un peu plus ? Je n'ai jamais compté. Qui entamait le jeu ? Toujours Jean-François qui, tout en déclarant que les batailles de pommes l'emmerdaient, montait sur la chaussée par pluie battante (nous sommes en Cévennes), et tous attendaient son fameux cri de Tarzan :
 -Youou, les filles ! Les filles... Youou, je suis là ! Evidemment, pas de réponse. 

Oui, Pistou avait de la superbe quand il se déculottait, son nez droit et puissant à la grecque, sa bouche de Bourbon, sa petite taille et sa mèche à la Napoléon 1er, le menton en avant à la Duce mais pas que de la gueule comme lui, tout l'ensemble ne faisait pas qu'illusion : un vrai empereur de 11 ans, là-haut sur le déversoir qui ne souffrait aucune critique de ses sujets lorsque enfin il écartait les genoux pour retenir son maillot et l'empêcher de lui tomber aux chevilles. Vous pensez bien : ce sacré slip de bain inutile, en montrant tout acceptait, pour une fois de bien se tenir. Ecarté et sans les mains !
-Oh, les gars. On y va ! On va leur monter aux filles.
Je veux bien, moi. Mais des filles, il n'y en avait pas. Il pleuvait à verse.

Et puis, non ! Sur la Chaussée, Jean-François, le roi de la déconne dont les gendarmes avaient souligné le surnom de Pistou en rouge à la brigade n'était aucunement ridicule, le cul nu, trempé comme une soupe par l'orage. Pensez, à 10-11 ans, n'est-ce pas mignon un cul ?
-Et les copains le suivaient, comme ça, à se déculotter sans honte ? Ben, faut le faire.
-Je veux, oui. Et lorsque nous étions tous alignés en rang de Cèbes*, le dernier  hurlant toujours : "Attendez-moi, j'arrive !" et les filles, pour nous n'étaient que les prudes restés assis tout mouillés sur les rochers, les grands, surtout les 13-14 ans qui en avaient fini avec ces espiègleries.
*La Cèbe. Tout le monde aura reconnu le fameux oignon doux des Cévennes. 

 -Donc, vous sautiez du déversoir de la chaussée. Trois mètres de haut, le maillot sur les genoux, mais ça devait claquer vachement au contact de l'eau. Mon pauvre ami !
-Mais, non. Pas sur les genoux. Tu n’as rien compris. Que je t'explique : après que le chœur des puceaux se soit bien ébroué, à n'en plus pouvoir jusqu'à la finition, si j’ose dire on remontait notre maillot alourdi encore plus évasé d'avoir été baissé sur les genoux, le maintenions des deux mains sur les hanches pour sauter. Jamais en même temps, certain plus lents à la manœuvre, et plus vite tu plongeais, plus vite tu t’étais achevé. Les derniers, tout à la peine poireautaient sur le déversoir glissant pendant que le chœur des puceaux en bas de la cascade leur intimait l'ordre de parfaire l'achèvement.

Se finir sans tricher. Voyez bien que la morale ne s'acquiert bien que par le groupe.

jeudi 2 juin 2016

Frappé d'indignité nationale


Heureux Benzéma qui, sous le fallacieux prétexte d'être le bouc émissaire visible d'une minorité française victime du racisme voudrait nous faire avaler que le sélectionneur de l’équipe de France des fameux 3B puisse avoir capitulé devant des relents racistes, surtout Deschamps ce capitaine qui s'imposa en véritable meneur de l'équipe de France Black-Blanc-Beur victorieuse de la Coupe du Monde de 98. Prendre cette mauvaise excuse, alors que nous en sommes tous les victimes et vecteurs, toi comme moi, faut vraiment pas avoir grand chose dans le chichon, mon coquin.

Enfin Karim, comment expliquer que, moi-même d’origine berbère je ne souhaite d’aucune façon te voir en équipe de France, toi qui refuses ostensiblement de chanter la Marseillaise ? Quant à cracher après ses derniers accents, mon garçon, ça laisse des traces sur le drapeau et tu ne le savais pas ?... Ben, dis donc, tu m'épates.
Pour ta gouverne, je ne crois pas Le Pen plus raciste que toi ou moi. Eh, oui ! Et à choisir entre Jean-Marie et Karim, devine mon choix : Jean-Marie resterait dans la barque avec moi. Eh, oui, petite crapule je sais que tu me trouves particulièrement raciste, rien qu'à te critiquer ! Tant pis pour moi, mais je m'y ferais.  

Deschamps doit penser cohésion et haute tenue morale de notre équipe tricolore pour avoir quelques chances pour la victoire et n’a que faire de ta présomption d’innocence qui ne t’exonèrera jamais de cette infâme tentative de chantage à la sex-tape sur un de tes ex-coéquipier de l’équipe de France. Que tes amis soient des crapules, passe encore. Mais, avoir trempé même légèrement dans leurs manœuvres frauduleuses, puis les laisser tomber nous montre que tu n’es qu’un lâche sans honneur, un être immoral. A quand rejetteras-tu la faute sur Valbuena, cette tarlouze qui aurait dû raquer tes salopards de copains ou te faire une geste d'amitié en ne portant pas plainte ? Salaud de Valbuena ! 

Karim, tu représentait la France en portant nos couleurs. En acceptant d'associer ton nom à une sordide tentative d'escroquerie sur un coéquipier, même pour t'amuser tu te seras frappé toi-même d’indignité nationale. Et basta le racisme et autres raisons indignes que tu invoquerais à l'avenir. Tu ne mérites que le mépris national.

A choisir entre le cousin Zinedine Zidane, un grand monsieur et son coup de boule magistral qui nous aura fait perdre, dans l'honneur la coupe du monde de 2006 et toi, triste sire même dans la crapulerie, te sélectionner nous ferait perdre la coupe d’Europe 2016 avant même le premier match par l’ambiance de merde que ta présence mettrait dans cette équipe nationale de tarlouzes efféminées, drôle de façon d'exprimer ton affection et ta solidarité à l'effort commun pour la victoire. Aussi, comprends que Deschamps n’avait pas d’autres choix que de te laisser à ta misère et tes crapuleries. Tu y es plus à ton aise que dans l'équipe de France "multi-raciale".

Ton système de défense, on s’en fout. Fallait pas fréquenter la racaille. Parce que, quand on crache en l’air, ça vous retombe toujours sur la figure. Médite et arrête de crier au racisme : il a bon dos. Même moi, je t’aimais quand tu te comportais dignement, tout en déplorant ton allergie à la Marseillaise. Porter le maillot de France, le mouiller est plus qu’un honneur, aurais-tu oublié que tu joues aussi pour moi ?

Au fait, Karim, le petit Valbuena, facile de le traiter de tarlouze. Essaie un peu voir avec Zinedine Zidane, et je te prédis un bon coup de boule. S’amuser à insulter les petits, c’est marrant. Jouer à vouloir niquer Zidane, c’est le coup de boule assuré.
Ben, oui, la racaille emmerde toujours les petits et les honnêtes gens. Mais, un jour il faut payer et à chacun son dû.

Je te le dis, Karim : ce que tu nommes racisme n’est qu'un ras-le-bol, une saine réaction à ta connerie immense. Et ton manque de dignité. Tu n’as plus ta place en équipe de France. La Nation ne te veut plus comme son digne représentant. Point final.

PS : Grossier toi-même ! Et va jouer aux billes avec la racaille.