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mardi 23 avril 2013
Le culte d'Isis ! - 4
O Matterhorn. La mère, le sein nourricier, l’enfant. L’amour d’une femme pour un homme. La mort, la vie. L'au-delà, la résurrection. Mais, pourquoi ce titre utilisé au 3ème épisode? Parce que le culte d’Isis est féminin, humaniste et universaliste par excellence. C’est la religion, en premier des pauvres et des affranchis et de l’égalité des êtres, noirs, blancs, riches, pauvres, hommes, femmes. Une religion du partage des fonctions religieuses à égalité.
Et Isis protègera aussi les marins, merci pour eux!
Cette religion «féminine» prend le pas sur le culte d’Osiris, et prône l’austérité dans les fonctions religieuses non héréditaires dans laquelle les prêtres sont monogames, purs de mœurs, travailleurs et pauvres… Son message d’amour vise à la libération des esclaves, interdit le mensonge, la violence, le vol, la fraude, le faux témoignage, les blessures.
Les prêtres et prêtresses, en Europe, sont souvent venues d'Egypte.
Dans cet épisode sur la source d’Isis, je voulais faire honneur aux femmes. Ici, on parlera de salut du genre humain, du pardon et de la miséricorde. Les actions des hommes et des femmes sont pesées et on demande des comptes aux défunts. La confession, publique dans les temples, ainsi que le baptême d’eau sont indispensables pour changer de vie. Il y a une initiation.
Pour entrer en communion avec la divinité, la prière est fondamentale. Dieu est fait homme, meurt, ressuscite après sa rédemption et octroie la survie aux autres humains.
Quoiqu’il en soit, le culte d’Isis, contrairement aux religions du livre ne fait pas l’apologie de l’inceste mais a le courage de le poser en commencement du monde. Geb, créateur de la Terre et Nout, créatrice du ciel font 5 enfants: Osiris et Isis qui s’unissent, Seth et Nephtys qui se marient. Reste un dernier frère, Haeroeis.
L'inceste, dans l’écrit de la Genèse est occulté. On parle de Caïn mais pas de sa femme qui ne pouvait être qu’une de ses sœurs. Tout le monde suit bien ici? Non?
Un dessin de René! Ohé, René!
Pas d'inceste, pas d’humanité possible. La Bible fait une impasse totale sur l’inceste obligatoire, nécessaire qui va créer la descendance d’Adam et Eve.
Isis est en avance sur nos religions du 21ème siècle! Religion des mystères de la création du monde, de la passion, de la promesse d’une vie dans l’au-delà pour les justes par la résurrection des morts, elle est en avance sur le judaïsme et préfigure le christianisme mais elle est toujours en avance d'une longueur sur lui parce qu'elle permet que la fonction sacerdotale soit partagée par les hommes et les femmes!
Humaniste et universelle.
Plutarque dit: la déesse Isis a le pouvoir sur la matière, elle est lumière et ombre, jour et nuit, eau et feu, vie et mort, début et fin.
Les rites d’initiation se déroulaient dans des lieux souterrains, obscurs et tortueux, comme d'une marche d'initiation de la vie vers la mort, l’au-delà, la résurrection. Les épreuves durent une semaine. Il s’agit de maîtriser ses instincts comme résister à la tentation d’une très belle jeune fille en petite tenue.
Les offrandes sont souvent des poules. A Mayence, on retrouvera des os de coqs adultes et de passereaux. Une fontaine ou un bassin d’ablutions représentant les eaux du Nil se trouve dans le temple qui est toujours souterrain.
Des incantations magiques pour maudire (interdites par le droit romain) telles des tablettes de défixion, parfois entourées sur des os de poulet ou des poupées magiques piquée de trous d’épingles, souvent brisées, sont retrouvées dans les ruines des fosses des offrandes ainsi que de petites lampes à huile. Voici une tablette de défixion retrouvée à Mayence dans le sanctuaire d’Isis et de Mater Magna, (Heiligtum der Isis und Matter Magna de Mainz), vers le 2ème siècle:
«Tout ce que Prima AEmilia I l’aînée de Narcisse entre- I prendra, tout ce qu’elle peut bien faire, I Que tout cela I tourne court. I Ainsi que jamais ce qu’elle I puisse faire ne réussisse, I Que l’égarement barre la route, I Que le mensonge s’oppose à ses projets, I Que tout ce qui advienne I Lui soit contraire I Pour la Prima de Narcisse, I Puisse ce billet faire I Que jamais rien ne lui réussisse.»
Malédiction très moderne, pleine d'humanité...
Cette magie interdite était exécutées par un prêtre du temple d’Isis entre le 1er et le 4ème siècle.
Paris et Isis: Dans l’emblème de Paris, il y a la barque d’Isis cherchant les morceaux de son Osiris. Elle est la protectrice des parisiens. Jusqu’au début du 16ème siècle, au portail de l’Abbaye de St Germain des Prés se trouvait une statue étrange où les femmes du quartier faisaient brûler des cierges: c’était Isis, la toute puissance reine d’Egypte, d’après ce que l’on dit.
Le statut social de l’égyptienne: Juridiquement, la femme, et donc Isis est l’égale des hommes avec la fille aînée pour l’héritière. De même, contrairement au culte chrétien, la femme et l’homme dirigent le culte. A égalité.
De la virginité-fécondité: Dans nos cultures du nord de la méditerranée, virginité et fécondité s’opposent et se croisent, se nourrissant l’une de l’autre. Le culte des vierges noires chrétiennes succèdera au culte d’Isis, entre le 3ème et le 6ème siècle. Le culte de Marie viendra bien plus tard reliant l’impossible fécondité et la virginité.
Fatima et Isis: croyances. Je tiens à dire que ce qui suit, ma mère m’en est témoin, est véridique. En Afrique du Nord, chez les berbères, il est deux croyances extraordinaires. La première nest liée à l’eau. D’après elle ma mère, se baigner toute nue dans une rivière risquait de mettre les jeunes filles enceintes. Extraordinaire, non?
Je demeure convaincu que le phallus perdu d’Osiris qui «engrosse» le Nil apparaît dans cette certitude. Car, pour Fatima, il ne s’agissait pas de croyance, lorsqu’elle était petite fille, mais de certitude.
Il faut aussi savoir que l'eau demeure toujours du domaine de la femme, en berbérie.
Le deuxième mythe que développait ma mère est celui de «l’enfant qui dort». Mythe fort utile pour expliquer pourquoi une veuve accouchait d’un enfant bien longtemps après la mort de son compagnon. Je reste convaincu que le culte d’Isis y est pour quelque chose. Magnifique, non?
J’adore cette croyance! Il s’agit bien, ici, d’une sorte de mythe de la résurrection, n’est-ce pas? (1).
ISIS dans le culte chrétien. La mère de Jésus et la mère d’Horus sont différentes. D’abord, parce qu’Isis est une maîtresse femme qui assure la descendance du mort par tous moyens pour regagner le trône d’Osiris et une guerrière qui veut assurer son héritage sur terre. Elle est l'égale de l'homme et des dieux. Elle a affaire à la mort, ressuscite son homme et se fait engrosser.
Marie est différente. Elle est effacée, très jeune et élève normalement son fils, en bonne mère. Mais, elle aussi est engrossée mystérieusement. Comme Isis.
Toutes deux ont un rapport au divin, à l’ineffable!
Et, toutes deux sont représentées allaitant leur enfant, Horus et Jésus en mères avant tout. Ce qui les différencie, c’est dans «l’élevage» de leur enfant: l’une est accompagnée de l’homme qui l’aime, Joseph, l’autre, Isis est seule avec son fils.
Y aurait-il une sainte chrétienne qui serait le «pendant» d’Isis? Isis a commerce avec la mort, ramène à la vie son frère-époux Osiris. La résurrection est le mythe chrétien par excellence. Nous avons aussi l’eau re-vivifiante, baptismale (voir le phallus perdu, à son corps défendant, de son coquin de mari qui «ensemence» le Nil).
Et pourtant… A bien y regarder, les religions du Livre ont toutes emprunté au culte d’Isis. Un plagiat. La seule différence est dans le fait que le culte d’Isis n’a jamais été récupéré par le pouvoir. Elle n’est pas la religion des pouvoirs séculier et religieux, les deux Institutions s’appuyant l’une sur l’autre. Elle est la religion du peuple.
Et pourtant, elle disparait alors qu’elle est la seule religion humaniste et universelle véritable.
Les oppositions entre la Déesse et la Source viganaise. Par l’eau, la Déesse et la Source d’Isis se rejoignent: elles donnent la vie au Nil (voir le machin d’Osiris mangé par les poissons) et à notre petite ville du Vigan. Son culte se fait caché, les étroitures lui sont indispensable ainsi que l’eau de purification lunaire. Mais…
Mais, Isis la déesse se façonne un phallus en argile (l’idée me plait et je l’entre-aperçois aves ses petites mains mignonnes…) pour faire un enfant et s’en occuper seule. Gloire donc à Isis.
En ce qui concerne notre source, une vilaine prêtresse de Diane de Nemausus (ah, les nemausiennes et leur «sérieux») se fait engrosser (je ne vois pas d’autre mot) par un pâtre à l’ombre de cette fontaine et lui confie le moutard puis, tranquillement, s’en va comme si de rien n’était.
C’est une fable? Et pourtant c’est vrai, puisqu’on se tue à vous le dire!
L’histoire de cette cheftaine des prêtresses, vous paraît incroyable? En peu de mots… suivez-moi pas à pas! Toutes les années les vierges servantes du Temple Diane de Nemausus vont faire la cueillette de fleurs médicinales sur le Mont Aigoual. Bizarre. Je pensais qu’il y a plus de variétés florales sur le Causse… M’enfin, puisqu’on vous conte fleurette, ce n’est qu’une affaire de séduction...
Bon, en redescendant, elles se rafraîchissent à la résurgence de la source d’Isis. Admettons. Pourquoi pas aux fontaines, ces griffouls du Vigan? Parce que le Vigan n'existait pas n’était pas approvisionné par cette source (rappelez-vous ce paragraphe. On y reviendra. Et suivez ma digression, s’il vous plaît)?
Elles reviennent de l’Aigoual. 2114 pas et à 100 milles de Nemausus. Enfin… Moi, feignant, je transitais par Valleraugue et la Vallée de l’Hérault ou par l’Espérou, Cap de Coste, le col des Mourèze (les berbères des troupes romaines étaient déjà passés par là avec leurs femmes, leurs ânes… pour simplifier, avec armes et bagages).
Donc, col des Mourèze, Pont-d’Hérault, Ganges, St Hippolyte (pas encore du Fort), Sauve, Quissac puis Nemausus. Aller-retour 200 milles. Ainsi, on évite le Vigan. Et la Source d’Isis. Donc, on nous raconte des pipes. Certains, de mauvaise foi, et il s’en trouve, me diraient: les vierges vont sur le Causse. Soit. Et passent par le Vigan, et la Source d’Isis. Attendez, attendez donc!
Je rétorquerai que le Causse de la Selle est moins loin de Némausus et possède toutes les fleurs du Causse de Montdardier et de Blandas. Et que j’aime particulièrement… les Causses.
Je dis qu’on se moque de nous et qu’on nous raconte des histoires… parce que ces dames, les prêtresses devaient être particulièrement surveillées, surtout en pays de bergers! Qui ne pensent pas à mal, mais qui y pensent quand même.
Rolando vous dirait: -J’hallucine!Grave!
Plus prosaïque, Fatima ma mère se fendrait d’un sonore:
-Ta pitaint! Qui, traduit en bon français, signifie tout bonnement: -La putain!
Non, mais dites donc… on n’abandonne pas un bébé à un berger. Vous me direz que la naissance de Jésus a été d’abord annoncée aux bergers! Je par-ferais votre éducation vous faisant savoir que cette annonciation à ces gens de peu de foi, voleurs, tricheurs, la lie de l’humanité de l’époque, était pour choquer tout un chacun. Et bien rappeler que l’Evangile est annoncé pour tous. Vous me direz que depuis, avec leurs CAP et BEP, les bergers sont devenus recommandables et gens parfaitement aptes à pouvoir convoler en justes noces. Et que l’on rassure ces dames.
Dans cet épisode, je fais amende honorable. D’abord, je reconnais qu’Isis qui, qu’on le veuille ou non, est bien viganaise, et personnification de la femme amoureuse. Soyons gentil. Une fois n’est pas coutume. Toutes les femmes sont extraordinaires. Isis, un peu plus car elle ressuscite son défunt, et que par amour se fait faire un gosse, admirable d’amour maternel débordant.
Parce qu’elle n’était pas obligée… quoique! Si! Elle était obligée. Quoiqu'il restait le 3ème frère, Haeroeis. Avec un pareil nom, je comprend qu'elle n'ait pas voulu. Mais la punition... son fils Horus était boiteux!
L'autre fable, celle de la cession de la source... Depuis sa création, bien avant l'invasion de la Gaule, le Vigan a toujours eu besoin d'une source d'eau importante (60 litres à 2000 litres à la seconde en période de crues). Donc, Isis a toujours alimenté le Vigan. Et ceci est l’information la plus importante de cet épisode.
En tant qu’historien je n’ai fait qu’aborder le parallèle entre le paganisme et la chrétienté. Mais qu’Isis, comme femme, n’est pas prise en compte par le calendrier chrétien parce qu’elle est liée à un mythe de résurrection, de commerce des morts et que, en notre religion «moderne», seuls les hommes (Dieu et Jésus étant hommes) peuvent accorder la vie éternelle. Pas les femmes. Et "distribuer la religion" aux mortels que nous sommes!
Isis a donc eu le tort d’être trop moderne avant son heure. Tant pis pour elle.
Il n’empêche, dans «Le Vigan à travers les siècles» , Pierre Görlier note un changement de nom de la source: jusqu’au XVIIème siècle, la source se nomme Fontaine d’ISA ou IZE. Ce n’est qu’en 1861 que Monsieur Lioûre écrit:
La source d’Isis est une source de faille ou de caverne dont l’origine peut être fixée au Nord du village de Bréau, dans le ruisseau de Salagosse, au point de contact du schiste talqueux avec le calcaire primitif.
Isis a donc bien changé de nom. Pourquoi? Pour la christianiser? On ne sait.
Dans l’épisode 4 qui suivra, je l’espère, nous parlerons de la gestion raisonnée de l’eau en pays cévenol et du pourquoi, le Seigneur de COMBRET a acquis le droit de pouvoir polluer notre rivière avec ses élevages de cochons en nous restituant la source d’Isis. Qui ne lui appartenait pas mais qui a toujours fait partie de notre bonne ville.
(1) et pas besoin de fabriquer un phallus pour satisfaire sa maternité!
Le Vigan, le 23 avril en l'an de Grace 2013.
samedi 20 avril 2013
Isis, ô Matterhorn ! - 3
Nous sommes ici en droit romain. Seul, le nom du père compte. Vous me direz... normal? Ne le dites pas aux mères... à ne surtout pas fâcher! Vous comprendrez donc qu’Isis, pour nous viganais, ne nous importe pas. Isis, une source nous donne la vie. Et alors… mais qui nous a donné la source? Cela nous interesse.D’après une information des élus viganais, ce seraient les moines d’Avèze qui font cadeau. Faut croire qu'ils avaient trop bu. Pour d’autres, ce serait le seigneur justicier d’Avèze, Pierre de COMBRET qui octroie cette eau aux moines du Vigan en 1069. Vous me direz que ce 69 pose bien question de positionnement.
Et puis, donner la vie à quelqu’un sans que l’on ne signale le donnateur de la vie… c’est incompréhensible. Comme si ton père n’était pas ton père. Si je ne m’abuse, aucune plaque commémorative, aucun nom de rue au dit Seigneur de Combret au Vigan, sur ce territoire ingrat. Je savais bien qu’en ces lieux on ne reconnaissait personne… Hallucinant! Donne à un âne et tu recevras ta ruade au cul!
Certains me diraient: c’est quoi ce titre de shit? Voyez que l’anglais se prête à tout, me dirait Carole! Ben, j’ai longtemps hésité. Soit je vous parlais de la potière Isis qui confectionne la premier Godededemi… miché. Soit je vous parlais de Madame Isis qui est une spéciale dans ses amours puisqu’elle aime son frère. Vous me direz…. Rien de plus normal. Aimer son frère, sa sœur, sa famille… Oui, mais… elle finit par l’épouser son frérot. Faut le faire! La vilaine, va.
Le titre aurait pu être :
-La potière à Osiris, ou encore La main dans l’argile of God!
ISIS, d’ASET (ou ISET), déesse salvatrice et protectrice, personnifie le siège des pharaons. Elle est donc coiffée d’une sorte d’escabeau à trois marches et sera à l’origine des mariages incestueux des rois-dieux.
Plus tard, elle portera des cornes de vache enserrant un globe lunaire et parfois solaire. Elle est la déesse-mère par excellence et on la représentera donnant le sein au fils d’Osiris, Horus qui combattra le dieu SETH pour récupérer le trône de son père. Isis protègera les rois morts de la putréfaction. Ce qui est naturel!
A l’époque gallo-romaine, elle deviendra la déesse «universelle» de tout le bassin méditerranéen. Elle est épouse et sœur exemplaire dans le mythe osirien qui, à l’aide de sa sœur Nephtys ressuscite Osiris le frère et époux d’isis. Et le temps d’une union naquit Orus.
A l’occasion d’un banquet, Seth construisit un coffre en bois précieux et le donnait à celui qui en aurait les dimensions. Osiris, très grand et très bête (cela allait de pair en périodes pharaonique, il n’est qu’à voir de l’utilité des pyramides), donc cet imbécile se laisse enfermer… et Seth tue le bêta. Découpé en 14 morceaux, tant de points d’horizon, à l’époque. Puis il jeta le tout. A l’égout du fleuve.
Isis, veuve et sœur éplorée rechercha tous les morceaux. En retrouva 13 (voilà pourquoi 13 porte bonheur) avec l’aide obligeante des crocodiles du Nil. Mais il manquait un, le quatorzième (voilà pourquoi 13 porte malheur). Et c’était, comme vous le subodorez, mesdames, le membre viril d’Osiris, mangé par les poissons qui ne pensent à rien. Mais, le roi Phallus (puisqu’il faut bien l’appeler par son nom), ce roi avait eu le temps de féconder le fleuve de sa puissance.
Ce qui prouve à tout le moins qu’une émasculation peut être un bienfait pour dame nature.
Me suis-je bien fait comprendre ? Il s’agit ici, en l’occurrence, d’un mythe, d’une histoire de dieux, déesses, de sexe et d’amour fou entre un frère et une sœur.
Isis se fit donc potière et se résolut à fabriquer un phallus artificiel que nous nommons gaillardement go-de-mi-ché! Avec ses petites mimi-menottes.
Par ce phallus fabriqué, cuit, consacré… elle insuffla le souffle de la vie à Osiris une seule fois, le fit jouir et se fit donner un fils: Horus.
Et ainsi, elle permit d’arranger les mariages incestueux pour perpétuer, par cette résurrection d’Osiris le culte des dieux : les pharaons étaient donc d’essence divine.
A l’époque gallo-romaine, Isis est la matrice, la mère par excellence, la guérisseuse, la protectrice des enfants. Nous la regardons, lactant, portant et donnant le sein à Horus. Nous voyons là le rapport à la vierge allaitant le petit Jésus et les vierges noires de notre midi méditerranéen.
Cher internaute, si j’avais concocté une histoire aussi graveleuse, tu aurais porté plainte contre Rolando, son Gilou, et René aussi. Mais je n’ai rien inventé. Tout est vrai de chez vrai.
Par la suite, nous aborderons la période chrétienne. Merci de nous avoir lu.
En nos Cévennes, dans notre café favori de le Vigan, le 20 avril de l’an de grâce 2013.
PS: l'histoire du Pâtre Pan-pan et Z'Isis sera pour un peu plus tard. Le temps de recharger mes batteries.
vendredi 19 avril 2013
Isis... Nom de nom de source ! - 2
![]() |
| D'après "La baigneuse" - Yoo Choong (2011) |
Cette eau n'est pas polluée ! Je vous béni-dirai, chers élus!
Dans cet épisode, je suggèrerai quelques mots concernant la source d’Isis et son nom. Mais, quoiqu’il en soit, nom de nom, quel nom! Dans le premier épisode sur l’ «historical» de la Source, je vous ai dit me poser en historien. Vous avez bien noté mes remarques importantes. A savoir que les hommes qui boivent de son eau deviennent très amoureux, à tout le moins de leur petit viganais et que les femmes paraissent plus froides. Serait-ce dû à la température des eaux de la source?
Tout de suite après, je fais la remarque que tous les couples très bisous-bécots sont sans aucun doute d’ailleurs et que le fait de boire à la source fait rentrer la brebis dans le troupeau. Vous voyez-bien ici que la tradition, le mythe du berger rejoint la réalité, non?
J’affirme encore que les déambulations des années 60 de ces dames au bras des hommes, les soirs sur les mails, sont liées à la nouvelle mode des hauts talons. Ces dames voulaient imiter Marilyn, Sophia et Gina. Et elles y arrivaient.
Et vous notez, et m’en faites plaisir, la remarque judicieuse concernant l’équilibre précaire de ces dames sur de hauts talons, rattrapé (l'équilibre!) par ces messieurs amoureux en ces années de découverte des corps, de la sexualité et des choses de l’intime… mon Dieu, quelle perspicacité!
Pour aller dans ce sens « des amours », sachez que l’histoire aura retenu une gentille fable des amours d’une vestale nîmoise et d’un gentil pastre cévenol (avézol ou viganais. Nous ne savons, mais…). Et de cet amour serait né un bébé. Je vous la conterai un peu plus loin, dans ma démonstration (au 3ème épisode sans aucun doute).
Nous finissons en demandant si cette eau pure ne serait pas polluée par l’apport d’autres eaux d’une autre source ou d’un autre tonneau. Ou par une méconnaissance du bassin de captation?
Certains me diraient :
-Où est-ce que tu tires ton cidre?… Je répondrai :
-D’observations fines!
Et, je par-ferai ma réponse ainsi : observez le trop plein de la source d’Isis qui se déverse à gros débit entre le Pont en Fer et la chaussée-cascade de Rochebelle. Au droit du bornage d’octroi sur le chemin de la rivière. Une eau perdue. De plus, vous noterez que du cresson pousse dans le canal d’évacuation, alors que, dans les fontaines du Vigan, algues et mousses se mettent à proliférer. Que devrions-nous en déduire?
A chacun son intelligence, sa sagesse : pourquoi autant d’eau pure perdue, non récupérée, ces cressons de pureté et ces mousses dans les griffouls? Nous disons donc, y aurait-il deux sources qui approvisionneraient notre bonne ville du Vigan?
D’où vient ce nom d’Isis ? Oh, tout simplement d’une divinité égyptienne prisée du bassin méditerranéen dont les grecs ont changé le nom. Une déesse égyptienne débaptisée, adoptée dans le Panthéon grec. Et, durant des siècles, personne n’a pensé à d’autres noms pour cette eau. A quoi pouvaient bien penser les chrétiens, nos Pères de l'Eglise?
Oui, mais non. Par exemple, Alexandre, prénom grec, n'a pas été débaptisé.
Vous marquez un point. Sauf qu’Isis… je ne connais aucune femme portant ce nom. Aucune Isis chrétienne, ni de saintes Isis. Strange.
De même, y aurait-il des saints Osiris, Amon-Râ, Néfertiti… alors que nous savons que le christianisme a plus que touché l’Egypte en sa branche copte? Le Christianisme serait-il moins assimilateur des prénoms de chez-nous, d’Ifriqiya (je suis berbère, comme les égyptiens) que des prénoms européens ? L’historien que je suis se pose question. Et réponse il n’y a!
Et pourtant, et pourtant, il existe bien un saint Habib. Vous me direz que, primo cela ne fait pas beaucoup de noms arabes dans notre calendrier chrétien. Et que, secundo, si vous connaissez beaucoup de Durand et Dupont qui désirent donner le joli prénom de Habib à leur rejeton en Francia… on vous dirait que la sainte famille française de chez français ne veut pas mettre un lourd handicap à son môme. Imaginez à l’école :
-Hâbibi, ici, au pied! Habib, ici !
Ou encore, Monsieur Dupont, le père s’énerver après son fils :
-Habib, quand tu auras fini de faire ta caillera (racaille,in good french in the 93).
Pour parfaire votre instruction en ces choses de la religion qui vous passent souvent par dessus la tête, il y a eu, jusqu’au XXIIème siècle, environ 45.000 saints et bienheureux en Ifriqiya, et quatre papes berbères en sont issus.
Mais, bon… ils avaient des prénoms de romains, ceci expliquant cela!
Donc, à l’instar du grand président-philosophe et historien Nicholas le Grec, l’Europe, par son héritage, est chrétienne. Nous disons qu’il a raison en ce qui me concerne mais que beaucoup de pays chrétiens ne sont pas très catholiques. Et même que, durant notre belle histoire européenne, l’inquisition, la traite des nègres (on ne dit pas nègres mais noirs ? Black à la rigueur… ou gens de couleur… ou encore : minorité visible?… je ne savais.), la colonisation, le nazisme et autres joyeusetés… et aujourd’hui la traite des êtres humains, les famines organisées, les croisades à la Bush père et fils… Et le droit d’ingérence des pays riches (chrétiens, non?) sur les pays pauvres (musulmans ou animistes?)… ben, la chrétienté, l’a bon dos.
Non… je n’ai pas dit qu’elle l’avait dans le dos puisque, grâce à François Premier, elle l'a bien devant.
Ayant parachevé cette digression, la question est la suivante: la source porte un nom païen. Pourquoi. Pourquoi personne, ni les chrétiens des premiers siècles, ni les patoisants, ni les catho, ni les proto… n’a pensé lui donner un nom chrétien à cette Isis, ne pas l’avoir rebaptisée, nom de Zeus, par exemple. Je vois très bien :
-La source de Dieu-notre Père, ou de Maria, ou Maria-Magdalena, Las fons, ou encore la Source des Trois-Petits-Cochons-en-Rivière. Mignons!
On a quand même échappé comme nom à :
-Le Trou de Baal, la Source A-Mon-Rat, Les eaux d’Ose-Iris!
Et j’en passe et des meilleures.Vous voyez bien que le nom de cette source n’est pas normal.
La Réforme, et le catholicisme ont marqué les Cévennes. Le cévenol est très religieux, et l’esprit de réforme s’est mieux implantée en Cévennes que sur le Causse, sûrement parce qu’il a fallu s’associer pour lutter contre l’aridité des sols, contrôler et distribuer l’eau, et cette nécessité plus que vitale de regrouper les énergies pour mieux bénéficier de toutes sources de vie, en luttant contre les sècheresses.
Parcimonier, c’est le mot cévenol par excellence.
Et l’eau, cette beauté des beautés, il fallait la préserver bibliquement, parce qu’elle est source de toute naissance, de toute vie, de tout renouveau! Cette eau baptismale!
Or, il faut le savoir, le cévenol seul maître de son rapport à Dieu, accorde une place importante à l’eau et au baptême. Et au Verbe!
Au verbe… Alors, pourquoi n’a-t’il pas débaptisé cette source pour l’appeler, par exemple :
-La source d’Eau Vive, ou les Eaux du Jourdain?
Ou bien, plus beau nom encore :
-L’Eau-de-vie? Que voilà un beau nom.
Dans le troisième épisode, nous vous conterons l’histoire du Pâtre Pan-pan et de sa Vestale coincée du Vestibule, la belle Z'Isis! Somptueuse historiette d’amour cul-cul avec de petits agneaux, de petits cochons en rivière, une source pure, de la religion, de la beauté des prêtresses, et d’autres bellâtres et belletés.
Et belle visées et enjôleries!
Et peut-être aurons-nous l’occasion de nous étonner de l’ingratitude des hommes lorsque quelqu’un leur donne la vie, gracieusement.
Ah, du nom de la source et des ingratitudes, nous vous tiendrons informés. Merci bien!
En nos « Cévennes ce 19 avril de l’an de grâce 2013.
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Illustration: d'après la "baigneuse". Yoo Choong (2011).
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