mardi 26 juin 2018

De la psychiatrie carcérale - 1

Souvenez-vous. 7 août 2012. Nous faisons un flash-back et nous replaçons en détention à la Maison d'Arrêt de Nîmes. Déjà 51 jours de détention. Il fait chaud. Je cours Deux fois par jours pieds-nus, je cours dans la cour de promenade sur du goudron.
Lea Animaux du 3eme étage prennent plaisirs tous galets des colis ou bouteilles de 1,5l d'eau. Une m'a déjà atteint u mollet droit. Douloureux.

Ici, en prison, tous souffrent du manque de relations féminines. Heureusement que les gardiennes et que le service de Santé nous permettent d'avoir le plaisir de relationner quelque peu en rêvant aux femmes dont nous sommes privés. Ah, des vois, des visages féminins, ça vous délasse des livres de cul que l'on peut cantiner à la cantines et des films pornos des programmes tardifs, certainement l'apport culturel le plus suivi de nos solitudes. Violeur, pas violeur, c'est une thérapie qui en vaudrait une autre puis que le service psychiatrique et psychologique sont plus que démunis pour 400 détenus.autre.
Ah, contempler des corps, des visages féminins.

-Tu suis une thérapie? Pas moi. Les psychiatres, moi ce que j'en pense ? J'ai subi leur suffisance de "sachants" qui ne connaissent rien à la vie. Si ma mère avait pu les former, elle qui se nommait elle-même "t'arioulte", un ânesse. Tous avec des tics, des manies et leur inadaptation à la vie.
-Peut-être, mais, elle, elle est belle. Putain ! C'est un appel au crime, que cette nana offerte aux détenus.
Le ton y était mais je vous l'avais déjà présentée plus correctement et je sais que lorsque j'aurai trié mon journal intimes, je ne vous en parlerai comme à notre premier rendez-vous.

Dans toute situation de stresse ou de pénurie, le moindre appel d'air, même si ce n'est qu'une brise légère vous semble tel le vent des tempêtes et, même une femme moche, garce, tiens comme Louise vous paraitrait une reine de beauté et la plus honnête des femmes.
Mais pas "ma" psychiatre. Oui, parce qu'au premier regard, tu l'adoptes illico presto tant sa beauté te remue.

Donc, un choc... les yeux s'exhorbitent, la langue vous pend et vous ne sentez pas que vous salivez tant que vous mouillez votre tee-shirt. Tiens, heureuse expression que: Vous mouillez. Faudra que je la réserve à louise si par harsard, sur l'pont des arts, ou de Vigan... Madame ! Voudriez-vous me faire la grâce de mouiller ? Oh, pour moi aussi, s'il vous plaît.

Tiens, nous nous éloignons de la psychiatrie et de ma belle psychiatre. Re-vergeons, donc !

A suivre.
 

samedi 27 janvier 2018

Le Voleu d'EDF - 4

Revenons à notre coupure d’électricité évitée et notre Auguste, 75 ans, encore papa à l’âge d’être grand-père d’un garçon de 12 ans étant rassuré s'en alla fêter l’évènement au bistrot de Christiane et de Jo qui ne se voulait pas le "Tout va bien".

- Une p’tite Côte, Christiane. Un pastis pour Gilou ? Un Casa ? Ouais, C'est pour moi, Christiane. Jo, tu fais un mata ? Evidemment, avec la revanche, je veux.
Jo, aussi voulait bien si Gilou y participait. Ben, fallait se trouver un couillon qui paierait les consommations, Auguste ayant, lui une veine de cocu mais, à son âge il s'en moquait car il ne risquait plus rien !

Revenons aux choses sérieuses et au scénario que je vais vous avais décrit, celui que Mathieu nous avait déjà joué quand j’avais accompagné l'Auguste. Moi aussi j’étais allé à Janval faire mensualiser ma consommation d’électricité car je venais de recevoir mes filles et que la facture explosait.
Vous en souvenez-vous de notre indélicat, oui,  vous qu’il aura certainement estampé en beauté et sans douleur si vous viviez dans la région dieppoise, à l’époque des débuts de la gestion informatisée de votre consommations d’électricité ?

Je rappelle : mon bon fesse-Mathieu, agent d’Edf de son état qui travaillait au noir pour sa consommation personnelle me reçut aimablement. Grand, la cinquantaine, mon âge, mince. Il se leva, me serra la main d'une poignée ferme, franche tout en m’accompagnant à son bureau, passa derrière, ne s’occupa plus de moi, trifouilla dans un tiroir, se baissa pour ramasser quelque chose, prit son téléphone, discuta quelques instants avec son correspondant, puis :
- Veuillez m’excuser. Je vous en prie, asseyez-vous... Je suis à vous dans un instant.
Quelque rangement de papiers sur son bureau...
-Bien. Vous aimeriez mensualiser votre facture. A partir du premier du mois qui vient ?
J’expliquais en quelques mots pendant qu’il saisissait sur son ordinateur. Bizarre, on dirait qu’il met plus de temps à écrire que moi à parler.
 
- Les ordinateurs. C’est bien mais c’est plus long qu’à écrire sur papier. Surtout ne pas se tromper. Ah, non. Surtout pas !
Et, là, large sourire !
- 400 francs pas mois, il me semble. C'est votre souhait ? Soit. Pendant dix mois. 500 seraient mieux mais, au vu de votre situation familiale, pourquoi pas 400. Mais, attention à la fin de l’année, le solde risque d’être plus élevé. Peut-être pas, mais prévoyez dès maintenant. Vous arranger ? Pourquoi pas, mais il ne faudrait pas qu’aux approches de Noël… oui, les vacances scolaires, les cadeaux. Oui, moi-même j’ai deux enfants. Donc, vous préférez 400 francs ? Soit. C'est dit, 400.

Je fus fort aise de rencontrer un agent arrangeant. C’est si rare, un fonctionnaire qui vous parle de lui. Qui... oui, qui m’avait touché.
Et, si vous aviez vu ce sourire... on dit avenant ? Franchement, j’ai apprécié le bonhomme. Et cette poignée de main. 
Bref, passons ! Quoique... 
-Ah ! Nous avons un petit souci, Monsieur Patrice. Pardon ?... Non, non, pas bien grave. Non, simplement, je dois acter la mensualisation. Pourquoi ? Mais parce que le premier prélèvement ne pourra pas se faire le premier mois... Oui. Il conviendrait que vous... Non, vous savez bien que les chèques, le temps qu'ils soient déposés, vérifiés... 400 francs en liquide. Oui avant le début du mois. Vous pouvez ? Oui, à moi-même. Nous faisons comme ça. Bien, au revoir, Monsieur Patrice.

Moi, je dis toujours qu'on ne devrait jamais parler en mal des fonctionnaires. Pourquoi ? Mais, de vous à moi, le policier, le gendarme de campagne, l'instituteur, le militaire, le fonctionnaire qui remplit correctement son devoir et qui ne se sent pas tenu d'être aimable avec l'usager, on doit quand même le remercier.
Et pourquoi cela, me diriez-vous ? Ben vaut quand même mieux. Par contre, lorsqu'ils sont aimable avec l'usager ? Et si en plus ils se mettent en quatre pour vous ?… Mais, évidemment qu’ils ne peuvent que vous émouvoir.

Par contre, l’autre, mon fameux agent d’EDF, s'il m’avait volé comme dans une corne de bois ? Passe. Mais qu'il se soit ingénié (le mot convient en l'affaire), ou qu'il ait ourdi, tramé puis machiné sa petite combine pour étouffer 400 francs (environ 60 euro) à notre Auguste national de la place Nationale à Dieppe, s'il croyait que les jeux étaient faits, il se trompait.

jeudi 11 janvier 2018

Le psaume, lettre d’amour.

Depuis ma plus tendre enfance, j’avançais en âge accompagné du « Petit Larousse  illustré », du recueil de chant « Les ailes de la foi » et de la bible de Louis Segond. Toujours à portée de main.
Qui oserait me demander pourquoi je m’intéresse tant aux psaumes en françois de la Réforme de 1562 ? Sans doute parce qu’ils sont un des fondements de notre langue française qui a si peu varié dans le temps. Quand je réalise que certains voudraient que la langue française « modernise » une écriture considérée comme trop compliquée, je me dis que notre système scolaire est en faille.
Nos enseignants m’en voudront de tirer sur l’ambulance, il va de soit !

Au cours des âges, avec des transformations infimes suite à l’évolution du phrasé, notre écriture évolua par touches successives d’améliorations logiques, lente, cette douce transformation permet encore, à ce jour, de pouvoir lire dans le texte tous nos auteurs depuis 1500.
Que nos enseignants se penchent sur les textes anglais et italien, l’allemand mis à part, de la même période.

A part le psaume 23 de « bon berger », j’ai toujours évité les psaumes qui ne m’apparaissaient su comme de jérémiades. A ce jour, Marot et Bèze m’ont fait aimer les psaumes…

- C’est ce que tu dis, p’tit père ! Si c’était vrai, tu serais cul-cousu. Pas vrai ? La gourmandise dans de la vie avec l’amour, les femmes, le sexe, je ne t’ai jamais vu cracher dessus. Aussi, tu voudras bien m’expliquer cette connerie des psaumes. Pardon, mais on n’y parle que de péché, qu’il faut vivre dans la Loi de Dieu, qu’il ne faut pas convoiter la femme de son prochain, comme si elle n’avait pas son mot à dire dans l’affaire. C’est pas sexiste, tout ça ? Et contre productif !
Tout le monde aura reconnu René BOUSCHET ; Quant à Américo et Rolando, je ne voudrais pas écorner vos oreilles.

- Ben, parce que, tu vois… C’est beau et poignant comme des lettres d’amour…

- Non. Pas d’accord, mais tu causes bien ! Pourquoi ? Mais des lettres d’amour à Dieu, comme si ça se pouvait ! On n’y parce que de haine du genre humain, d’ennemis, de châtiment, de Lois… tiens, le psaume 137, le dernier verset que tu m’as chanté ? Convenant que c’est dansant. Tu me diras que pour parler de la captivité des juifs à Babylone, ce rythme est … pour le moins cocasse. Si, si. Tiens, rechante-moi le dernier verset, ça m’intéresse.

- Chanter ? Non. Je préfère te le psalmodier.
- Ah, la langue française ! Amusant, mais je t’écoute.

Aussi seras, Babylon, mise en cendre :
Et tres-heureux qui te saura bien rendre
Le mal dont trop de pres nous viens toucher :
Heureux celuy qui viendra arracher
Les tiens enfans de ta mamelle impure,
Pour les froisser contre la pierre dure.
(Clément Marot).

Grand moment de silence. Puis…
- Te rends-tu compte de ce que tu chantes ?
- Eh, alors ? Accordons-nous sur jérémiade et compagnie. De la poésie pure ! Et pleurnichard ? Pas d’accord !  
- Mais, mais…
- Et, puis… depuis quand Dieu existerait-il ? Eh, oh ! On se réveille !
Mes amis auront reconnu Américo le plus grand mécréant de la terre… que dis-je, le parfait athée de l’univers dans toute sa splendeur. On se demande encore comment il peut être si humain.
- Américo ! Oh ! T’es une bonne poire.

- Toi-même, abruti !
- Donc, tu n’aimes pas les psaumes parce que Dieu, à ce que tu crois…
- …existerait ? Aux dernières nouvelles ? Compte là-dessus et bois de l’eau fraîche, et puis, on s’en fout ! Laisse tomber.
- Si je te comprends, rien n’existerait pas parce que tu ne le vois pas. Exact ?
- Tout juste : Dieu c’est rien. Je ne te le fais pas dire ! Rien de rien c’est mois que rien ! Qui, lui n’existe pas !
- Mais rien a une existence réelle, même si tu ne le vois pas puisque le concept existe. Pareil pour Dieu.
- Gilou, tu fatigues !

Heureusement qu’Américo aime la musique et la poésie et moi, comme j’aime chanter mes psaumes…Par contre, la langue de mes poètes antiques.
- Comment ils s’appelaient, tes copains ?
- Clément Marot et Théodore de Bèze ?

vendredi 29 décembre 2017

Français à part entière.


« Du vécu, encore du vécu, toujours du vécu ! On ne me reprochera pas d’avoir fait de la prison. Je le sais pertinemment. Mais, on m’en voudra pour ces écrits. Je n’aurais pas dû m’abandonner à dire mon sentiment. Tant pis pour les grincheux ! » (GPK. Texte de la maturité).

Depuis ma sortie de prison je me méfie particulièrement de tous les jeunes rebeus qui n’ont aucun respect pour la vie des non-musulmans. Parfois, je me dis que ne pas respecter le voisinage fait d’abord insulte aux familles d’origine maghrébine, comme si ces jeunes ayant honte de leurs parents qui se seraient laissés avoir par la France. Et celui qui me dira que je méjuge, j’irai lui dire de faire un stage en prison ou dans certaines cités de non-droit, ou qu’il me lapide et, là il me parlera sans aucun doute de tolérance.

Problème il y a quand même car, ayant une tête d’arabe ce qui fait qu’on m’associe trop facilement, comme leurs parents à leurs crapuleries marquées d’un racisme dément, insurpassable ne fait que me mettre dans leur galère.
On hallucine quand on apprend que tous ces petits salopards exigent d’être respectés comme français à part entière, eux et leurs parents mais, nom de nom ils ont tellement poussé à la roue sans aucun frein que quelque chose s’est cassé en France, cela se sent bien alors, pour réparer, je crois que même Dieu n’y suffirait plus.

Au fait, qui me traiterait de raciste intolérant ne serait qu’un insensé ou un abruti fini ! Et je lui prononcerais comme Fatima ma pauvre mère, ce mot intraduisible si on veut rester un parfait gentleman français… si, si ça existe, la preuve : « Caoued ».
Mais je m’en abstiendrai, la langue franco-berbère est si pure, si chaste, si conviviale la preuve  a fini par envahir, pour le bonheur des détenus nos prisons et on ne sait toujours pas pourquoi ni comment c’est arrivé. Freud, s’il ti pli ! Oui, papa Freud, à l’aide !

Pour finir, qui a dit, si ce n’est un abruti : « La prison ? Pas si difficile que ça. Vous êtes logés, nourris, on vous fournit la télé avec des films de cul…
La prison pour certains ? Leur seul domicile fixe connu entre deux crapuleries souvent violentes, d’après un gardien de prison de Nîmes.

Madame la République, s’il vous plaît, ne laissez pas traîner ces Animaux dans la rue. Ils ne savent faire que du mal comme s’ils n’avaient été conçus que dans ce seul but et, si nous plaignons leurs parents, nous avons aussi une pensée émue pour les victimes de leurs petites crapules chéries.

lundi 18 décembre 2017

Andros et son Psaume Lxviii.

Souvent, en sortie du Temple, le dimanche Guépard m'interpellait : « Gilles ! Et ces psaumes ? » Interpellation affectueuse qui me faisait la jambe belle, cadeau de mes frère en Christ qui n'en avaient rien à cirer de Marot et de Bèze. Quant à votre serviteur, passons.

Vous souvenez-vous d’Andros, mon pote ? Non ? Et de Charles-Emmanuel, son cochon nain ? Non plus ? Ah ! Bien la peine que je m'escagasse à écrire !

En fait, j’ai su, il y a peu qu’Andros m'avait tartiné une belle blague et, comme dit si bien l’Américo :

-Des copains ? Que de salauds. Tu peux croire !
Je n’irai pas jusque-là, mais enfin, faut que je vous dise que, fait étrange…

… oui, en descendant de Paris avec un copain, Andros tomba en arrêt devant un élevage de cochons en plein champs, au dessus de Clermont-Ferrand. Ou plus bas sur la A75 ? (Tiens, curieux que je ne me sois pas inquiété de cette localisation. Dommage.) Ni une, ni deux, on s’arrête, on hèle le paysan qui se retourne :

-S'il vous plaît. Monsieur ? De bien belles bêtes. Un plaisir. Vous les vendez, vos cochons... euh, vos porcs ?

-C'est comme on veut. Oui, on vend. Rien que sur pied, ma femme préfère. Le prix ? Ça dépend de combien vous m'en prendrez. 

Le paysan vendait. Et pas cher.
-Un seul ? Bon, ben… Tiens, le gros, là, au fond. Plus de 250kg, à l'estime. Une belle bête. Je veux. Et plus besoin de le nourrir, monsieur. Vous me l'embarqueriez comment ?
Le copain qui me narrait l’histoire se trouvait encore sur le cul car fallait voir l'affaire se dérouler avec notre Andros en vrai maquignon :
-Avec ma bagnole, Monsieur. Bon, mais non. Tros gros ! Je vous le laisse. Un petit… Comme le prix. Ben, oui. Un bébé cochon. Combien au kilo ?... Non, moins cher, surtout pour un petit que vous n’aurez plus à nourrir. Pour moi, c’est pas pareil. Petit, d’accord, mais ça bouffe pas mal, ces bestiaux. Donc, votre prix ? Faites un geste, ça fera plaisir à ma dame. Pour la Noël. Un cadeau. 
-Un petit, un petit… Le prix, c’est que, monsieur, les petits, on n'aime pas les vendre. Parce que les petits, c’est l’avenir de l’exploitation. Oui, Monsieur. Bon ! Un petit, petit comment ?
-Vraiment petit. Il me faut un bébé. Vous avez bien ça ?
-Ben, c’est qu’ils sont avec leur mère.

Je vous jure que c’est tel que mon pote me l’a raconté. Enfin, moi je le crois.
Bon. Et les voila parti dans un bâtiment, à l’écart, une sorte de nurserie.
-Celui-là ! Je veux ! Et Andros désignait un bébé cochon trognon, tout rose encore pendu à la mamelle de sa maman.
-Ben, l’est trop petit, M’sieur ! Faudra le nourrir au biberon. Pas évident.
-Vous occupez pas. C’est exactement ce que je veux.
-Oui, mais…
-Je le prends. C’est un cadeau pour ma femme. Des biberons, ça manque pas chez-nous. Faites votre prix. M'sieur. Et si je l’appelais André-Charles ? C'est le nom d'un de mes copains. Votre femme, elle aimerait ? Oui ?
Le paysan se gondolait. André-Charles, disait-il, André-Charles !
-Ridicule, que lui dit mon narrateur. Pourquoi pas Adolphe. J’ai mieux : Emmanuel, comme le petit Jésus. Ouais, c'est bientôt Noël.
Aussi fut-il décidé, entre les deux copains de couper la poire en deux : ce serait Charles-Emmanuel. Pour sûr que la copine d’Andros serait aux anges de pouponner son nouveau bébé au milieu de toutes ses portées de petits : chats, chiots, lapins, canetons, et j'en passe.

Et voila nos deux compères redescendant au Vigan, Charles-Emmanuel endormi, bien au chaud sur les genoux de mon gentil narrateur, bercé par le ronron du moteur.
La suite ? Vous la connaissez puisqu’on me la servit telle que je vous l’ai racontée.
-Et donc Andros savait que le cochon ferait du gras?
-Je veux, sauf qu’il avait raconté des salades à sa belle qu’aimait que les bébés, que même que c’était un cochon nain. A toi ? Ben, Andros t’aura fait croire comme quoi, avec son amie et sa fille ils avaient choisi un cochon nain dans une animalerie de Montpellier. Tout faux. Mais si ! Tu aurais dû savoir qu’Andros, pour les salades… un expert, tu le connais aussi bien que moi.

Revenons à Andros et au Lviii, le psaume des Batailles, le 68 qui menait toujours Henri IV à la victoire. Toute une histoire.
Dans mon adolescence, j’étais au collège, Andros en apprentissage au restaurant de Marinette. Tiens… Marinette, un poème. Faudra que je vous en cause un de ces quatre.
Donc, Andros, élevé à Saint-Jean-du Gard, (anciennement Saint-Jean de la Gardonnenque, la Genève cévenole de la Réforme), L'Andros était féru de l’histoire des Camisards et du chant des Psaumes. Ah, les Gorges noires, les Parpaillots !

Un jour :
-On se chante le 68. Sus, à l'assaut ? Au pas du légionnaire. D'accord ? Commence.
Mais, dès le premier verset :
-Non ! Pas celui que tu chantes. L’original. Je te montre. Ecoute voir. 
Effectivement, si ce qu'il chantait était l'original, il y avait tromperie dans l'air.
Un Noël que je l’accompagnais à Saint-Jean, Andros me reçut dans la maison de son enfance, sise près du temple :
-Tu vois l’Eglise catholique ? Elle fut bâtie avec les pierres de notre temple démoli après 1685. Peut-être même avant. Je ne me rappelle plus. Faudra que je demande à Daniel T.
Et, Andros me racontait sa Cévenne du désert en revivant ces temps révolus...
-Tiens ! Vise-moi ça.
Pour la première, et unique fois de ma vie je touchais un des rares psautiers de 1562, un bouquin complètement déglingué à force de servir, sans savoir que je tenais en main un trésor.

-Tiens. Regarde le psaume 68. Tu vois ? L’original de Théodore de Bèze (1562). Le début, c'est un peu corrigé, mais faut savoir pardonner. Bèze écrit : "Que Dieu se monstre seulement, Et on verra soudainement Abandonner la place : Le camp des ennemis espars, Et ses haineux de toutes pars Fuir devant sa face Dieu les fera tous s'enfuir... Mais, après :

     Ainsi qu’on voit s’épanouir
     Un amas de fumée.
     Comme la cire auprès du feu,
     Ainsi des méchants devant Dieu
     La force est consumée. »

-Mince alors. Donc, je ne connaissais que la version de Conrart (1659-1683) :

 « Comme l’on voit s’évanouir
     Une épaisse fumée ;
     Comme la cire fond au feu,
     Ainsi des méchants devant Dieu
     La force est consumée. »*

*Cette version corrigée du psautier original, revue par Conrart est faussement attribuée, sur « les Ailes de la Foi » (1938 ?) à Théodore de Bèze et, aujourd'hui, notre bon ami Roger Chapal s’en attribue la paternité dans « Le psautier français » de 1995. On est poète ou on ne l’est pas, nom de Dieu de bon sang de bois.

Lorsque je m’intéressais au psautier de la Réforme, Andros m'avait recopié l'original de Théodore de Bèze, et en 1997, découvrant un psautier de 1819, je croyais tenir les paumes de Marot et de Bèze aussi, fébrilement, je les harmonisais sans savoir que la musique avait été revue et corrigée par Goudimel qui ne supportait pas les mélodies sans mode majeur ou mineur bien établi tandis que les vers originaux, (on se demande encore bien pourquoi ) furent mis « en bon françois » par Messieurs de la Bastille et Conrart, premier secrétaire perpétuel de l’Académie française, à la demande du synode de l’Eglise Réformée à Loudun en 1659, le dernier pendant toute la monarchie, la Révolution et le 1er Empire français.
                                  ______________

PS : J'avais écrit Psaume Lxvii au lieu Lxviii. René m'a demandé pourquoi pas LXVIII. Ben, parce qu'on trouve dans le psautier de 1562 : pseaume de David et Lxviii pour le "Psaume des Batailles".

mardi 31 octobre 2017

La paix soit sur toi, mon frère !

Trop de Droits de l'Homme tuent les droits des hommes.
« La crainte de l’Eternel est le commencement de la sagesse. Tous ceux qui l’observent ont une raison saine. (David. Psaume CX).
 Il y a 3.000 ans déjà que le roi David disait ... Oui, tous les insensés qui ne craignent rien, encore moins leurs mauvais penchants, quant aux juges n'en parlons pas pour ne pas les fâcher, ces types sont des fous et le proverbe russe ajoute :
-Ce n'est pas la loi qu'il faut craindre mais le juge. Comme c'est bien dit car, n'est-ce pas le principe qui donne du pouvoir à l'homme ?
Chérir la loi, craindre le juge

Le Juge, par la taule vise à rétablir la paix sociale avant, pendant et après la détention, solution valable, sauf que certains détenus font tant d'allers-retours entre la zonzon et leur zone que la prison n'est, en fait qu'une extension de leur quartier qu'ils ont mis en coupe réglée, se plaçant au dessus de toute loi républicaine ou principes moraux et se font les dispensateurs de la loi de Dieu dont ils interpréteraient les désirs et les commandements.
Des racailles sans foi ni loi, zélateurs d'un Dieu bon. On aura tout vu en prison !

A bien observer le fonctionnement de la prison, au premier abord on a l'impression que l'Administration et les surveillants tiennent les clefs de la prison. Effectivement, ils vous ouvre et referment les portes sur vous mais, tant que la prison ne fait pas de vague, ne se mutine pas, on ferme les yeux, on tolère. 
De même, comme dans la vie, ce sont les petits ou les intermédiaires qui trinquent comme si on condamnait le service postal de tous les envois de colis qui contiendrait de la drogue. 
De plus, une certaine organisation du service pénitentiaire laisserait penser que l'administration pénitentiaire, en laissant s'organiser trafics et rackets puis, en punissant par le cachot les sous-fifres qui transmettent cette drogue, on se donnerait bonne  conscience. 

On éradique bien les rats en prison mais pas les téléphones portables à la source de tous les trafics. Imaginez :
Un cimetière séparé de la Maison d'arrêt par une rue. De hauts murs et des barbelés. Près du mur d'enceinte, une première cour la A, habituellement celle du Premier étage puis une seconde cour d'égale dimension, la B des Animaux du 3ème séparée par une petite coursive de 2 mètres de large grillagée et embarbelée.
Petit problème : la puissance des catapultes leur permet rarement d'envoyer les galets enrobés de shit, de portables ou de viande hallal directement aux commanditaires, ceux de la cour B, nos Animaux et donc, tous les colis atterrissent dans la cour A.

Après moult observations, les gardiens estimèrent que les trois-quarts parvenaient dans la première moitié de la cour A. Il suffisait de rétrécir de moitié la première pour faire office de no man's land au grand dam de tous les détenus qui voient beaucoup de colis tant convoités pourrir sur leurs yeux, les gardiens les abandonnant de longues journées, tels ces blessées à Gravelotte pour, de temps à autre les ramasser.

Donc, vous voilà en promenade. Un gars de notre cour, accro au shit qu'il n'a pas les moyens de payer organise la réception des colis catapultés. Ce préposé de la cour A, gentil garçon au demeurant qui se fait pincer régulièrement par les gardiens prévient les groupes de détenus de la cour qui sont assis à discuter :
-Dans 5 minutes, les colis arrivent. Allez, marchez. Puis, à un gars qui, lui aussi n'a pas les moyens de sa consommation :
-Toi tu les balanceras de l'autre côté.

Un détenu, un ancien resté en cellule du 3ème à l'écoute de son portable crie de sa fenêtre :
-Attention...onnnnn ! Chaud devant. Certainement un ancien de la restauration rapide.
Effectivement, comme avec l'Express de Tokio, les colis, parfois plus d'une dizaine nous bombardent à l'heure en rebondissant violemment sur le bitume de la cour, finissant leur atterrissage en longues glissades dangereuses comme des Corsairs sur les porte-avions US.
Juste le temps de renvoyer le colis à son destinataire que les gardiens se précipitent dans notre cour, sortent le le ré-expéditeur et le punissent du mitard. Quant aux animaux du troisième ? Rien ne se passe. Le shit a été étouffé par les yoyos qui pendent des fenêtre et se balancent de l'une à l'autre.
Moralité ? Le catapultage laisse à désirer, comme l'organisation des promenades mais pas la réception des colis par les animaux.
 
En taule, rien n'avait changé pour eux depuis la nuit des temps sauf que les gardiens, dégoûtés de toutes ces foutues réformes incessantes avaient baissé les bras. Et, lorsque les derniers remparts baissent les bras, c'est la République qui baie tombe sa culotte, et voilà pourquoi nous nous sentions tous partie intégrée à une minorité visible n'étant plus sujets d'une France qui nous reléguait dans un dépotoir de non-droit pas plus maîtrisée que les quartiers dits déshérités où les administrations fuient comme la peste les populations incontrôlables parce délaissée au bon vouloir des gangs.
La République en ses prisons avouait ainsi sa démission.

Trop de droits de l'homme tuent les droits de l'homme. Les gardiens se plaignaient aussi de cette fuite en avant de l'Administration pénitentiaire, ce qui ne les empêche pas de toucher leur salaire. Enfin, dans un zone de violence et de non droit, heureusement que le Code de Déontologie rassure les gardiens et protège les détenus de la violence. 
Seulement, nous n'étions pas au courant de l'existence de ce torchon qui n'essuie même pas les plâtres en prison. Et puis, répondre à la violence bien installée des détenus par un code de déontologie, entrez dans la cage du tigre du Cirque Médrano et vous m'expliquerez votre méthode douce. La parlotte uniquement ?

En prison, nous ne sommes qu'un nom. Et encore : "Patrice, à l'infirmerie, Patrice, au parloir". Jamais le prénom, Gilles qui sautait toujours comme l'affectif qu'il implique : "Votre courrier vous devez l'envoyer ouvert, Arrêtez de foutre le bordel, Gardez votre humour pour vous, occupez-vous de vos affaires...". 
De plus, en me faisant coucher par terre dans un tout petit gourbi, bien tenu il est vrai par moi-même, et j'étais chosifié comme un pitt-bull dans son chenil en comprenant pourquoi les petits rebeus avaient acquis cette conscience communautaire : ils vivaient en cet endroit comme dans leurs rues et le contrôlaient totalement en terrorisant tous les non-croyants*, surveillants ou pas.

Pour nous ancrer dans un sentiment d'appartenance à une autre culture, on nous distribuait de la nourriture hallal. Pourquoi pas ? Puis arriva le temps béni du ramadan, le carême des musulmans. D'une cellule du troisième étage, si on n'entendait plus les cloches des églises paroissiales de notre bonne ville de Nîmes qui se furent tues depuis qu'elles incommodaient le voisinage, le soir, à la rupture du jeûne nous parvenait la voix radio-diffusée d'un muezzin. Il fallut plus d'une semaine pour que "The Voice" (La voix : en anglais dans le texte) cesse ses nuisances.

J’étais en taule dès le 18 juin et entamais une grève de la faim de 17 jours pour m’amuser et régaler mon monde. M'amuser, si on veut et régaler mon codétenu en lui donnant ma part.
-Tu fais la grève de la faim. On garde tout.
-Si tu veux. Mais pas les desserts.
-Les desserts aussi. 
-D'accord, je vais dire au Capitaine que tu m'en courages à poursuivre ma grève de la faim.  
Oui, je faisais par jeu cette grève qui ne m’empêchait pas de courir tous les jours accompagné de bouteilles d’eau et de galets, mais ma course, en fractionnés qui mécontentait les Animaux, inquiétant aussi le service de santé tant il faisait extrêmement chaud. 

Voyez qu’on s’amuse comme on peu en prison. Même le capitaine de la pénitentiaire ne me comprenait pas, comme vous mais lui, c’était normal car, à comprendre encore fallait-il se faire un tant soit peu perspicace :
-Votre grève ne sert à rien. Tenez, Roland Agret s’est même coupé des doigts. Ça lui a rapporté quoi ? Trois doigts en moins. Pour rien !
-Ben si, mon Capitaine, voyez qu’elle sert ma grève. La preuve ? C'est qu’on en parle.
Mon capitaine m’a regardé comme si j’étais un insensé mais le moins intelligent des deux n'avait pas compris ce que je lui servais.

J’aimerais rapporter maintenant un fait curieux : en juillet, le Ramadan nous réclama un temps-mort dans nos jeux. J'en fus marri, croyez-le. Nos petits Animaux chéris, pas plus fatigués que d’habitude de ne rien faire de leurs journées, de leurs nuit et encore moins de leur vie décrétèrent cette trêve unilatéralement, à mon grand dam tout simplement pour que tous les chrétiens et les gardiens comprennent une fois pour toutes qu’ils étaient de bons musulmans qui suivaient le jeûne en ne fréquentant plus la cour de promenade, ce qui fut dommageable à tous nos jeux, dont le plus prisé, celui des galets aurait pu mal finir…  Merci, messieurs les gardiens de n’avoir pas arrêté nos amusements.
Tiens, comme c’est bête, j’aurais dû proposer d’utiliser ces galets en palets pour jouer à la marelle, au moins pendant le carême, en allant de la « Terre au Ciel » à cloche pied, claudiquant après avoir reçu un boulet de mes amis, excellents tireurs. Tout indiqué, pour nos croyants : de la terre au ciel !

Je crois que mon récit n’est pas tout à fait exact car, dans le lot des lanceurs de tous projectiles, mots d’amour et autres crachats, nous avions un blondinet qui ne ressemblait pas aux rebeus, mais alors-là pas du tout sauf dans sa participation aux amusements. Par contre, dans son abêtissement, la ressemblance se faisait totale. Comme je ne le voyais plus pendant le ramadan, je le convertis avec les autres Animaux.

Voyez que le Ramadan a du bon en rendant les gens moins excités mais, passée la fête, passé le saint et nos abrutis d'animaux reprenaient le jeu là où on l’avait laissé, ce qui prouve bien que tous les imams de France affirment une belle ânerie, la prison les démentant : Ramadan ou pas, en ces choses de la morale, de la bienveillance et de la convivialité, l’Islam n’apporte pas grand-chose parce que ces jeunes racailles, bons croyants, au demeurant qui se tapaient un jeûne salutaire retombaient dans leurs errements sitôt fini le carême.

Il est certain que Bou g'hisane disposait bien d'un téléphone portable, oui, l'Homme de Merde (qui n'était pas le seul) car les colis catapultés de l'extérieur étaient annoncés et arrivaient à l'heure dite :
-Attention, les gars. Les colis arrivent. Allez, marchez... allez, allez, levez-vous. Tiens, toi, tu ramasses discret et tu les renvoies à la B.
-Qui, moi ? Si je ramasse, je donne aux gardiens.
J'avais bien pré&venu mon monde.

Plus tard, je sus que tout se sait en prison, soit que des gardiens distillent des informations pour « punir » certains récalcitrants, soit que les Appels en Cour de Justice se font par fournées de détenus qui entendent les tenants et aboutissants des affaires de leurs codétenus, soit que les détenus brodent n’importe quoi et, si ce n’est pas vrai, ça ennuie encore plus le mis en cause.
C’est pourquoi je compris pourquoi des jeunes musulmans qui faisaient le ramadan m’avaient si bien soigné durant mon séjour ils savaient, par je ne sais quel canal que le vieil arabe était chrétien et, pire se considérait comme français à part entière. Un koufar, pire : un koufar qui se vantait d'être français faisant passer les lois de la République avant celles de Dieu.
M’emmerder, moi le vieux chrétien, le Koufar qui pourrait être leur grand-père et du soir au matin, était-ce leur façon de faire du prosélytisme pour que je me convertisse à l’Islam ? Sans aucun doute, mais s’ils voulaient me dégouter de l’Islam, ils avaient trouvé la méthode adéquate, et je les en remercie du fond du cœur.
Chers parents qui affectionnez vous enfants, ne pensez-vous pas qu'une petite correction, quand bien même injuste ne serait-elle pas une méthode éducative des plus indiquées ? 

PS : toutefois, chers parents, méfiez-vous du juge qui, "spécialiste en matière éducative" n'apprécierait pas la fessée, encore moins lorsque déculottée. Il préfère que vos petits, grandissant mal, virent à la délinquance. Pour garder son boulot ? Je n'espère pas. Enfin, que vous dire de moins ?...
                                 _______________

« Les effets bénéfiques du ramadan sur les Animaux encagés ne durent qu'un temps. Frères, et vous mes Soeurs du Livre sacrés prions pour que le carême devienne permanent et inscrit dans la loi républicaine
Why not ? En effet, seul Dieu calmerait certains violents, la République devant constater son échec dans les banlieues qu'elle fuit.» (G.P.K. Texte de la maturité).

lundi 30 octobre 2017

La France Insoumise ? Bof !

J'ai toujours aimé le portrait photographique voilà pourquoi je n'ai jamais pu réaliser mon fantasme de montrer en mouvement un CRS et un manifestant se poursuivant comme s'ils jouaient aux gendarmes et aux voleurs dans la cour de récréation.  
Mes portraits au 1/4 de seconde se voulaient réalistes comme le sont les peintures qui obligent à la pose qui seule oblige l'âme humaine à accepter de se faire fouiller comme dans une sorte de palpation policière. Jusqu'à ses parties les plus intimes.

Nul ne peut devenir un assez bon portraitiste s'il n'établit pas avant un rapport de qualité avec son sujet. Il faut dépasser la confiance et aller vers la certitude. Je travaillais toujours rapidement car je savais me placer, utiliser la lumière et les ombres. 
Oui. Vous êtes bien. Ca nous prendra combien de temps ? Pas plus de dix seconde. Si, si. Je vous garantis. Non, ne souriez pas. C'est mieux. Je ne ferai qu'un seul cliché. Pourquoi ? Le second est souvent raté. Oui, un seul shoot. Une pose très lente. Non, c'est plus beau... oui. Je vous assure. Là, ne bougez plus, regardez-moi dans les yeux..., oui, par delà l'objectif.
-Je vous ferai le plus beau portrait du monde.
Une demi-seconde plus tard, le doigt déjà appuyé jusqu'à la double bossette du déclencheur, le viseur bien calé sur le nez et le front, le portrait était en boîte et je savait si le sujet avait bougé. Cligné des yeux ? Aucune importance.

Mais une bon portraitiste ne peut pas tout révéler. Voilà pourquoi j'ai conservé par devers moi des photos qui risquaient de nuire à des amis, des relations, des politiques dont trois ou quatre clichés de Jean-Luc Mélenchon pris à à un meeting électoral à Nîmes pour les élections présidentielles de 2012.
C'étaient les temps bénis du Front de Gauche réunissant communistes, socialistes de "l'autre gauche" située hors du PS, écologistes et autres démocrates de gauche. Il était une fois Mélenchon, son Parti de Gauche associé au PCF son mouvement de la France Insoumise. J'ai adhéré au discours du bonhomme jusqu'à voter pour lui aux élections présidentielles.

Pourquoi ai-je toujours aimé les contes de fée de ma mère avec Sid Ali, son bonheur avec sa belle Fatima, sa cavale blanche, son épée, le sable doré, le soleil, les roses et tout et tout ? Et aussi les combats victorieux, les courses effrénées dans la djebel et le désert, les eaux fraîches, la mer. Ma mère ? J'adorais, mais l'odeur du crottin, que je ne vous raconte pourquoi je déteste les chevaux. Oui, mais trop d'histoires, trop de Partis, trop de Mouvements nuisent à la clarté des discours, à leur crédibilité parce que je sens qu'il y manque de la simplicité, de la sincérité qui nuisent à notre bonheur. Aussi, aujourd’hui, je déteste que l'on me raconte des histoires. Des contes, je veux, aussi, en voulez-vous ?
Donc, il était une fois un type bien adulé par le petit peuple qui détestait le hautain Giscard d'Estaing. Ce type rassurant hurlait son socialisme en loup qui ne pensait qu’à laisser son nom à l’histoire. Encore, fallait-il le savoir. Prémuni par maman Fatima, je m’en méfiais comme de la peste :
-Gillinino, méfie-toi d’un homme qui t’offre son cœur, surtout s'il le tient dans sa main car, souvent, à la place tu n’y trouveras qu’une pierre.

Dans la France de 1972-74, les seuls qui prenaient soin des pauvres étaient des chrétiens, des syndicalistes et nos petits communistes français qui mettaient leurs espoirs en Mitterrand, le socialiste marqué, mais manqué. Encore fallait-il le démasquer, tant le coquin parlait bien. Ah ! L’espoir, sous les senteurs d'une révolution rose nous revenait. Las, ce temps ne dura que ce que durent les roses, l'espace d'un matin.
Vous me direz, quid de la peine de mort, du RMI, ces avancées extraordinaires ? La première n’était qu’une exigence de l’Europe, la seconde une concession au début du capitalisme débridé afin d’éviter les troubles sociaux qu’il gênerait.
En 1981, je déclarais avant les élections présidentielles que nous, communistes ne devrions pas voter pour Mitterrand, non parce qu’il avait reçu la francisque de Pétain ainsi que le pasteur Bögner qui l’avait acceptée, comme tous les hommes importants de ces temps de la honte, ni qu'il avait fait un serment solennel au Maréchal comme tant d'autres, non pas aussi parce qu’il avait fait décapiter à tour de bras les résistants algériens du FLN qui étaient des français comme les autres*, mais surtout parce qu’il ne respecterait pas ses accords et que son seul but consistait tout bonnement à détruire le PCF qui avait permis la résurgence du Parti Socialiste, en toute forme de remerciement.

Entendu en réunion de Section :
-Le Parti communiste est le parti du Peuple. Il est démocratique. Sa ligne est de faire campagne pour Mitterrand. Tu t’es exprimé et nous t'avons entendu. Tu dois entendre la voix de la majorité, et donc ne pas t'opposer au peuple en public.
Comme toujours, le parti et le peuple ne faisant qu'un, ne représentant que moi-même, aussi, bête mais indiscipliné, je votais avec mes pieds.
*Ndlr : les historiens mondiaux d'abord, les politiques français, ensuite remettront en toute gloire les fellaghas provinciaux algériens dans la résistance française au colonialisme.

Aujourd’hui, en 2017, je me sens encore plus floué qu’en 1981 puisque j’ai voté pour Jean-Luc MELENCHON pour la présidentielle. Ce que fit Mitterrand pour se servir du Parti Communiste Français pour ensuite s’en débarrasser, ce vilain citoyen nous le ressert.
Jean-Luc, toi le donneur de leçon, ne ferais-tu pas dans ta culotte ? Surtout, ne me dis pas que tu es un sans culotte car, d'abord tu sens mauvais et qu'ensuite tu ne révolutionnes rien si ce ne sont les travers de tes anciens, à la façon de Mitterrand.

J'ai l'honneur et la joie de vous annoncer que je ne voterai pas aux les législatives pour la France Insoumise qui se déshonore.
Fatima aura toujours raison : la Bonne Mère de Marseille se rappellera aux bons souvenirs de Mélenchon.

Ndlr : texte écrit avant les dernières législatives. Qu'on se le dise !

A million.

Gouache Edouard Herzig (1860-1926)
Fatima, ma mère me désespérait. Lui apprendre à lire et écrire, à poser des additions ? Elle se comparait à une ânesse. Te rappelles-tu ?
 -Peut-être, papa. Mais, pas pour le pognon. Pour du sérieux, c'en était. Pour prêter, mon fils ? Pour donner, c'est moins et, pour prêter... faut rendre, mon fils !
Et elle donnait du "Mon fils" à tout un chacun. Nature que ma vieille, mais elle abusait. 

C'est vrai qu'avec l'argent... Un jour, qu'elle me dit :
-Y-en a besoin d’queque chose ? (As-tu besoin de quelque chose ?).
-Non, maman. Ça va bien pour moi.
Elle me traîna, vers la rue du Maquis.
Pour ma mère, Fatima ne connaissait que deux caisses d’épargne : la mienne à laquelle elle me renvoyait quand je l’énervais, le bistrot et la sienne, là où se trouve l’Ecureuil.

Le guichetier, ma mère se l’embrassa affectueusement :
-Bonjour, Fatima. Tiens ! Salut, Gilles. Il y avait longtemps...
-Mon fils, aouid a millione ! (Mon fils, donne un million!). Ma mère était pressée.
-10.000 francs, c’est cela ?
-Lala ! A millione ! Non ! Un million ! 
Ma mère  soutirait une brique de son bel et bon argent à son fils de banquier… Bon, un million de centimes ? Pourquoi pas, et le voilà alignant les billets de 500 francs dans le temps que ma mère les réduisait en 50.000 anciens francs pour mieux les additionner. Et ça marchait !
-Prends, mon fils. Prends.
Ai-je pris ce million de centimes ? J'allais me gêner car je saisissais enfin que ma mère se sentait culpabilisée par mes trop nombreux refus !

Faut dire que la Mère, comme le disait si bien mon frère aîné avait un sens inné de l’équité et, lorsqu’un de ses fils lui tapait un peu de sous, par exemple a million, elle, sachant que le Bon Dieu fit les temps d’argent toujours aussi difficiles pour les enfants afin de mieux les attacher affectivement à leurs vieux parents, elle :
-Y-en pas pas besoin d’queque chose ? (N’as-tu pas besoin de quelque chose ?).
-Mais, non, maman.
Cette phrase, je l'avais entendue bien souvent sans savoir que ma mère, en cédant à la sollicitation de l’un donnerait la même somme d’argent aux deux autres. Faut dire aussi que ma mère ne m'a jamais expliqué, primo qu'elle cédait aux sollicitations des frangins et, secundo le pourquoi de cette phrase rituelle qui s'appliquait à de l'argent qu'elle pensait me "devoir". Mais, si je refusais, hein ! Pourquoi insisterait-elle ? Curieux, quand même, ne trouvez-vous pas ce manque de transparence ? Pour ma part, je déclinais toujours cette offre, non que je n’en eus pas le besoin, mais j’estimais que tant que je ne crierai pas famine, je m’en passerai. Ma fierté berbère*.
*(Par berbère, comprenez ceux de haute et belle lignée).

-Tu te rappelles, Papa*, mémé... pour lui apprendre l’heure ? Même que tu lui avais acheté un réveil bruyant qu’elle remontait tous les jours et on se demande encore aujourd’hui à quoi il pouvait bien lui servir, sauf à lui rappeler un des rares cadeaux de son fils. Oui, Papa. Et, à chacune de nos visites, on n'entendait que le tic-tac  du réveil dans sa chambre, et notre premier soin était de le remettre à l’heure.
-Par contre, elle ne remontait jamais la sonnerie. Tu as remarqué ? Un réveil qui ne servait qu’à la bercer pour l’endormir, jamais à la réveiller.
*Julie n’utilise le Pôpâ qu’au téléphone, voila pourquoi ce gentil  Papa.

Ma mère aurait dégoûté tous les meilleurs pédagogues.
-Maman, regarde. Quand la petite aiguille montre le 12, c’est midi, l’heure du repas. Et quand elle montre le 6, en bas faut se lever. Tu comprends ?  
Je crois qu’entre comprendre mes explications et prendre plaisir au seul son de ma voix, son choix était fait. D'un réveil pour se lever ? Mais, elle n'en eut jamais le besoin. Alors ? Elle me regardait avec les yeux aimant de Leïla* sans jamais percuter.
-Mais maman ! Tu n'écoutes pas !
-J’ma fous, mon fils. (Entendez : Je m’en fous, mon fils).
*(LeÏla, ma petite chienne tant aimée ne percutait jamais, mais que d'amour entre-nous).
Et dire que je n’avais pas pensé à enlever la grande aiguille du réveil qui compliquait tout. De même qu'il s’avèrera plus tard que ma mère était myope de chez myope. Parfois, elle cousait à gros points et, lorsque l’aiguille lui échappait, elle la recherchait du plat de la main à l’endroit où elle estimait qu’elle devait être tombée et finissait par la retrouver, se piquant souvent :
-Hi... âhhhh !

Pour enfiler le fil dans le chas ? Elle le mouillait de salive, le torsadait, prenait l’aiguille puis le pinçait à hauteur du chas, le tout serré entre le pouce et l’index et, de son autre mains faisait glisser l’aiguille entre ses doigts vers le fil fermement retenu.
Pour ceux qui n’auront pas compris, je demanderai un dessin à René.
Parfois, j’ai plaisir à savoir que ma mère, qui a toujours affirmé qu’elle était bête se glorifiait d'avoir suivi, elle une des seules fillettes berbères du village, une scolarité à l’école coranique, excusez du peu mais seulement pour apprendre le Coran par cœur, aussi, depuis ma mère savait se cantonner dans ce qu’elle maniait à la perfection, à savoir la connaissance de l’humanité en faisant le pari que l’amour que l’on porte à son prochain lui permettrait de devenir meilleur.

Donc, messieurs de la pédagogie, m’obligez pas, en vous penchant sur l’oreille et la vue de vos élèves que, sans l'amour de votre travail, vos élèves ne resteront jamais que des ânes…
-Mais, non, maman, tu es intelligente... d'abord parce que tu es ma maman !
-Izane !* (Berbérisme que la Mère n’aimerait pas me voir traduire, quoiqu'il n'est qu'à demander).

Traduction libre pour Izane ! : Merde ! (mais dans le sens de Grosse merde ! sachant que son Gillino pesait ses bons 70kg).
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