mardi 18 février 2014

Adjudant, chef*? Bof, chef... - 3


- Holà, manant trop facile de te moquer d’un Dragon du Roy. Viens céans afin que l’on te juge, que l’on t’écartèle, que l’on te roue, que l’on te brusle et que tu sois exposé en place publique. 

-Parce que le crime est inexpiable, notre Procureur du Roy se devra de poursuivre avec diligence, te mettant à la question. Sache que notre bon Roy, Louis le Grand, t’enverra sur ses galères afin de combattre le barbaresque. 

-Mais, Monsieur l’Intendant du Languedoc, nous ne nous moquons  mais relatons des faits qu’on nous affirme réels, avérés et qui ressemblent à une histoire vécue par notre pipiou, en notre beau pays de France. Devions-nous obtenir l’imprimatur décennal du bon Roy pour éditer cet écrit, en circonstanciant en bonne foi ?

-Vous nous dites que l’histoire de Leïla, certainement plausible se déroulant dans un pays barbare africain tenu par le Grande Porte, peu vous en chaut ? Nous en prenons note, Monsieur l’Intendant.
Nul ne peut mettre en cause notre bonne ville du Vigan sans que vous-mesme, le Procureur du Roy et tous agents ne soient tenus de nous courir sus afin de faire cesser ce trouble manifeste à l’ordre public?...

-Nous agréons, Monsieur l’Intendant et censurons "Juteux, chef ! Oui et non !" mais après l’avoir édité car, comme le Prince qui nous gouverne le sait : pour enlever nos chausses, encore faut-il d’abord les passer.
-Nous ne pouvons raconter notre bon Roy, Louis le 14ème, courant la gueuse en ses longues chevauchées de chasses aux abords de Paris, et qui aura bien pensé à faire porter le chapeau tout en accidentant sa royale fonction, bien malencontreusement, parce que ce faisant ? 
Mais, dites-nous : avait-t-il besoin de notre aide pour se bien déconsidérer à faire n’importe quoi ?
-Je vous prie encore, Monsieur l’Intendant d’imaginer notre plus haut gradé des sous-officiers, pas encore officier, qui veut briller, éblouir le Roy. Il fait du zèle. Bravo. Bien. Applaudissez !
Mais, s’il tombe lourdement de cheval, pourra-t-il nous imputer sa mauvaise assiette ? Hennissez, braves gens de notre bonne ville du Vigan, mais que nenni ! 

La Grande Muette ne peut s’exprimer, ni ne répondra de ses sous-officiers ? Nous, on s’en tape et qu’y pouvons-nous ? Mais, nom d’un petit bonhomme, si Leïla avait raconté quelque chose d’incroyable, Monsieur l’Intendant du Languedoc, à la rigueur. 
Mais, s'il est si extraordinaire de déraper en pays barbaresque, au palais du Luxembourg, aux Tuileries*, en France, terre de tous les possibles, cela ne se pourrait?… 
Eh, eh, eh ! Ne sommes-nous pas, nous François, l’un des peuple les plus créatifs que la terre ait jamais porté ?
*Le déroulé de l’action se situant aux environs de 1668, voilà pourquoi Versailles ne peut encore nous être conté et l'adjudant s'appelle, à l'époque, Garçon-major jusqu'en 1776.  

-Essayons de réfléchir calmement. Vous avez tous compris que l’affaire, qui nous occupe, se situe en Tu…ni…sie, même su celà pourrait se passer ailleurs, en Allemagne, aux States, en  Suède. 
Pas en Suède ? D’accord. 
Le pépère François (Mohammed Abdiche, 66 ans) trouve une bouteille incendiaire. Il l’apporte aux gendarmes. Un planton lui dit au téléphone :

-J’ma fous ! puis, un adjudant-chef le prend pour un excellent terroriste, lui faisant subir un examen des résidus de matières inflammables sur les mains. Pourquoi ? On ne sait. 
Pour le moquer ? Le gendarme est uniquement gaulois par recrutement. Lui faire la nique ? Normal, nous sommes en Tu…sie. L’ennuyer ? Soit, ce n’est qu'un bien vieux chibani...

...ou encore, lui faire peur à la Manuel VALLS, rigoler d’une bonne blague à raconter à la Brigade (on fait son Dieudonné à ses heures, mais qui aimerait les juifs, pas les barbaresques), on ne l’aime pas (pépé n’est pas beau, il a un gros nez), on est un tantinet raciste (normal pour l’affaire à Pipiou, céans, on est en France) ? 

On ne sait. Mais, comme disait Fatima, la vielle mère de Gilles :
-C’est tra possible, mon fils ! Mais, non, Madame Khial, c’est très possible
Pourtant, jusqu’ici, rien de grave : ce n’est pas con-con-con, les amis, mais bon, c’est con quand même, car il faut savoir que d’un gendarme, on peut s’attendre à tout.
Mais, oui : on peut s’attendre à tout des gendarmes qui sont, aux humains, ce que les humains sont aux humains. Et puis, imaginez un gendarme inhumain : il ne ferait pas de connerie. J’en frémis d’effroi ! Voili-voilà.

Pour paraphraser notre bon poète-philosophe Américo en matière de maréchaussée, disons que l'âne est à l'homme ce que l'homme est à l'âne. Et réciproquement !

-Une histoire plausible ? Je nous le demande. Dans le 2ème épisode « Juteux, Chef ? Non, chef » nous savons l’histoire sans nul doute avérée. En effet, Gilou déclare que la chose lui est arrivée en France.
Et puis, et puis, ne me dites pas que le rire d’un puissant ne s’exerce pas toujours au détriment du faible, du pauvre, de celui qui n’est pas notable, ce mal vêtu, ce pelé, ce galeux, tous ces faméliques comme le sont Mohammed et Gilou.
 
-Mais encore, de la C3 Bleu de France, volée ensuite, en Tu…nis..e ?  Possible, mais nous devions nous "questionner" car, la narration du vol de la voiture, après le cocktail Molotov, semblait tirée par les cheveux. Seule Leïla et son professeur sont catégoriques : tout est vrai ! Gilou est plus que dubitatif.
Si Leïla eut été irakienne, nous aurions tout rejeté en bloc. En effet, les laboratoires de police scientifique de Bagdad ont tous volé en éclats en réponse à l’intervention des Crusaders* venus du ciel.
*Ndlr. Crusaders américains (les Croisés) : excellents avions vieillots, débarqués de la Royale et remplacés avantageusement par les Rafales « Marine ».

-En réponse à tous courriels d'indignés n’ayant rien compris à l’affaire, nous affirmons que la statistique, le bon sens et la connaissance humaine donnent raison à Leïla. Et à Gilou !
Quand à l’indignité, elle est commise par un officier de police judiciaire qui dérape, alors que de bons citoyens remplissaient leurs devoirs civiques.
Le sous-off  qui se serait ainsi commis envers Mohammed n’a-t-il pas fait étalage d’un beau talent de demeuré ? Mais, dites-moi, ce qui est considéré comme abruti d’un coté de la Méditerranée, ne l’est-il pas aussi de l’autre côté ?
 
-Le Gendarme Français jouissant d’une excellente réputation de formateur, gageons que son élève tu...ni...sien aura bien été chapitré dans sa leçon sur la relation du policier à l’usager : amabilité dans l’accueil, politesse respectueuse, bienveillance dans l’écoute.
Nous prions, toutefois, pour que l’élève ne dépasse jamais son maître, bien qu’en l’affaire, Leïla trouve qu’il s’est montré digne de la France, en remerciement à sa formation.

-Après un acte si glorieux, si certains policiers ne sont pas aimés, ils ne le doivent ni à Gilou, ni à Leïla, ni à mon courrier, ni aux dessins de René BOUSCHET.
Indignez-vous de celà, messieurs les fâcheux, et ne dites pas que chacun est responsable de son propre malheur. Quoique, en ce qui concerne nos gendarmes, il y aurait à dire. Non, je n’ai pas dit : à médire…

-Tout démenti poserait la question de l’honneur de notre Blog V/S le Corps de Légion de la Gendarmerie Nationale. Je rappelle que ma rubrique, le Courrier de Ménie, n’a pas pour habitude de passer des lettres de dénigrement ou de laisser raconter des histoires insensées. Si certains légionnaires voulaient se rassurer, qu’ils s’adressent directement et  discrètement à Gilles qui leur donnera bien volontiers le nom de l’adorable plaisantin (même moi, je ne le connais pas, c’est dire la discrétion et le tact de Gilles). 

-Quant à Leïla, comme elle le dit si bien :
-J’ma fous des malappris tu…ni…siens ! qui signifie, pour Gilou : « je m’en fous des malpolis français ! ».
Mon Gilou me signale, par-dessus mon épaule :
-Ménie, pas de raison qu’il n’y ait que moi qui rigole ! Parce que, pour la première fois de ma vie j’ai su qu’un gendarme français pouvait être extrêmement dangereux… Il lui suffisait de mettre un peu de la même essence sur le coton et dans le cocktail Molotov.
Pour m’envoyer en prison. Pour longtemps.

-Y-a-t’il des traces de l'affaire à la Gendarmerie ? Soit elle sera allée au Procureur et on retrouvera un dossier, messieurs de la maréchaussée. Soit, le Juteux-chef s’est rendu compte de son dérapage et n’est pas allé au bout… et nous ne trouverons rien. Il ne s’agira alors que d’une question d’honneur. 

-Mais, sachant que ce juteux-chef a bien rigolé à la brigade de la farce qu’il faisait à Gilles, les traces, ce seront ses copains gendarmes. Hé, oui.
Gilles n’a qu’une parole, et elle est crédible. Pourquoi ? Parce que, devenu bien trop sage il ne cultive plus son amour-propre. Nous faisons confiance à Leïla, et à sa prof. Pensez-vous que des femmes pourraient inventer une telle histoire ? Elles en sont bien incapables
-Ma, Leïla, se non é véro, é ben trovato. No ?

-Et puis… et puis, l’histoire de Leïla n’est-elle pas adorable, tout coton qu’elle soit pour le juteux-chef ? Voilà qui nous console de notre humaine condition. 
Et, amitiés et toutes nos excuses à nos amis tu…ni…siens. Et bonne chance dans votre nouveau pays tout neuf et, comme le dit si bellement notre Gilou national, ce qui fait se tordre de rire bon René :
-Entre nous, si cette histoire n’est pas une belle couillonnade en dérapage incontrôlé d’un juteux-chef bien gaulois, alors, c’est quoi la connerie ?…  Serait-ce le pétard de sa copine qu’on fait mouiller et puis qu’on propose en tournante à la chambrée ?
                       Votre attentionnée, Ménie.
                              ______________

*PS: dernière heure. Nous recevons ce 19 février, ce texto des States en rectificatif : "Le grade d'adjudant-chef existe dans la Gendarmerie française. Le brigadier est le commandant d'une brigade et ce bâton avec lequel on frappe les trois coups au théâtre, d'où l'utilité du bâton. Mais, peut-être avez-vous confondu, dans vos articles, avec le grade de Major? Dans ce cas, pourriez-vous rectifier car nous ne sommes par des juteux-chefs ?
Signé: Major Houl, (Ford City, Armstrong County, Pennesylvania. USA).

Dont, acte. Si nous nous sommes trompé de grade, nous demandons à tous les Adjudants-chefs de Gendarmerie de bien vouloir nous en excuser.             
                      Ménie ce 19/02/2014, à 8h46.

dimanche 16 février 2014

Juteux, chef ? Non, chef ! - 2


Résumé du 1er épisode : Le grand-père de Leïla, la narratrice a découvert un cocktail Molotov rudimentaire près de l’école et de sa voiture, la belle Citroën C3.  Il prévient la gendarmerie.  On lui répond bien poliment : -J’ma fous !
Trop laconiques parce que trop prudents ?… Si nous allions voir l'ami Pandore ? Que pensez-vous qu'il fit ?

Poster de Takashi - Illustrateur japonais
Le gendarme perspicace, un adjudant-chef (Ndlr : il pouvait être Major, ma Leïla), pensez-donc, sorti tout droit d’une série télévisée, prit mon grand-père par la main et commença à la lui frotter longuement, et par dessus, et par dessous, et encore dessus, puis dessous, et entre les doigts… et que je te change de main, et que je te recommence avec le coton, et que je te le place dans un bocal en verre.

Pour finir, le gendarme ferma le couvercle et inscrivit dessus un nom : Mohammed ABDICHE*, disant que ce dernier aurait de ses nouvelles. 
Mon grand-père avait 66 ans à l’époque. Pendant longtemps, il a eu peur que ce gendarme perspicace ne glisse sa goutte d'essence dans le bocal et ne le fasse stagiaire des prisons.
*Ndlr : ici, nous sommes tenus, de par la loi, de citer le nom exact noté sur cette pièce de procédure. Que Leïla nous pardonne. 
Le suivi de l’affaire ? Bien que fin « psychologue », le malin perspicace n’aura attrapé personne. Pourtant, qu’il était  finaud, ce brave policier « psycho », fonctionnaire-chef apprécié de ses chef  puisque devenu chef à son tour. Pas vrai, Chef ?
*Ndlr: Les guillemets ont été mis par Leïla. Gilou n’y aurait pas pensé.

Que voulez-vous savoir encore ? Ah, oui ! Un jour, grand-père sa fit voler sa belle Citroën bleue et préféra déposer une main-courante dans un commissariat d’un département voisin.
Figurez-vous… 
Non ! Vous n’allez pas me croire, mais, la main-courante* était revenue dans la brigade de gendarmerie du patelin de mon grand-père qui fut convoqué.
-Suivez-moi, Monsieur François…
C’était le même adjudant (chef, pardon chef !), la perspicacité même, avec son petit « labo » inutile et, pour cette fois, usant seulement d’un relevé d’empreintes digitales, une insulte pour grand-père !
*Ndlr: Mot remplacé par Gilou. La main-courante prend une autre appellation en Tu..ni...sie.

L’adjudant-chef-chef avait subodoré, en chef, (comme dit en toute gendarmerie) que Pépère-François aurait pu confectionner le cocktail Molotov pour nuire à quelqu’un. Alors, aurait-il organisé le vol de sa propre voiture ?… Plausible. 
Et comme me dit mon pépé :
-Dieu a été bon pour moi. Ma belle Citroën a été retrouvée complètement calcinée. Dieu bénisse mes voleurs, ces fils de chiens. Sans cela, l’autre intellectuel n’y aurait trouvé que mes empreintes. Pauvre Leïla, tu m’aurais apporté des oranges en prison, hein, ma Leïla?*
*Ndlr: curieuse expression car il est interdit d’amener des oranges aux détenus.

Depuis ce jour de tous les dangers occasionnés, non par le cocktail Molotov, mais par l’adjudant (chef, oui chef !) qui avait pris de la bouteille, mais sans galons, grand-père eut peur de la maréchaussée.
Et moi, Leïla, je me dis :
-Avoir peur de la police qui devrait défendre et respecter mon grand-père… quelle misère !
Et, lui, grand-papa me disait, rendu sage par la vie :
-Je ne toucherai plus jamais à la bouteille, ma fillotte…
              
                                          Signé: Leïla*. 

*Ndlr: Leila est son nom véritable. L’ayant jointe par son enseignante, Leïla lui aurait répondu :
-J’ma fous ! lorsqu’il s’est agit de respecter son anonymat.
                                   ______________

Réponse de Ménie. Nous avons tous aimé ton texte, Leïla. Vraiment. Gilou en est jaloux, et ce n’est pas peu dire. Jaloux d’abord parce tu l’as devancé. 
Ton écrit raconte la même situation qu’il aurait vécu, il n’y a pas si longtemps… 
Oui, oui, en France. Au Vigan même. 
Le même adjudant ? Ou son frère ? Non, pas adjudant. Non : il n'était qu'adjudant-chef. Oui, chef ! Oui, et il a même un nom ! Etonnant, n'est-ce pas?
Après une telle histoire, on s’étonnera si le civisme se carapate.
Quand à René, il va te concocter une de ses illuminations en cocktail Molotov qui va péter des flammes, spécialement pour toi, Leïla. Merci du fond du cœur. Et, à vos plumes.

Ma Leïla, surtout que grand-père François fasse bien attention aux pleins d’essence de sa future Citroën de luxe, et qu’il utilise des gants, je t’en conjure, rapport au Chef zarbi*. Ou bien, qu’il achète un véhicule diésel. Pourquoi ? Devine, ma chère… Et gare au chef.
Mais, non, c’était pour plaisanter. Et je vous embrasse toutes deux, toi et ta prof. A vous relire, 
                                                           Ménie.
*Zarbi, un mot qui fait très de là-bas, dis mon frère. Eh bien non. C’est du verlan français signifiant bizarre.

Juteux, adjudant ne sachant faire que du jus. Expression, certes triviale, mais exprimant une certaine reconnaissance des capacités de ces piliers de compagnie. En toute amitié virile. D'où est issue l'expression :
-Mais, à part le manche*, il branle quoi, le chef ?
*Branler dans le sens de s'activer le corps. A faire son jus. 

samedi 15 février 2014

Juteux*, chef ? Oui, chef ! - 1


15ème journée internationale contre la brutalité policière
Montréal - Affiche appel pour manif du 15 mars 2011

«Chère Ménie. Tout d’abord, que la paix et la bonne année soit pour toi, ta famille et tes amis. Comme promis, je t’envoie ce texte composé par une de mes élèves. Espérons qu’il te plaira. 

Chère Fa..ri..da, votre beau pays ne passe pas encore pour le pays de Candy bien qu’un frisson de liberté et de démocratie se soit fait sentir avec la toute nouvelle Constitution. Nous avons donc pris quelques mesures pour éviter tout repérage.
*(Le sous-off. serait-il major? Nous ne savons... Possible).
-Délocalisons sur le Vigan… Qu’en penses-tu, Ménie? 

-Pourquoi pas, René, et signons de votre bonne main, mon bon René !
-Non, mais ça va pas, René. Ménie a raison. La brigade du Vigan n’apprécierait pas, mon garçon! (Gilou, pas très chaud, préférait, quitte à délocaliser, l’Italie. Pourquoi ? Parce qu’un de ses beaux-frères, Carabinier taquin, lui aurait dit que les français ont de belles voix de vieilles tantes baryton).

-Et pourquoi pas en Espagne, Ménie ? L’histoire y serait plausible ? Un cocktail Molotov, l’ETA… Non ?
-Surtout pas l’Espagne et la Suisse. Avec l’espace Schengen et le croisement des dossiers, impossible.
-Et si nous pensions aux allemands. D’un petit land… ou la Bavière et ses méridionaux qui aiment la plaisanterie. Chez-eux, tu sais que plus elle est grosse, plus ils prisent.
-Non, non René, ni eux, ni les anglais !
Et je me désolais car ce texte valait le détour. Enfin, pour faire court, je dis à mes hommes :
-Mais, il faut ab-so-lu-ment le lancer sur le blog. J’ai promis à ma petite prof tu…ni…sienne !

Nous avons donc pris toutes précautions d’usage en rapatriant, (une habitude !) sur la France, pays socialiste des libertés policières résiduelles, le Vigan étant exclu (à la demande expresse de Gilou). Et puis, pour ne pas égratigner un honneur mal placé finissant rancune tenace, l’action prendra place… allez, tiens : en Mai 1968 et, ainsi, le gendarme indigène* en cause ne pourra se sentir visé. Quand bien même il le devrait. Voici le texte de Leïla, 16 ans :
*Les gendarmes sont encore restés des indigènes qui s’ignorent en leurs pays. Dieu, merci !

     Le père de mon père, et donc mon propre grand-père, François, avait économisé toute sa vie, pour se payer la luxueuse Citroën C3. Bleu de France. Un matin, sortant tout pimpant de chez-lui, papy remarqua une bouteille incendiaire posée près de sa roue avant gauche. Il se dit, tout haut :
-Mais, petite bouteille, que fais-tu près de ma gazelle de rêve ?
Grand-père téléphona à la Gendarmerie qui répondit, comme à son habitude :
-J’ma fous ! ainsi qu’aurait pu le dire Fatima, la maman bien-aimée de Gilou. 
Ndlr: Les Citroën, en ces pays, sont toutes de couleur bleu de France. En fait, ce sont toutes des Peugeot aux couleurs de la France. Voyez comme, prudents, nous nous avançons masqués.

     -Je m'en fous ! avait dit le Gendarme autochtone. Qu’à cela ne tienne. Grand-Pa, fanatique de la série « Les Experts » prit une pince multiprises (-1) et deux sacs, l’un en papier dans lequel, grâce à ladite pince bécro il déposa la bouteille incendiaire puis mit ce premier sac et la pince dans un autre en plastique, et se rendit à la gendarmerie :
-Vous n’auriez pas dû déplacer la bouteille. Vous avez pensé à la photographier près de la roue ?…

 (-1) Oui, je sais... une pince multiprises. Le pluriel singulier est de la rédaction. Choquant ? Non. Logique.
     Fan donc des Experts et des chichourles*, grand-père se frappa le front et se dit: « Mais, bon sang, c’est bien vrai ! ». Mais, pourquoi l'avoir apportée, cette bouteille ? Quelle gaffe !
-Mais, parce que votre planton m’a dit au téléphone « J’ma fous » et que l’engin à mèche, qui empeste l’essence se trouvait près de l’école. Et de ma voiture. Non, mais…
-Suivez-moi. Oui, avec le sac. Vous avez touché à la bouteille ? Non ? Vous êtes sûr ? Si vous le dites !
*Fan des chichourles, certainement une expression idiomatique locale de là-bas.

     Grand-pa suivit le sous-officier (supérieur-chef) dans une petite pièce appelée « le labo ». Le gendarme enfila des gants en latex, puis le gendarme se saisit d’un morceau de coton hydrophile avec une longue pince. Ensuite, le gendarme demanda la main de grand-papa qui, interloqué, cherchait à comprendre ce que pouvait bien signifier cette demande impromptue. Un mariage en vue ?
-Mais, qu’est-ce que vous faites ?…
-Rien. Juste vérifier que vous ne vous moquez pas de la Justice. Parce que si cette plaisanterie est votre œuvre, vous risquez la prison, Monsieur François. 

Ndlr : Non, François, est un alias. Par contre, Leïla est le vrai nom de baptême (si j’ose dire) de la petite. 

A suivre dans « Juteux, chef ? Non, chef ! - 2. », le 2ème épisode.

Qu'on se le dise, messieurs les traducteurs : Juteux signifie adjudant (sous-officier français). Pourquoi sous-officier ?... A l'armée, on dit qu'il vaut mieux être un grand parmi les petits qu'un petit lieutenant aspirant parmi les officiers, les grands. Ben, oui. On se console comme on peut.

vendredi 14 février 2014

Arrête la cigarette ! - 3


Pub 1934
Arrêter de fumer ? Simple, en réfléchissant «à l’envers »: on te dit que c’est difficile? Dis-toi bien que c’est hyper-facile. Qu’il s’agit de volonté? Non d’intelligence et de naturel.
Ne pas s'empoisonner, en prenant de bons produits, est-ce un acte volontaire?

De la volonté à la nature. Vivre ne demande pas un acte de volonté réfléchie. Mettre un pétard dans la bouche, que ce soit un 367 Magnum ou une Cigarette? La différence? L'un tue d'un coup l'autre à petit feu. Voilà pourquoi, il faut faire appel à toute sa volonté pour interrompre le plus rapidement possible, ou à petit feu, le cours de sa vie. Se tuer, quoi!
Il faut du cran pour appuyer sur la queue de détente de sa cigarette, après avoir désarmé la sûreté.

Pour vivre, il ne faut pas de courage, pas de volonté, juste un peu de lâcheté. Vivre, c'est être lâche, être veule, sans volition. Bien vivre c'est tout faire pour mourir en bonne santé, le plus vieux possible. 
 
Acceptons d'être sans volonté: arrêtons de fumer! Comment?
Oh, tout simplement en ré-apprenant  les réflexes vitaux émoussés par une longue pratique de la cigarette: 
-Se brûler avec une casserole bouillante déclenche un réflexe de protection. Pour protéger sa vie
-Pour le tabac, le réflexe n'existe pas car le danger ressenti par le corps comme mettant en danger sa vie n'est pas immédiat.

L'éradication du tabac, la désintoxication doit faire appel à l'intelligence: et par la raison, le plaisir et la fierté d’y arriver enfin.
Arrêter de fumer, c'est décider que seule la lâcheté permet de vivre longtemps. Parce que la vie te rend lâche... tu acceptes tout parce que tu acceptes que la vie décide et que tu ne dois pas l'abréger. 
Accepter de devoir mourir en prenant son temps, c'est vivre. C'est ainsi.

Commençons par le plaisir: le sport, les randonnées, les champignons. Dans le même temps: le chant, la musique, les guitares, le piano. Au bout de 12 ans sans tabac, la voix gagne tous les 6 mois un demi-ton, reprend de l’ampleur, de la puissance, de la beauté et du souffle.

Passons à l’intelligence d’une méthode adaptée: Moi, j'ai choisi une date… le 13 janvier 2002. Pour m’en rappeler. Ben, oui… c’est une renaissance et cela se fête.
Durant deux mois avant, début novembre, j’ai crapauté sans avaler la fumée, (terme mal à propos car les crapauds, en fumant, ne rejettent pas la fumée). Ainsi, la nicotine ne pénétrait pas trop rapidement dans mon sang. Faut dire que je n’ai jamais autant clopé, à me brûler la langue, et sans prendre plaisir*.
Il est impératif de ne pas allumer la cigarette aux lèvres mais à bonne distance de la bouche, ne pas la fumer jusqu’au bout et ne pas tirer trop violemment sur la tige de 8.
*fumer procure un certain plaisir, c’est ainsi. Morbide, il est vrai!

Le 13 janvier 2002, j’annonce à tous que je ne fume plus, et que même si je réclamais une clope, une cibiche, une cigarette, une tige de 8, un mégot, une pipe, un ninas, un cigare, une roulée, du gris, du brun ou du blond, un joint, le premier qui m’en offrirait serait rayé de la liste de mes amis.
J’annonçais aussi, à la grande joie de mes amis fumeurs que je leur gardais en réserve un paquet de cigarette de dépannage dans le tiroir sous la télévision.
De plus, il m’était impératif d’avoir toujours sous la main des cigarettes et un biquet dans la poche. Pourquoi? Je ne l’ai jamais su, mais j’avais besoin de ne pas être en manque… comme le malade guéri qui garde encore ses médicaments inutiles en poche pour se faire à la certitude de sa guérison.
Peut-être était-ce cette tentation qui m’a fait tenir?

L'aliénation est terminée: trois mois plus tard, après ma guérison du tabagisme, cette "maladie mentale cancérigène", j’ai repris une cigarette, tiré deux goulées, bien toussé et écrasé la clope.
A la première bouffée, j'ai senti une sensation de froid, comme la mort, m'envahir le corps en commençant par le buste, pour descendre ensuite dans mes membres, la tête me tournant.
Je me savais guéri définitivement de la cigarette.

Ensuite, j’ai donné mes briquets, dont un de prix, mes machines à confectionner des cigarettes et voilà.
Et, même si en prison (en tant qu’honnête homme, on m’y a placé pour m’apprendre à vivre, à 67 ans. Merci, encore XXL, de l'amour que tu m'as assené si fortement!), lorsque je goûtais le shit des copains pour leur donner un avis éclairé sur la qualité du produit, ou si j’allumais des cigarettes que j’écrasais ou que j’offrais pour faire caguer (du verbe chier) les détenus que j’appelais «les animals», je n’ai plus jamais fumé, ni jamais ressenti de manque.
Parfois, toutefois, j’aime humer le parfum de l’Amsterdamer des pipes.

Quant au coût… en 12 ans = 26.260 euros à raison d’un paquet par jour à environ 6 euros par jour…

Suis-je guéri du tabac? Complètement, même dans ma tête, oui. D’un possible cancer du tabac? On ne sait pas mais, en tant qu’homme libre de tout esclavage, j’ai fait de mon mieux. Qu’on se le dise: je suis sorti de cette aliénation.
Est-ce que je fais fumer mes amis? Oui. Parce que j'aime bien les énerver. Les seules pipes que je prise? ... celles sans tabac, de celles que m'offre ma dame de joie, ma jolie.

Depuis ce jour, tous les 13 janviers, l’ex-cendrier que j’étais se met en contentement de lui-même. And so, I enjoy myself.

Ah l'Amuûûûr ! l'Amuûûûr !

Pour la saint Valentin, avant que ma copine rentre du boulot, je vais lui mettre son CD préféré, lui faire couler de l'eau chaude, lui mettre un peu de mousse, lui préparer les serviettes, et comme ça tout sera prêt pour faire la vaisselle!