mercredi 24 décembre 2014

Le petit sapin - 5 Simone Dj-M.




« Mais que fais-tu là, petit sapin ?
Tu es si seul sur ce chemin.
Est-ce le vent qui t’a amené jusqu’ici,
Si loin de ta famille et de tes amis ?

L’hiver arrive à petits pas,
Que vas-tu faire dans le froid ? »
Endormi jusqu’au petit matin,
Une étrange douceur le réveille soudain.

Il est tellement émerveillé,
Qu’une larme coule, il va pleurer.
Mais qui lui a fait ce si joli cadeau,
En le revêtant d’un blanc manteau ?

Il découvre sur lui mille diamants,
Et mille bijoux étincelants.
Il vit alors un rêve merveilleux,
Rien ne pouvait le rendre plus heureux.

Jamais il n’a vu la neige auparavant,
Et n’a connu un tel enchantement.
A-t-il mérité cela de bon matin,
Lui toujours tout seul sur son chemin ?

Il veut garder éternellement ce blanc manteau,
Et avec lui tous ses bijoux et ses cadeaux.
Mais, petit à petit, le soleil le déshabille sans pitié,
Pourquoi lui reprendre ce que le ciel lui a donné ?

Sans comprendre le voilà nu à présent,
Sauras-tu lui expliquer très simplement,
Pourquoi le soleil a osé lui prendre ses joyaux,
Le laissant tout seul les pieds dans l'eau ?

***
Pour nos petits de maternelle.
***
Dix-septième poésie du recueil    
« Du rêve à la réalité »
Simone Didierjean Martin.

***


Le véritable conte de Noël* ! - 3


Où sont nos crèches des temps heureux, avec le petit Jésus sur la paille fraiche !
Des soldats qui partirent à la guerre, le premier qui en revint, fin juillet 40, fut Bernard, le meilleur ami de Gianni. Il n’avait pas vu d’allemand, ni de près, ni de loin et n’avait pas tiré une seule cartouche, pas même à l’exercice.

Le village avait perdu le goût du bon vivre depuis que la plupart des jeunes hommes étaient prisonniers. Plus rien ne bougeait en cet été froid ou les danses et les flirts des samedis soir n’étaient plus de mise. Tout se colorait en gris-tristesse car la dépression semblait faire souche sur ce petit vignoble de France. 

Ici, tout se desséchait. Pourtant, dans cette désespérance, la vie jaillissait encore et encore de l'école en longues cascade de rires cristallins, comme si la guerre n'avait jamais existé.

Dès son arrivée, Bernard alla aux nouvelles des manquants dont son meilleur ami et sa sœur disparus. Il questionna son père :
-Ton copain et sa sœur ? Oui, Ils manquent tous deux à l’appel depuis début juin, il me semble.
-Ca, je le sais, papa. Mais, où sont-ils allés ?
-Se cacher, mon fils. Se cacher !
-Ils se cachaient déjà des fascistes italiens, chez nous. Ils ne peuvent pas, en plus se cacher maintenant des français qui les ont toujours protégés.
-Tu as sans doute raison… je n’y avais pas pensé. Tu devrais aller rendre une petite visite au curé. 

Bernard rencontra le curé qui, comme tout bon curé avait l’art consommé de ne jamais mentir, ou presque, ou si peu, mais seulement lorsqu'il ne pouvait faire autrement que c'en était touchant de voir cet homme si bon rougir :
-Tu penses qu’ils se sont cachés pour se protéger ?
-Non, je pense qu’on les a cachés pour les sauver ! 
-Effectivement, vu ainsi. Et tu viens me voir croyant débusquer le responsable de leur fuite. Quelle misère, mon ami !
-Faudra me la copier, Monsieur le curé, vous au courant de tout ce qui se fait au village, parler de fuite… Elle est bien bonne, celle-là.
-Tu penses que je ne te dirai rien à cause du secret de la confession ? Me croirais-tu responsable, Bernard ?
-Admettons. Et si j’allais voir le secrétaire de Mairie, le Maire…
-… et pourquoi pas les gendarmes, tant que tu y es !

Aussitôt dit, aussitôt fait, Bernard se rendit à la Gendarmerie, dans le village voisin et demanda à rencontrer le gendarme-entraîneur de l’équipe intercommunale de foot.
-Salut Bernard. Content que tu nous sois revenu sur tes deux jambes.
-Bof ! Je n’ai tiré aucun boche. Mais ce n’est pas de ça qu’il s’agit. Auriez-vous arrêté Gianni et sa sœur, par hasard ?
-Si on l’avait fait, je ne pourrais rien t’en dire. Mais non. Ils ont disparu du paysage. Le Duce les fait rechercher ? Mais, on se contrefout des exigences du bonhomme, voilà toute la consigne que nous nous sommes donnée.

-Mais enfin, on ne peut pas disparaître ainsi quand on est déjà fugitif. Il faut des protections, de l’argent, que sais-je ?
-Tu as raison. Quelqu’un les cache. Et tu devrais suivre mon regard lorsqu’il se dirige vers le Ciel. Nous dirons que je ne t’ai rien dit. D’accord ? Je peux comprendre les villageois de chez-toi. Rappelle-leur qu’on est mieux caché dans la foule qu’au désert parce que, si un individu peut trahir, tout un village ne le peut pas*, et ça ne s’est jamais vu de mémoire de gendarme. Mais, je ne t’ai rien dit !
*Leslie MABERT expliquait ainsi le sauvetage des juifs au Chambon/Lignon dans les années 40. 

-Oui, mais Gianni, avec son accent italien…
-Oh, un italien avec des papiers corses ! Et, pour nous, les corses sont des français comme les autres ! Mais, va voir ton curé ! 

Bernard fit confiance à la providence et à son entraîneur, qui ne lui avait rien dit bien évidemment, et n'alla donc pas revoir le curé. Quelques jours avant la Noël 40 arriva de Corse une bonne nouvelle qui fut le sujet d'une grande joie pour notre curé, nouvelle dont il ne souffla mot pour arranger l’affaire à sa façon.

Le 24 au soir, Bernard et sa famille, après le souper maigre entamèrent les 13 desserts disposés sur les trois napperons blancs puis, ensemble et avec d’autre villageois de rencontre, se dirigèrent vers l’église dans laquelle les femmes et les filles étaient les plus nombreuses pour la traditionnelle messe de minuit. Le village emplissait l’église, personne n'aurait osé manquer.
Cette veille de Noël, il fit un froid glacial et tous eurent une pensée émue pour l'enfant de la crèche. 

Monsieur le curé monta en chaire pour la lecture du récit de la Nativité (Matthieu, chapitre 2). Après un bref sermon, il finit ainsi :
-Comme les mages, j’eus un songe qui me disait de ne pas retourner voir Hérode.
Puis, il entonna Peuple fidèle :
Adeste fideles
Laeti triumphantes
Venite, venite in Bethlehem.
Natum videte
Regem angelorum :
Venite adoremus (ter)
Dominum.

Encore en chaire lorsque les derniers accents de la louange cessèrent, le curé rompit le silence pour les annonces :
-Frères et sœurs, notre paroisse est heureuse d’accueillir deux nouveaux membres qui nous viennent de Corse. Je vous prierai de recevoir comme il se doit Emile et Aliénor Barrière-Ponzetti.
Lorsqu’Emile et Aliénor pénétrèrent dans la nef, la liesse éclata en applaudissements lorsque tous reconnurent Gianni et Francesca.
En cette froidure de la nuit du 24 décembre 1940, l’étoile de Noël illumina nos villageois et tous surent qu’ils vivaient, en cet instant, un véritable conte de Noël.


Depuis ce beau jour de Noël, la joie revint visiter nôtre petit village, tout là-bas, entre Languedoc et Provence. 

PS : On apprit à la libération que Gianni et Francesca n’étaient pas les vrais prénoms de nos amis réfugiés. Emile, pour taquiner sa sœur l’appelait parfois Marguerite ou Bianca. Ce à quoi Aliénor lui répondait :
« Mon frère, vous n’êtes qu’un imbécile et vous nous ferez attraper, à jouer à ce petit jeu-là ! »

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Fin de ce conte de Noël !

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Puisse cette histoire merveilleuse accompagner tous les débonnaires de la terre en ces fêtes de la Nativité, ainsi que tous ceux qui ont gardé leur âme d'enfant !
Pour les autres, mon Dieu, nous dirons que c'est grand dommage !
                     
Signé ce 24 décembre de l'an de Grâce 2014 :
R*B et G.P-K.

mardi 23 décembre 2014

Plein les yeux !...

Une "épidémie" de nuages stratosphériques polaires (PSC) est en cours ces jours-ci dans le cercle polaire arctique.

Contrairement aux nuages gris-blancs normaux, qui épousent la surface de la Terre à une altitude d'environ 5 à 10 km, les CSP flottent dans la stratosphère (vers 25 km) et ils sont incroyablement colorés.

L'ami Ivar Marthinusen a pu prendre cette photo exceptionnelle et précise : "Juste après le coucher du soleil, les nuages étaient si lumineux qu'il était difficile de les regarder directement ".

Connu également sous le terme de « nuages nacrés », ces structures glacées se forment dans la basse stratosphère lorsque les températures baissent à environ -85 ° C. La lumière du soleil qui brille à travers les minuscules particules de glace (~ 10 µm) produit les couleurs iridescentes et brillantes caractéristiques de ces nuages, par diffraction et interférences.

Ceci dit, une fois passé la curiosité et l'éblouissement du spectacle, ces nuages sont maintenant connus pour être associés à la destruction de la couche d'ozone...



lundi 22 décembre 2014

Un soir d'orage - 4



Ce jour là, un violent orage éclate, se déchaine et n’en finit pas.
Il perd la tête, plus rien ne l’arrête, nul ne sait jusqu’où il va.
La pluie qui ne cesse et qui ne sait même plus pourquoi,
Inonde tout, les champs, les maisons et les voies.

Et moi seule dans ma voiture, arrêtée quelque part,
Je voudrais crier «venez vite et aidez-moi».
J’ai peur, il fait nuit que vais-je faire, il est déjà trop tard,
Je ne sais où aller, les routes sont noyées, je dois rester là.

J’ai froid, un vrai déluge s’abat à nouveau avec fracas.
Mais que dois-je faire pour éloigner ce cauchemar ?
Je rassemble ce que je veux garder et je le serre contre moi,
Et maintenant j’attends je ne sais qui, je ne sais quoi.

Soudain et rapide comme un voleur qui sort du bois,
Un torrent de boue traverse la route devant moi,
Je m’affole, j’ai peur, mais que va-t-il faire de moi ?
Dieu merci, c’est incroyable, il n’a rien pris, il n’est plus là.

Dans le foyer où je me trouve à présent, je n’ai plus froid,
Je cherche encore tout en voulant cacher mon désarroi.
L’accueil et la générosité des gens de ce petit village,
Prouvent que sur terre, il y a des personnes formidables.

    -Merci à vous tous qui m’avez aidée cette nuit là-

Vous m’avez démontré qu’il suffisait :
D’un petit rien et que très vite il prenait de l’importance,
D’un mot simple pour redonner espoir et confiance.
D’un geste d’amitié pour retrouver courage et assurance.
Et d’un joli sourire, pour apporter réconfort et espérance.
Et moi, je le savais cela,
Mais je l’ai compris cette nuit-là.

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Cinquième poésie du recueil
«Du rêve à la réalité»
Simone Didierjean Martin.

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vendredi 19 décembre 2014

Le véritable conte de Noël* ! - 2


Le miracle de Noël, nous vous le servirons en guise de 14ème dessert, et à temps, nous l'espérons car, en nos régions de partage entre Languedoc et Provence, les 13 desserts* sont de tradition pour Noël.
Retrouvons nos héros de ce véritable conte dans lequel, vous aussi, participerez à la féérie de Noël, simplement en acceptant ce petit présent.
*René se fera un plaisir de vous énumérer ces 13 desserts, nous n'en doutons pas. 

Dans ma boite e-mail, ce vendredi 19 décembre, 10h10, miracle : je reçois un texto de Fanny qui se trouve encore à effectuer ses «humanités» d'infirmière au Mali (et qui ne tardera pas à rentrer pour Noël, qu'on se le dise) :
Objet : Encore des salades, Gilou ?
-Aldo, notre gentil voisin aurait-il quelque chose à voir en l'affaire ? L’histoire lui ressemble. Bon... si ce n’est pas de lui que tu parles, est-ce encore une histoire incroyable que tu voudrais faire gober ?
Amour toujours, ta Fannou. 

Fannou ? Mais, c’est la Fanny de nos mamas africaines, et c’est bien ainsi.
-Non, Fannou chérie, non ! Ici, point de salade. Revenons donc  à Gianni et Francesca dont l’histoire que nous contons est, de source plus que sûre, et n’a rien à voir avec Aldo, notre voisin que je salue par la présente et avec qui j'irai boire le pastis ce midi.

Cet été-là de1937, la vie suivait son cours heureux pour ceux qui découvraient que l’union fait la force, et que la force fait le bonheur des travailleurs. Ou qu’elle y participe.
Quant à nos italiens, lui s’amusait à pousser le ballon avec  les jeunes des villages alentours et à marquer des buts, à gratter sa guitare pour pousser la romance dans les bals du samedi soir tandis que la petite se faisait plus belle de jour en jour.

Nul garçon ne se disputait Francesca. Incroyable, et ceci relevant du miracle sera raconté bien des années après la libération. La chose, inattendue,  merveilleuse même ne se pouvait qu'en ces lieux : tous étaient amoureux, mais nul n'osait se déclarer prétendant. Aussi, nos jeunes villageois avaient conclu la trêve d’un Noël perpétuel qui semblait dire : « Bienheureux celui que la belle italienne prendra ! ».

Ô*, malheur pour une fille de ne pas être le sujet de ces courses effrénées  pour sa conquête. Tout ceci faillit gâter le caractère de Francesca. Par bonheur, il n’en fut rien tant la vie semblait l’aduler. Ainsi, loin des tracas, la vie de nos jeunes s'écoulait tranquille sans qu'aucun signe avant coureur du grand chambardement ne vienne gâcher leur jeunesse heureuse : nous étions à l’orée de la guerre 39-40, et la France, insouciante goûtait aux congés payés en se noyant de plaisir dans la méditerranée ici, et la mer ou de l'océan là-bas.
*L'accent circonflexe sur la majuscule du Ô ne se peut en France. Pourtant, c'est cadeau pour vous ! 

Comme par le coup de tonnerre d’un orage de fin de printemps, l’Italie, au grand dam de Gianni et de Francesca nous poignarda dans le dos. Alors, il fallut bien se résoudre à affronter les réalités : que faire quand le garçon et la sœur risquaient l’internement administratif ? Quelle misère !
Oui, mais non : personne dans nos campagnes ne se pouvait résoudre à se séparer du meilleur buteur de l’équipe locale de football. Et quel chanteur et boute en train ! Quant à la beauté de la sœur, il en était bien question. Et puis, pouvait-on laisser faire les « autorités » légales en ces temps troublés ? Que nenni !
Pétain, oui ?… mais Pétain, non !

Aussi, chose inouïe, miraculeuse même, pourrait-on dire les autorités tant civiles, militaires et religieuses de cette région des Côtes du Rhône se ligueront afin de protéger ces déracinés : on déclara qu’ils avaient fui la région et, bien que cela fut exagéré de le dire, il paraissait qu’il n’y avait plus de sales ritals dans la région.

Etait-ce possible, et pourquoi ne pas y voir l'oeuvre divine ? Ah, vous aussi auriez-vous eu envie de protéger nos deux petits ritals, n’est-il pas ?

De mémoire d’homme, nous avons toujours constaté en nos régions que, lorsque le cœur parle, la loi vibre de concert avec le peuple. Ainsi, l’état pouvait se mêler à nouveau de ce qui devrait le regarder en priorité, ne laissant parler que le raisonnable et l’humanité, oh ! simplement en fermant les yeux. Mais, pourquoi ce miracle ?
Mais, parce que le petit peuple du Midi se sera pris d’affection pour deux petits parias, deux tout petits chatons égarés. La France les recueillit et les allaita. Et c'est bien ainsi.

Et pourtant, ce fut la France du Maréchal Pétain. N'est-ce pas, là encore miraculeux ? Ah, vous voyez, vous aussi !

De Pont d'Hérault ce vendredi 22 heures 20, et bonsoir à tous !

Suite au N°3 du véritable conte de Noël !
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Reçu à 01h22 ce 20 décembre 2014: "Désolé, l'ami ! Je ne sais que dessiner... et, dans le cas présent, je sais très bien les manger ces 13 desserts !"
signé: R*B (René Bouschet) French cartonist. World citizen.
Et, sachant qu'on ne parle jamais la bouche pleine, mon bon René, tu ne peux même pas nous énumérer ces 13 desserts. Eh, bien dis donc, mon pote ! Merci bien, bon René !