samedi 18 janvier 2014

Arrêtons le tabac - 1


... et que l’on tire Marianne aux chasses présidentielles.

 Rolando, une fois n’est pas coutume, va vous donner une méthode efficace ne faisant pas appel à la volonté pour arrêter de fumer. Nous espérons que ce premier article vous mettra l’eau à la bouche pour  les deux suivant qui paraitront les 13 et 14 février, pour la Saint Valentin.

Certain président américain serait amateur de tabac. Est-ce une addiction ? Nous ne savons. Chez-nous, en France il paraîtrait… disons, de source sure, il semblerait que certain très haut personnage, côtoyant les étoiles, serait addict au tagada. Tsoin-tsoin.
Mais, ne serait-ce pas mieux qu’être intoxiqué au tabac ? Je vous le demande.

Après un sondage effectué auprès de fumeurs mécontents du prix du tabac, panel mal intentionnée envers notre Président, il apparaitrait que son addiction, pas encore bien inscrite, aurait été causée par le mariage pour tous. Depuis cette loi, dite «la bien-aimée», François de France aimerait convoler avec toutes les belles jeunes femmes rencontrées sur sa route, ne se rappelant plus qu’il est bien achalandé du côté de la belle Valérie. Mais, Dieu que la route présidentielle est longue.

Le mégot après le café du pauvre, que du bonheur. Et puis, et puis… Evoquez en France des amours cachées, et aussitôt la gaudriole s’invitera en folle colporteuse. Qu’il était facile de rire aux dépens présidentiels en évoquant tous scooters en goguette… et casque de pompiers lustré par la bouche experte d’une jolie pouponne.
Et, comme le français moyen, en vilain coquin aime à pratiquer les cachotteries, nous avons une expression savoureuses qui dit bien ce qu’elle veut dire :

- Il n’y a pas de quoi fouetter un chat. Vous préférez une chatte ? Pourquoi pas !

La hausse du prix du tabac réduirait-elle le nombre de pipes et de fumeuses ? Question de chaude actualité. Toutefois, les françaises préfèreraient savoir qui sera la Première Dame de France à qui  Michèle et Barak OBAMA feront la bise aux States, mais surtout si la Numéro deux aura aussi droit à sa bise américaine, mais surtout pas la New-yorkaise de cet l’hiver. Oui, en France toutes s’inquiètent de savoir qui pourra bien s’accrocher aux basques, à défaut de rattraper le bras de notre émeu national, coureur au pied léger.

Notre Président est-il en train de fumer… On dit fulminer ? Bien. Je ne révèlerai pas un secret en vous disant que tous appellent le chef de l’Etat, Mister President One-to-two* ? Oh, rien à voir avec un fameux bordel, quoiqu’à la réflexion, tout le beau pays de France est complètement retourné, labouré, tersé et hersé.

Connaissant déjà la remplaçante, la Parisienne Madame Number-two (trad. : Madame Lit Deux), il est urgent de savoir si l’Elyséenne Madame Number-one sera de la partie. Fine… oui, fine mouche qui dira si on s’arrêtera au numéro deux…
*Kennedy was called the one-to-twelve, also called One-«to-much»-President.

Après avoir bien fumé, on s’est chaudement expliqué à la Télévision d’Etat. La plus haute autorité des hauts lieux de tous les non-lieux honteux se veut exemple pour notre jeunesse. Notre Champion aura-t-il volé l’état*, escroqué les vieilles, dérapé, expulsé à la manu VALLS militari des Léonarda, interdit de bêtes artistes dieudonnesques, contrôlé au faciès, rempli ces écuries d’Augias que sont nos prisons? Eh, alors ?
Alors, il s’est fait simplement, si simplement amant, cocufiant notre première dame, encore première en cet état… mais si peu cocufiée, tellement peu et en scooter que cela ne compte que pour du beurre.
*il serait bon de savoir, en l’état, si l’accorte dame aura été entretenue sur nos deniers.

Les fumeurs et soiffards, et tous électeurs socialistes, ainsi que les grandes gueules rigolardes, affirmeront que notre Président-couguar aura tiré un coup en mâle vigueur. Les électrices de gauche, pleurnichardes diront que le mâle aura mal agi. Voyez comme les sexes ne se peuvent toujours jamais bien s’entendre.

Surtout ne fumez pas… trompez, c’est bien mieux pour votre santé. Voilà pourquoi je dis, avec notre Président de France et Roi du Mali réunis, restez bien couvert par ces temps de froidure.
Optez fermement pour le cul préférable à la cigarette. Et si vous toussez, n’incriminez pas la cibiche ni tout bonnement un chat dans la gorge. A moins qu’un poil amoureux de votre lutinée petite amie, pas perdu (perdue ? Il faudra bien que je me décide)… donc, par perdu pour tout le monde, ne vous la racle. Et vous, qu’en pensez-vous ?*
*Je n’ai pas bien compris, moi aussi.

Merci, Président pour avoir tant payé de votre personne. La France reconnaissante vous autorise les Marianne aux chasses présidentielles. Et, surtout, pas de période de fermeture, ce gibier est bon à tirer en toute saison… et si délicieux à dépiauter. Ces oiselles valent l’ortolan… quoique, là...

Chasser ? oui, mais à la braconne, s’il vous plaît, vous cachant mieux à l’avenir, Monsieur mon bon Président, tout comme le faisait Kennedy.

Faites l’amour, et faites fumer. Mais, sans tabac. Qu’on se le dise…
Suite au 13 février 2013 : «la feuille de tabac».

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Laissez-moi, Monsieur Président vous donner un petit conseil qui fera vos délices dans vos vieux jours… Rappelez-vous que vous êtes président à plein temps. Oui, à plein temps, il en est ainsi des fonctions.
Prenons un facteur. Durant sa tournée, il lui est interdit de chasser la caille. S’il le faisait, il devrait bien se cacher pour éviter le licenciement. Mais, après sa tournée, qu’il retourne sur ses pas pour se grailler une petite oiselle, même sans faim et  même si c’est répréhensible moralement, et j’y insiste, encore faudra-t-il bien qu’il se cache, non qu’il soit ou non marié ou en concubinage, comme vous. Ou interdit de caille comme vous l’êtes de par votre fonction.

Pour ne pas faire mal en faisant le mal il est impératif, pour vivre heureux, de vivre caché.
Pourquoi, me diriez-vous ? Parce que toutes ses électrices… pardon, toutes les dames de sa tournée, ses usagères auraient pu vouloir se faire tirer en Marianne qu’elles sont toutes, se disant :
- Pourquoi elle et pas moi ? Et qu’est-ce qu’elle a de plus que moi ?
Rappelez-vous Orphée tué par ces dames parce qu’il ne voulait aucune d’elles, sauf Eurydice. A l’hosto… morte, dites-vous ? Ah bon !
Que dire à toutes ces électrices… pardon, toutes ces dames en attente du comblement de votre Hautesse ?

vendredi 17 janvier 2014

La revoir : non et non ! Et oui* ?


- Et si tu la revoyais, hein ?
- Oui, si tu la revoyais, qu’il me dit mon pote Rolando, ça t’en bouche un coin, non ?
- Si je revoyais qui ?
- Ben, tu sais bien… l’amour de ta vie. Il a existé, non ? Et, c’est qui ?
Rolando me posait un casse-tête chinois, le même que celui de mon paradis. Je ne vous ai pas encore entretenu de cette affaire si délicate. En un mot comme en cent…
- Quand je mourrai, oui, quand je mourrai...

- Parle pas de malheur, s’il te plaît !
Oui, quand je mourrai, je ne veux pas que l’on m’incinère pour ne pas réchauffer la planète, en premier lieu. Ensuite, parce que je crois à la résurrection des morts et que j’ai décidé de faire honte à mes héritiers qui, je le sais, ne fleuriront pas ma tombe.
- A quel âge ?
- A quel âge… quoi !
Effectivement, ressusciter à ma mort, en vieux ce n’est pas très encourageant en matière d'éternité !

- Et tes amours, seront-elles au paradis ? Croyant, pas croyant. Celui d’Allah, celui de Dieu ?
Effectivement, je n’y avais pas pensé. Imagine, être au Paradis avec toutes les nanas à qui on dit je t’aime, rien que pour assouvir sa faim, avec des paroles cache-misères en guise de cache-sexe (1). Et aussi celles que j’ai trompées. Ouah ! La galère !
(1) Oui. Plein de misères mais un seul sexe. Ceci pour la règles des singuliers-pluriels, enfin ce me semble. Pourtant la misère ne serait-elle jamais que singulière, et donc pas de S ? Renseigne-toi, Gilou ! 

- Et celles qui t’ont fait pousser des cornes ? Rigolo !
- Oui, rigolo. Parce qu'au moins, je rencontrerai mes infidèles.
- Elles sont toutes là, les adorées, les aimées et toutes plus jeunes que toi. 
- Ou-là-là, Roland. Terrible. J'ai dit à toutes que je n’ai jamais aimé qu’elles !
- Comme moi. Elle est bien bonne, celle-là. Elles savent maintenant.
Ce serait l’enfer. Heureusement qu’au Paradis, on pardonne tout.
- Oui, mais la plus aimée ?
- L’amour de ma vie ? Le seul, l’unique ?
- Oh, oui. Raconte, Gilou !

Des amours, j’en ai eues. Sincères, différentes, belles, difficiles, prenantes, particulières.
- Mais, le seul crève-cœur qui t'ait transporté…
- Celui de mes vingt ans. Quand j'étais jeune-fou, passionné, tendre et doux.
- C’est vrai que la tendresse…
- De ma vie, je n’ai jamais rencontré une telle beauté. A dix-huit ans, est-on déjà femme ? Moi, j’avais vingt piges, je sortais de mes livres d’amour, de mes torpeurs adolescentes, et pas encore homme.
- Dis-moi sa beauté !

- J’aimais qu’elle soit plus petite que moi. Qu’elle ait la peau très blanche et très fragile. Des cheveux tirant sur un brun clair, presque blond vénitien. Oh, elle était un peu grassouillette, ce qui n'était pas pour me déplaire et, mieux, cela lui faisant une belle poitrine.
- …
- Ma mère l’appelait « ta poupette », la poupée.
- Et tu lui caressais les seins, à ta poupette ?

- Elle avait les seins en forme de poire, les plus fragiles disait-elle, que j'appelais mes deux captifs, mes oiseaux que je sortais délicatement de leur cage sans même prendre le temps de dégrafer son soutien-gorge.
- Ils étaient lourds ?
- Oui, et chaque lobe se blottissait bien dans mes mains, celles d'un honnête homme qui n'osait pas la brusquer, la bousculer, des seins en poire dont j'en suçotais le si délicat téton, les mordillant l'un après l'autre pour faire frissonner la belle, ma belle (2).
(2) Remarquez ici  l'utilisation appropriée du nombre. Des seins dont je suçotais le téton. Hé, oui. Un à la fois, le téton. On en peut pas les baiser tous deux en même temps, les seins.

- Et ses yeux, leur couleur : de quelle couleur étaient-ils ?
- Noisette et changeants (3) selon l’humeur du temps, sombres mais plus dorés quand il faisait soleil. Et j’aimais embrasser ses paupières et... oh, elle avait de ces cils d’une longueur extraordinaire pour me faire des mimis papillon. C’était ravissant.
(3) Le pluriel ici s'impose. Les noisettes ont toutes la même couleur qui ne peut changer. Les yeux n'étant pas des noisettes peuvent donc être changeants de nuances noisette, et donc de couleur !  

- Tu dis qu'elle n’était pas grande. Et ses pieds ?
- C’est vrai et c’est étrange, ses pieds aussi beaux que des mains. Souvent, tu remarqueras que les orteils… tiens, regarde les tiens tout recroquevillés dans tes sandales, oui tes orteils sont vilains. Pas les siens, fins et beaux comme ses doigts, des doigts expressifs comme ceux des danseuses orientales, ma danseuse dont j'aimais prendre la main pour y déposer au creux un baiser...
- Son odeur… son parfum.
Je ne m’en souviens pas mais elle sentait toujours bon, qu’elle soit délicatement parfumée ou pas. Elle disait que je sentais le pain chaud et que nos senteurs se mariaient bien.
- Je ne voudrais pas te gêner, mais de ses hanches…

- Et sa taille ? Ben, disons qu’elle avait les hanches larges, un beau fessier et une taille fine que c’en devenait un plaisir de l'enserrer et de poser délicatement une main appuyée sur sa croupe, ce qui ne la gênait que lorsque nous étions suivis par quelqu’un.
- Et, comment elle s’habillait ?
- Elle aimait toutes nuances des bleus qui la mettaient en valeur dans ces robes d’actrices de cinéma, celles de l’époque de Nous Deux… J’aimais beaucoup la blanche à la Marylin Monröe. Et, tout lui allait à ravir parce qu’elle était belle et aimait paraître, papillonner, tournoyer, faire virevolter l'étoffe en marchant.
- Elle portait des bas, des talons ?
- Oui, parfois le soir. Des bas qu’elle faisait tenir avec des épingles à nourrice. C’était une sorte de bricolage qui m’amusait mais ses bas faisaient briller sa jambe de ce noir indéfinissable de ces nylons de l'époque. Et, lorsqu'elle me faisait ce plaisir des hauts talons qu'elle ne portait que pour moi, tu aurais vu ce galbe incroyable. 

Ma belle n'était pas une nana. Elle était toute mon Amérique, mon cinéma, mon Hollywood, ma Lana Turner, ma Marilyn, tant elle irradiait de beauté à mon bras. Et sortir avec elle, qu’elle fierté pour moi, pauvre berbère. Tiens... elle était la chance de ma vie !
- Tu en étais jaloux ?
- Oh, non. Je ne savais que l’aimer en toute confiance, en toute douceur…
- Elle se maquillait ?
- Elle privilégiait les roses  peu colorés que je dirais naturels et qui lui donnaient cette couleur des lèvres jouissantes. Et pas de maquillage autre.

- Sa démarche ? Oh, elle avait un port de reine, de danseuse classique. Et elle savait marcher. Elle faisait du théâtre, posait en starlette, se mettait en scène et en lumière, dansait à ravir.
- Elle s’appelait comment ?
- Pour toi, Rolando, nous l’appellerons Lilas, tant elle aimait les bleus.
- Mais, l’histoire a commencé au Vigan ?
- Oui. Un coup de foudre sur le chemin de la rivière.
- Et, sais-tu ce qui t’a accroché en premier ?
- Un tout, la fille d'un tout : gracieuse, timide, une beauté comme je n’avais jamais vue, et qui m’a sorti de ma léthargie, qui m’a démoli tout d’abord, parce que j’avais peur de ne pas lui plaire.
- C’est une belle histoire comme toutes les amours commençantes, hein Gilou ?

- Oui. Et si tu avais entendu son rire. Elle avait en plus de la conversation, un rire et un humour qui vous réconciliait avec la vie, vous faisait aimer tout et tous. Tiens : elle aimait Philippe BOUVARD et ses blagues.
- Mais l’histoire a fini un jour, non ?
- Oui. Elle s’est mariée tout en continuant à m’aimer. Le jour de son mariage en Normandie, tandis qu'il pleuvait et qu'elle pleurait. Et puis notre histoire a repris, douloureuse, compliquée, impossible, des années durant. J’en étais heureux et d’une tristesse infinie, à en mourir de chagrin. Mais, bon. c'était ma vie, mon lot, la malavita à Dieppe.
- Cà a été très dur, hein…
- Pour ma mère qui soufrait pour moi et qui l’appelait, derrière mon dos, « ta pitainte ». La putain, quoi !

- Et si tu la revoyais, par exemple, là, aujourd’hui elle te fais face. Tu fais quoi ?
- Honnêtement, Rolando que veux-tu que je te dise ?
- Mais, c’est pas à moi. C’est à elle qu’il faudrait dire !
- Je lui dirais : salope, tu m'as brisé le cœur, pourri la vie, j’ai failli mourir de cette histoire.
- Oui, mais, est-ce que tu lui en veux ?
- En toute franchise ? Bien évidemment que je lui en veux. Disons qu’elle m’a déçu.
- Donc, si tu la revoyais, l'amour...
- Si je l’aime toujours ? Tu voudrais savoir ?
- Ben, oui. Tu lui dirais: je t’aime Lilas ?

- Roland, tu le sais bien. Tu as aimé, comme moi. Il est des personnes qu’on aime à en pleurer, jusqu’à la mort. C’est ainsi.
- Donc, tu aimes toujours Lilas ?
- Si j’aime toujours Lila… si je l’aimes ? Que te répondre, mon vieux, hein ?  

 Et moi, j'avais 20 ans, elle 18. Et merci de m'avoir lu.
             Rolando le 17 janvier 2014.

Et, salaud d'Américo qui me demande : 
- Si tu la revoyais,  grosse et moche... et vielle,  l' aimerais-tu pareil ?
-Ben, mon salaud ! Ben mon salaud ! Et toi, qu'en penses-tu ? -Mais, elle accompagnée de tes vingt ans, hésiterais-tu ?


 

mercredi 15 janvier 2014

Sofia, gran Dama de Espagna*!


Elle s’appelait Sofia Castillo. (Entretien recueilli auprès d’Anne-Marie, 79 ans, la Nanny d’Alexander).

- Tu sais, Anne-Marie, que s’exprimer sur mon blog n’est pas anodin et que tu devras signer.
- C’est vrai qu’à mon âge, mon garçon... eh bien, tu m’apprendras à signer !
- Tu veux rendre hommage à une grande dame, c’est cela ?
- Oui. Une bonne personne que j’ai découverte et qui a fait un bien fou à ma vie. J’ai envie d’écrire sur elle quelque chose qui pourrait redire ce chant à la vie qu'elle était.
- Le genre d’écrit que tu te proposes est un des plus délicat : d’abord, parce que l’hommage ne se rend qu’aux vivants. Il te faudra parler de toi, de ta relation affective à cette dame. Tu comprends, et de bien nous faire saisir qu’elle demeure toujours vivante par-delà sa mort. C’est cela l’hommage.
- Oui. Je comprends que tu vas m’aider… à signer aussi.

- Je suis née espagnole en 34, à Ripoll, petite ville de Catalogne, une vraiment très, très mauvaise année pour tout enfant née républicaine parce que ses parents étaient légalistes. 
1939, à 4 ans et ½, j’arrivais en France, la pire des années pour se présenter à la frontière, avec papa, maman  et mon frère. Tu peux t’imaginer, Gilles, ces années-malheur ?
- Oui. Mais as-tu des souvenirs de ta ville natale ?
- Non. Si… de Ripoll, je n’avais que les souvenirs de mes parents qui en parlaient souvent, de notre maison laissée au pays, des jours heureux, avec cette impression d’avoir toujours vécu à Ripoll, ma ville, et que j’y reviendrai. J’avais endossé les souvenirs de mes parents, les chants de ma mère et puis…

- ... Notre accueil en France a été disons, mauvais. On ne peut comprendre cette réception sans considérer la masse énorme et l’afflux continuel de réfugiés que la France n’était pas en capacité d’absorber. 

Nous sommes arrivés démunis et longtemps le sommes demeurés. Il nous fallait survivre, tout recréer en cette période très difficile pour mes parents qui faisaient tout pour que mon frère et moi n’ayons jamais à en souffrir. 

Mon intégration en tant que fillette française d’origine espagnole, et j’insiste là-dessus, s’est bien passée à l’école primaire, et je me considérais au même titre que mes copines de classe, française. Mais, toute cette misère de la famille c’est bien plus tard que je l’ai ressentie et intégrée.
Peut-être qu’un jour, je te raconterai, si ça t’intéresse.
- Donc, Ripoll tu y es retournée. Non ? Et tes « souvenirs », si je puis dire étaient intacts ?
- Oui. En… comme, je te le disais si tu avais cette impression de n’avoir jamais quitté ta ville natale alors que tu n’y avais jamais remis les pieds et que tu ne pouvais avoir aucun souvenir.
Ma première visite pour l’Espagne  fut en 92 où j’y rencontrais des cousins, et j’avais alors 58 ans.

- J’ai rencontré Sofia à ma deuxième visite. Elle m’a été présentée par Madame le Maire de Ripoll dont je cherche le nom... Non, Je ne le retrouverai pas.
Sofia, professeur d’Histoire à Ripoll avait fait une thèse, éditée ensuite sur la Guerre civile dans ma ville, et qui fait référence. Tu peux comprendre tout l’intérêt que j’y portais.
- As-tu pu rencontrer ta famille restée en Espagne, à part tes cousins ?
- Attends, mais oui, et pas que des gens de ma famille. J’ai pu aussi revoir ma maison natale, actuellement habitée par un vieux monsieur qui nous a fait faire le tour du propriétaire et qui, voyant mon intérêt, m’a raconté plein d’anecdotes sur l’histoire de cette maison de la fin de la guerre à aujourd’hui. C’en était hallucinant cette maison d’avant la diaspora : j’aurais pu m’y déplacer les yeux fermés. Incroyable, ne trouves-tu pas ?
- Je comprends, Anne. 

- Quand tu retournes au pays natal, quel choc. Près de la frontière, avant d’arriver, bien avant même, oui et quelque chose se passe au creux de l’estomac dès que tu te sens l’Espagne. C’est à la fois délicieux et tendrement douloureux. Tu comprends ?
- Une sorte de douleur lancinante ?
- Oui, comme un coup de foudre, la toute première fois, qui ira s’atténuant mais que tu ressentiras toujours. C’est ton histoire d’amour avec ton pays d’origine, oui.

Tu te sens l'Espagne, et c'est intraduisible. Je te dis ça pour que tu comprennes que l’Espagne ne se conçoit qu’en rencontres, amitiés, et amours  toujours vécues en drames. En France, j’avais oublié le flamenco et toute cette beauté flamboyante du chant et de la danse. Et la violence du sang et de la mort des corridas. D’Espagne.

Dès que j’ai vu Sofia, nous sommes tombés dans les bras l’une de l’autre, comme deux parentes séparées depuis trop longtemps par une frontière, comme si je retrouvais la petite sœur que j’aurais tant aimée avoir et qui était restée au pays. Et elle a eu le même élan vers moi. 

Nous avons, ensemble, participé à beaucoup de réunions, rencontré énormément de gens. Lorsque je disais que j’étais née à Ripoll pendant la guerre d’Espagne, réfugiée en France gamine, toutes les portes se sont ouvertes. Fallait voir.
Une très vieille espagnole, restée au pays, me disait :
- Si vous avez souffert en France, imaginez ce que nous avons vécu ici. Il est vrai que l’Espagne était un devenu un pays extrêmement pauvre, à reconstruire suite à trop de destructions, trop de haines, de deuils, de ruptures familiales, d’émigration.

- Dès que l’Espagne s’ouvrit, vers 1975, mon amie s’investit dans la région de Toulouse, organisant chaque année une rencontre d’anciens réfugiés. Il faut savoir que beaucoup d’espagnols, apatrides parce que déchus de leur nationalité par Franco, se considéraient toujours espagnols et refusaient la naturalisation française dans le même temps qu’ils ne se voyaient pas retourner au pays pour ne pas être déçus ou pour éviter d’entrer dans des rancœurs d’histoires qu’ils avaient fuies à l’époque. Ou parce qu’ils avaient fondé leur famille en France.

- Pourquoi vouloir honorer ton amie, Anne-Marie ?
- Oh, tout bonnement parce qu’elle a été, jusqu’au bout, ce soleil militant de la dignité humaine qui se dépensait sans compter pour organiser des rencontres entre les espagnols des deux côtés des Pyrénées.
-C’était une grande d’Espagne bien vivante, avec un de ces amours pour le genre humain que tu ne peux pas savoir. Un amour, oui.
Elle avait un cancer du sein et croyait toujours en la vie, se battant pour elle et pour les autres. Quand son compagnon m’a annoncé sa mort, le 29 décembre 2013, une grande tristesse m’a envahie puis je l’ai revue, lorsqu’elle visitait mon petit coin de France qu’elle aimait particulièrement.
- Anna, le Vigan, c’est aussi beau que Rispoll, mais il te manque une rivière, et c’est dommage.
- Sofia, qu’est-ce que tu me chantes. J’habite auprès de l’Arre, regarde la rivière.
- Oui, mais nous avons deux rivières à Ripoll. Deux…

Oh, comme tout grand personnage, elle avait bien quelques petits travers. Par exemple celui d’apprécier la liqueur de Châtaignes des Cévennes qu’elle me demandait de lui rapporter à chacune de mes visites en Espagne, liqueur que j’achetais au petit restaurant-magasin du Cirque de Navacelles malheureusement remplacé par un grand machin moutonnier pour la tonte de nos visiteurs.

A chacune de ses visites, Sofia disait :
- Ton pays des Cévennes, c’est comme mon Espagne. Il est parfait ! Parfaitement, ma chère.
- Non ma chérie, parfait, le mot est inadapté. Beau, magnifique, merveilleux seraient…
- Anna, parfait est bien mieux, je trouve moi, que ce soit en français ou en espagnol.

Par cet entretien, je voulais remercier Sofia Castillo Garcia et son Angel de m’avoir fait aimer ma parfaite Espagne. Et surtout dire à tous que ma petite sœur de Catalogne reste toujours en nos cœurs.

- Comment pourrait-on signer cet entretien, Gilles ?
- Et si on signait : Anna-Maria Rascon Martinez de Maber Dama de Francia et Gilles, tout simplement ?
- Et si on y rattachait aussi l’Espagne, en hommage à Sofia, tout simplement ?
- Je crois bien qu’on peut ! Et qu’on doit.

Coordonnées du livre : « La Guerra Civil à Ripoll (1936-1939) » par Sofia Castillo Garcia et Olga Camps Fernandez – Mairie de Ripoll.

samedi 11 janvier 2014

Our Fat Lollipop in love ! *


Hier, vendredi 10 janvier on s’est payé un repas en célibataires, Mathilde s’invitant d’autorité. Que des mecs, sauf elle.
- Et pourquoi vous m’éviteriez, les gars ? Comme elle aime bien rigoler, on en profite pour plonger encore plus dans la gaudriole, la présence d’une belle nous met en verve…
Donc repas chez Pierrot qui aime la compagnie, la bonne bouffe mais pas nos dérapages. Porto, mais juste un doigt pour Mathilde, Pastis, mais juste tassé pour les mecs, salade verte en entrée accompagnée d’oignons doux à la vinaigrette sauce moutarde,  puis sanglier en daube. Et Costières de Nîmes, rouge. Cantal pour finir.
*Our fat Lollipop in love = notre grasse sucette énamourée!

- Le Canada, tu y retournes quand, Youssef ?
- Oh, pas avant avril. Tu sais, mes travaux… et par internet, pas besoin de se déplacer…
- Dis, Pierrot, t’en penses quoi de la petite gonzesse qu’il se tape ?
C’est Americo qui coupe la parole à Pierrot. De toute façon, notre hôte n’aurait rien dit…
- Ben, mon salaud. Il ne se torche pas avec la manche. Puis, elle est d’un jeune… avec sa gueule…
- Comment ça. Tu ne la trouves pas belle ? rétorque Youssef, esthète non-voyant, on m’a dit que c’était un canon.

- C’est de la gueule du vieux, pardon Rolando, que je parle. Remarque, si elle le trouve beau, moi, je la trouve un peu…
- Salope ? Un peu salope ? C’est bien ça ?
C’est Pierrot qui reprend la conversation en main.
- Oh, Gilou… Matilde, la Mathilde est revenue. Fais attention… Excuse-le s’il te plaît. M’enfin, Gilles…
- Je trouve, moi qu’il a parfaitement raison. Il ne l’a pas subjuguée, la petite. C’est donc  une belle garce qui n’aimera pas se faire tirer par un beau jeune homme. Elle a peur de la pauvreté… Non, non. Je suis femme. Je sais de quoi je parle. C’est elle qui  baise le pouvoir, rien que pour en jouir. D’un certain côté, l’échange galant est équilibré.
- Comment, équilibré… Il est moche, elle est belle. Il est vieux, elle est jeune… Pas vrai, Mathilde ?
- Echange équilibré, relation… elle c’est le pouvoir qui la fait bander, croyez-moi. Lui, c’est la jeunesse de la fille. Ce ne sera qu’une petite histoire de bandaison, à la papa Brassens.
- Mais, Mathilde, comment tu parles…
- T’aimes pas quand je parle comme ça, hé, Gilou ?
Bien évidemment que j’apprécie  quand une belle femme ne fait pas sa mijaurée. J’ai horreur des bouches en cul de poule. Je l’ai déjà dit? Ah, bon!

Et Americo qui n’aime pas tant la bonne bouffe gauloise bien consistante que la conversation française bien  grasse… pardon, je recommence… Donc, Americo qui aime autant la conversation gauloise bien grasse que la bouffe française bien consistante, l’Americo entre dans le bal…

- Oui, mais moi, il me semble que notre Monsieur… on peut dire notre tireur ? Notre trousseur… Comment dire…oui, retrousse la France en gaillard bien cavalier. Mais pour chevaucher une jeunesse comme cette jolie jument et lui donner de la joie, faut du tempérament… Imagine la Framboise sur cette jolie pièce montée, même bien montée en petite pâtisserie, tu la vois toute dégoulinante ?… 
- D’abord, c’est pas Jolie qu’elle s’appelle. Et puis elle est deux fois plus jeune que la Ruby de Berlusconi.
- Oh, Rolando, que nous chantes-tu là ! Elle aurait 7 ans, la finette?
-Mais, non… Elle a 28 ans. Divisé par deux, ça fait bien 14 ans, l’âge de Ruby.
- Si, encore il arrivait à nous plaire, et nous réjouir. Pour ce qui est de jouir, la Joliette sera punie.
- M’enfin, Américo, serais-tu jaloux ?
- Non, Gilou. Les affaires d’un homme public, intimes ou pas, sont à nous. Le radin ne veut pas partager. Il cache son cachou pour le sucer tout seul…Comprenez que j'achète le tiquet de loterie, Lollipop gratte et gagne. C'est moral, ça?
- Oui, le couillon, c'est toi...

- Bon, mais ça ne nous concerne pas. Seule l’officielle  aurait droit au chapitre, ainsi que l’ancienne qui doit bien rigoler.
- Voix au chapitre… Je t’en donnerai du chapitre. Pourquoi pas au trou de serrure pour voir comment il nous la fait monter aux rideaux?Toi aussi Rolando, et toi aussi Pierrot, vous payez cette partie de jambe en l’air avec vos impôts…
- Pas Gilou. Je crois qu’il n’est pas imposable…
- D’accord, d’accord, Rolando… Mais je n’ai pas voté, encore moins payé des impôts pour que l’on  forniquât en mes lieu et place. Merde, que notre Tireur-trousseur-détrousseur, aille au boulot. Et puis, pourquoi il la cache, hein… Mathilde, pourquoi?

- Ce n’est que sa partenaire au lit, pour l’instant, Américo… il a l’impression de tous nous cocufier, alors, comprends ces cachoteries. Tu peux, non?
- Tu as trouvé le mot, Mathilde. On est cocufié. Quand je le vois avec toute sa gent pérorant, interdisant,  s’embrouillant de partout, nos affaires sont en de mauvaises mains, je vous le dis. Pas de raison que les affaires intimes de la petite pouponne ne soient mises dans un meilleur état.
- C’est vrai aussi que pour un type amoureux, il n’a pas trop maigri. N’est-il pas assez amoureux, la relation avec sa partenaire pas encore assez engagée pour en faire sa compagne, serait-il peu porté sur les femmes ? Pour un Français, dis Rico ?
- Sachez qu’en matière de chatte, il est prouvé que les mâles portés sur le radada, à force de s’efforcer s’étiolent que c’en est d’un chagrin, pour tous amateurs de chattes… Mais pas Fat Lollipop !

- Tous jaloux. Vous n’êtes que des jaloux. Le Gilou itou. Et, même si ce Monsieur  était le seul type heureux dans notre morne France, moi, je serais contente. Alors, qu’il baise bien ou pas… je m’en tamponne. Hein Roland ?
- Mais il s’efforce bien de boucher le trou… Oui, Pierrot?
- Attends, Youssef, on est à table. Défendre en socialiste, soit mais je te rappelle Mathilde…
- Youssef à raison, Pierrot. Parce que quand tu vois le trou de la sécurité sociale, qui voudra remplir ce trou devra être superbement outillé, et ne pas manquer d’envergure, à mes avis. Et quand je parle d’envergure et d’outillage, je me comprends.

Un français est tombé amoureux, alors, toute la France s’attendrit à son bonheur. Merci amour.
Tombé amoureux, oui comme on tombe, sur le cul, de sa jument. Affectueusement à Ulysse le chien, à René et à Julyanne.

PS: Americo aimerait bien que vous lui gardiez un petit de la portée. Si ce n'est pas trop demander.