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mercredi 17 juin 2015

Le vin de noix !


Messieurs, à vos noix !...

... car c'est le moment ou jamais. Pour quoi faire ? Mais, pour confectionner le vin de noix prisé de toutes maisons cévenoles. Vous ne le tirerez point cette année et, ainsi, il n'en sera que plus gouleyant après la période hivernale !
Certains, plus pressés que connaisseurs voudront ranger leur vin au réfrigérateur pour se le siphonner bien trop tôt, iconoclasme que nous ne recommandons pas.

Ici est la recette de René BOUSCHET (R&B) qui le dit bien : 
-« Pour moi, c’est déjà fait ! »
Oui, René, à nous complaire il fallait bien que tu nous les brises menu-menu, ces noix !
                    
Vin de noix

Ingrédients (pour environ 5 bouteilles de 75 cl):


- 3 bouteilles d'excellent vin rouge de 75 cl,
- 40/45 noix vertes avec leur coque (cueillies entre le 15 et le 30 juin - la tradition dit : " le jour de la St Jean ",
- 5 clous de girofle ou un petit bâton de cannelle,
- 2 gousses de vanille (à ouvrir verticalement avec un couteau pour que la pulpe soit bien en contact avec le liquide),
- 1 litre d’alcool de fruit 40-45° (dans toutes les grandes surfaces) … ou de vraie "  blanche "  de distillation " pirate " à 80-90° (si vous avez la chance d’en trouver encore !) à couper à 50 % (50 cl de "  blanche ", 50 cl d’eau plate pure),
- 1 kg de sucre en poudre.

Préparation:

- Couper vos noix en 4 (ne pas hésiter à mettre des gants de ménage pendant l’opération,
  sinon vous en avez pour 2 semaines de mains jaunies par le tanin des noix !)
- Mettre les morceaux dans un toupin en terre vernissée (ou grand bocal) avec tous les ingrédients cités plus haut et poser une assiette sur le dessus du toupin qui fera office de bouchon. Bref : ne pas fermer hermétiquement
- Laisser macérer 2 mois en remuant de temps en temps à la cuillère de bois pour bien dissoudre le sucre 
- Après cette période, filtrer au chiffon, mettre en bouteilles, boucher hermétiquement et
  tenir au frais dans une pièce sombre.

Consommation:

- Attendre 1 an avant de déguster... Plus vieux, avec modération, en belle et bonne compagnie, meilleur le vin tiré sera ! 

mercredi 4 décembre 2013

Cher oignon, doux et peuchère*! -1.


L’oignon doux des Cévennes, ce luxe se trouve bien chez-nous et n’accepte sa culture que sur nos terrasses cévenoles. Pas ailleurs. 

Ce produit recherché s’écoule jusqu’à 6 euros le Kilo tout en produisant une pollution catastrophique des sols par les eaux issues de cette monoculture.

Eh, oui… Messire oignon doux nécessite beaucoup d’eau. Donc, il a été décidé de disposer des bassins de recueil des eaux de pluie d’automne dans la montagne pour assurer l’autonomie d’arrosage et diminuer ainsi  la pression de prise d’eau dans les rivières.
Un bienfait étant souvent cause de malheur, la culture a pu s’étendre sur les hauteurs augmentant encore plus la pollution dans le bassin versant, en contrebas.

Vous me direz : quoi de plus normal que de cultiver sa terre ? C’est vrai, mais la terre plus basse n’est pas vôtre et vous la polluez par vos cultures démentes. Cultivez du Cannabis, moins polluant à long terme, sauf si on le fume et si on conduit son véhicule.
En plus d’une gabegie en eau pour tenter d’étancher son insatiable pépie, l’oignon doux ne supporte pas les mauvaises herbes pour la raison qu’il n’arrive pas, avec ses fanes, à recouvrir l’ensemble du terrain. 

Et comme on serre les oignons en rangs d'oignons, on ne peut faire entrer une petite moto-bineuse pour désherber. Conclusion de cette culture intensive ? 
Simple à comprendre ! Les herbes l’étouffent, et l'oignon crie :
-Au secours, Monsanto… des herbicides ou je vais finir asphyxié.
Mais, ce n’est pas la fin de nos malheurs :

L’oignon doux ne supporte pas les champignons, vecteurs de pourriture. Et, là encore :
-Aïuto, Mio Sancto. Je ne veux pas pourrir. De l’antifongique, à piacere !
Alors, les mousses se retrouveront dans les terres et la rivière. Et, là-bas le fleuve Hérault, et plus loin, Agde et la Méditerranée. Et comme dit si bien la contine anglaise:
-Mais, on s’en fout d’attraper la pécole*, et l’on s’en fout car ce n’est pas chez-nous.
 Et la misère continue.
*Pécole, je sais ce que cela signifie, et cela devrait vous suffire. Allez. Je vous explique : c’est une maladie de l’oignon lorsque sa peau se décolle.

L’oignon doux nécessite encore plein de nourriture. Il faut le gaver en oie, en canard. Et alors :
-Notre père, donnez-nous des engrais mais surtout pas de fumier grand pourvoyeur de champignons et d'herbe.
-Mein Sanctus, de l’engrais chimique encore pour grossir. Une montagne de polluants.

Sans oublier la mouche de l’oignon. Dès qu’elle pique, il crève. Galère, n’est-ce pas ?

Mais, alors, me direz-vous, est-ce juteux et avec un prix de revient aussi élevé, où la voyez-vous, la rentabilité ? 
Elle est d’abord bon bled *sonnant et trébuchant pour Monsanto, avec tous ces camions de produits toxiques qu’il vend aux producteurs. On dit paysan ? Non, parce qu’ils produisent de l’oignon industriellement. C’est donc de manufacture, d’usine à oignon, de production qu’il s’agit, ici.
*bled, ancienne écriture de blé qui signifie aussi argent, pognon, quoi ! 

La culture de l'oignon doux étant endémique, seules les Cévennes peuvent écouler et vendre cher toute tant la demande est grande. Vendre ? Ecouler ? 
S’en débarrasser plutôt car, gavé d’eau, Messire Oignon est sujet à la pourriture et ne se conserve pas bien. C’est le moindre de ses défaut, sans compter ses propres polluants internes !

Aucun produit agricole n’étant plus rentable en Cévennes, les fabricants d’oignon « oublient » d’assoler cette culture intensive. Donc, pas d’alternance sur de grands territoires signifie à court terme une catastrophe écologique majeure : pollution doublée de maladies nouvelles, impossibles à endiguer, qui se feront jour, pourrissant encore plus notre oignon doux.
Rappelez-vous que seul l’assolement aura permis de limiter les dégâts de la pyrale du maïs. 

Le biologique dans la culture de l’oignon doux. J’ai rencontré, en stop, un paysan du coin (du Prat) qui met au point, avec des collègues, la culture biologique de l’oignon doux. Ce n’est pas gagné mais c’est en bonne voie. Je vous l’assure. Les politiques, régulièrement consultés regardent ailleurs tout en se servant chez ces producteurs le plus biologiques possible. On peut regretter que les politiques pratiquent une gestion parcimonieuse d’un risque  certain… estimant qu’à chacun sa démerde, nom d’un petit bonhomme !

Mais, chut. Ne disons pas de mal de l’oignon cévenol. Car, oui, cher visiteurs de nos coins, qu’elle est belle cette terre cévenole rasée, comme hersée de la veille, vide de toute herbe, en toutes saisons, sur laquelle des pollueurs cultivent, avec de gros contingents de produits industriel, la tristesse de nos Cévennes. 
Voilà pourquoi, j'ai désiré vous présenter l’oignon doux, ce beau merdum* qui apporte beaucoup de pognon, pour certains et prépare un avenir riant pour nos enfants. Une façon de s'oindre l’oignon tout en nous le touchant !
*Merdum, terme latin pour désigner, par exemple, une crotte de bique qu’un gentil marmouset voudrait vous offrir tel un bonbon.

Mais, qu’ils la brutalisent, cette terre qu’ils disent aimer, nos cévenols de l’oignon doux, une terre agricole de France qu’ils ont travaillée à la mode Monsanto. Travaillée, maltraitée ? Avec Monsanto, qu’importe ! C’est fait, mais ça n’avait pas à être fait aussi mal.

Alors, cette pollution pharaonique gravite, par tous cours d’eaux pour la plus grande santé de tous poissons et riverains.
Les hérons cendrés de nos cours d’eau sont les seuls à se plaindre de la disette : plus de poissons. Mais les canards s'en réjouissent : mousses et algues prolifèrent. Et après ?
Maintenant, le combat sera d'obliger les décideurs à édicter les mesures pressantes pour protéger le consommateur des agriculteurs, et ceux-ci d’eux-mêmes des dangers de cette monoculture.

Mais alors, la culture bio de l’oignon doux, comment ça marche ? C’est simple et compliqué. Cela demande de la recherche appliquée. Des cultivateurs intelligents s’y sont attelés. On cueille des plantes, telles l’ortie, je crois, et plein d’autres dont on fait des « purins ». Les mêmes que les politiques.
Pour combattre la mouche qui fait péter l’oignon par sa piqûre on plante des rangs de carottes sacrifiées aux mouches qui s’en régalent. Faut voir après usage, l’état de la carotte. Mais, l’oignon est préservé de ce parasite.

Pourra-t-on commercialiser ces « purins » écologiques ? La recherche pour une agriculture raisonnée, à défaut d’être parfaitement biologique, avance. Ensuite, il faudra faire sauter les verrous que pose Monsanto. C’est ici que se situera la lutte finale contre cette pollution inacceptable de la culture de l’oignon doux en Cévennes. 
Hollande chéri, à tes starting-blocks.

Que Monsanto nous lâche la grappe. Ras-le-bol de la pollution et des brevets sur le vivant.
Le Prat, près de Pont-d’Hérault, ce mercredi 4 décembre de l’An de grâce 2013.

samedi 26 octobre 2013

Les Champignons cévenols*.


Durant ce mois d’octobre, avons privilégié nos amours avec Fanny et le farniente qui satisfait et que, plus vous pratiquez, plus vous avez la cagne (ce plaisir divin de la paresse).

 Le cagnard, c’est le soleil et, lorsqu’on s’y étale trop, ou à son ombre on la chope, la cagne. Choper ou attraper.
Ainsi, occupé à lézarder, rien pas même mes amours épisodiques ne pouvaient plus m’obliger à me lever pour m’agiter. Rien, à part les champignons, les cèpes et les divers bolets comestibles, les giroles (régal des dieux), les lactaires  (faut vraiment aimer. Moi, je donne les "délicieux" Sang-de-Christ), les pieds-de-mouton, et les trompettes-des-morts !
Les cèpes ? J’en offre plus que ce que j’en mange : j’ai trop d’amis. Et pour cela, mes cueillettes de champignons sont souvent une opération blanche. Enfin pour moi.

Fanny n’aime pas trop la forêt et ses pins-crochus, les bois de hêtres et l’altitude, vers les 1300 mètres. Donc, parfois seul, ou même avec Americo, on se rend à la montagne du Lingas, après les cols de la Brou et du Minier, vers le lac des Pises. On n’y a pas trouvé beaucoup de cèpes, mais suffisamment pour manger et donner.

Un matin, nous nous dirigions, par la route de Mandagout, sur la Lusette. Par les chemins forestiers, j’ai failli laisser ma vieille Peugeot sur la draille du sommet de Cap-de-Côte, près l’ancienne route du Vigan à Mende (la Royale).

Oui, faut le vivre, ce truc de fou avec ces pierres énormes, des trous partout, une descente impressionnante. Il aurait fallu un 4X4. Pas moyen de reculer. Des ornières, que je ne te raconte pas à péter tous les carters d’huile de la terre. Surtout que ma garce de bagnole, ma 309 adorée a le cul bas. 
Americo, descendu de voiture pour l’alléger, me désignait les meilleurs endroits de passage. A un moment je me suis enlisé. Sans une poussette au cul, je restais sur le carreau. Quand nous avons réussi à rejoindre la route, il y avait un monsieur seul avec son Kangoo Renault hilare qui nous a vus déboucher de cet endroit du diable Vauvert…

-Dites donc les gars, faut le faire !
-Ben, oui ! A Peugeot, rien d’impossible. Vous, c’est Renault ? j'ai dit au gentil ramasseur de champignons :
-Tant qu’il y aura des Renault, il y aura des mécanos ! Ce qui l’a fait rigoler.

Après cet intermède, on a pris le chemin forestier vers les Cascades d’Orgon. Ce jour, c’est Americo qui a trouvé tous les champignons, en bordure d’un petit cours d’eau qui serpente ou dévale de la Lusette, cette montagne qui partage les eaux des bassins versants méditerranéen et atlantique. 
L’Orgon, lui, va se jeter, par le Coudoulous et l’Arre dans l’Hérault, après avoir débuté son cours par une grande cascade encadrée de blocs géants de granite avec, au dessus de sa chute, un petit pont pour mieux l’admirer.
Vers midi, notre luxe : déjeuner seulement troublé par le bruit de la cascade et de malencontreuses guêpes, avec pain frais, pâté, saucisson, pélardon, le tout pris sur une petite corniche dominant la chute, les vallées du Coudoulous et de l’Arre. Au loin le Causse et, à notre droite, ce rocher, si caractéristique en ses plissements, de Sumène.

Plus, une bonne fillette d’un 3/4 de litre d’excellent rosé de Costières de Nîmes qui, à près de 1300 mètres d’altitude te bourre le pif, faut voir comme. Après cela, si tu trouves la vie monotone, triste, c’est que tu n’es pas normal.
Quelques jours plus tard, les champignons sont descendus de la montagne à cheval. Et c’est au dessus de chez-moi que je suis allé les cueillir. 
Mes boletières ? Pas question de les dévoiler.

Une autre fois, je suis retourné seul vers Montals, dans la hêtraie, les sapins et les épicéas ou je me suis quelque peu perdu. Comment ? Si je le savais, je ne me serais pas perdu, n’est ce pas ? 
J’ai dû faire plus de 10  kilomètres pour retrouver ma bonne vielle bagnole, m’orientant difficilement à la montre. 
Trop de brouillard.  Trop.
Fallait suivre les ruisseaux ? Effectivement qu’ils se dirigent vers la Méditerranée. Sauf si tu passes les crêtes et qu’ils coulent vers l’atlantique mais, coquin de sort, soit il n’y en a pas partout, soit des canaux ont été tracés par les forestiers, soit ils arrivent à muser en changeant de direction. Et, pour corser le tout, la récolte de cèpes a été bien maigre.

Ah, oui. Pour s’orienter avec une montre, il faut retrouver l'heure du Soleil (on en enlève une en été, deux en hiver, en France), diriger la petite aiguille sur le soleil. La bissectrice de l’angle formé par la petite aiguille et le 12 du cadran vous indiquera le sud.

De le Vigan de l’an de Grâce 2013. Pour le nord, comment fait-on ? 
Ben... eh bien, je ne sais car je marche toujours au sud.

PS: Faire frire les ceps dans un peu d’huile. Surtout pas d'huile d'olive. Sel, poivre. Avant de servir, de l’ail frais coupé finement. Servis avec des pommes de terre frites en rondelles. Pas d’oignon. Surtout pas. Encore moins d’omelette.
Soit je mange mes cèpes, seuls, après les avoir laissé refroidir, à l’apéritif. Quant aux girolles ? Ce sont mes préférées.

Sur la photo proposée par René BOUSCHET (R&B) : Fais gaffe môme !... si tu soignes pas ton acné, t'as aucune chance de te faire ramasser !

mardi 20 août 2013

samedi 18 mai 2013

Quand le soleil va revenir*...

-Si on se faisait un petit graillou dans la nature !?...
-Rien à rajouter, René. Le truc est génial. Je ne connaissais pas.
-Tu crois que la tronçonneuse, c'est pour les feignants ? Que le coin et la masse seraient mieux ? C'est vrai que c'est plus écologique, Gilou !
-Ben, je veux, mon René que c'est plus écologique !
-Plus écologique, oui, mais non, Gilou, je rigolais ! La tronçonneuse est impérative car elle ne va pas à fond du billot ce qui permet de le maintenir durant la combustion... Un âne, tu es un âne Gilou !

                                                                 Amitiés de René.

-J'avais pas compris. Mais comment tu fais l'allumage... Ben oui ! On va nous demander !
-Ben... tu fais comme moi : tu dis "amitiés" et chacun se débrouille avec du coton imbibé d'alcool, du méta... C'est comme on peut !
 
Sans paroles... et bon appétit !

jeudi 11 avril 2013

Chemin de la rivière...

Juste pour rendre l'article de Gilou un peu plus nostalgique...

 
Et au bon air, tu peux (pouvais !?) même casser la croûte !

par René BOUSCHET (R&B)