samedi 4 février 2017

Une pause... - 4

10 avril 85. Je viens de rentrer de Varengeville. Tiens, l'autre cahier, celui près de la télé est légèrement déplacé. J’y ai lu ton mot. Tu m’as attendu jusqu’à 18h30. Pendant ce temps j’étais au Normandie. A deux cents mètres de toi. Merde. Tu ne pouvais pas m’avertir hier soir, rapport à ton mari, ni passer par Bruno qui travaillait avec moi ni par sa femme en vacances avec les gosses chez les beaux parents. Personne pour tenir la permanence téléphonique. Tu as essayé vers 13h, oui mais on mangeait avec les patrons, des parisiens. Et moi qui, toute la journée n’étais pas loin de chez toi. La poisse. Tant pis.

Une pause…
On a eu journée à 17 heures. Ensuite, j’ai acheté ma baguette Grand Rue et passage obligé au Normandie pour une partie de tarot. Y avait longtemps. Et avec de bons joueurs. Manquait Roland qui se trouve lui aussi aux Aubépines. Il sort demain. Si j’avais su. Enfin, je suis allé faire rigoler notre recollé qui a particulièrement apprécié ma visite. Je suis plus salaud que les autres pour le faire rigoler. Un compliment de sa part. 

Une pause…
Parfois, je me demande pourquoi j’écris tout ça dans mon journal intime surtout que je te le cache pour que tu ne lises pas. Tu risquerais de tomber de haut. En plus, je fais des confusions et j’ai l’impression que ce que j’écris, c'est comme si je te le disais. Ou te l'avais dit ? Mais, ça ne se peut pas, et même si ça se pouvait, quand tu viens à la maison on a toujours la tête à des riens et autres bagatelles urgentes à réaliser.
Quand je te disais que l'urgence, c'est le lot de tous les plombiers, les bons et les mauvais.
Tiens, parfois j’ai le sentiment d'être le capitaine d'un navire sans équipage qui laisse "traîner" son journal de bord toujours à la même place. A-t-il été déplacé ? Ce serait signe de vie à bord. C'est une des première chose qui m'intéresse après avoir donné à manger à Tibère : juste pour savoir si tu es venue et mis un message, et moi qui te fabrique de belles histoires pour dire tout mon plaisir à vivre ma vie seul. Une honte. Un leurre, de pieux mensonges qui accompagneront le bateau en sombrant avec. D'après Bruno. Mais il se goure, je le sais. 

Une pause…
Tibère, mon sirop de la rue m’attend ferme encore ce soir. Tu penseras que c’est normal, mais moi ça m’inquiète. Dans ces cas-là, après s’être frotté contre mes jambes pendant que je sors mes clefs, dès que j’ouvre la porte il entre le premier pour se précipiter sur sa gamelle. C’est lui le patron. Je le lui laisse croire parce que ça me rend heureux qu’il miaule pour me dire bonsoir. Au moins, je peux parler à quelqu’un chez-moi et je lui dis toujours : "Après vous, cher ami. Je vous en prie." Il me comprend car il n'en attend pas moins de moi. 

Une pause…
Hier, j’ai fait macérer une daube pour quatre à cinq jours. Ce soir, je la cuis à la cocotte-minute à feu doux. Plus rapide, mais une erreur quand même à cause de la buée. Faut ouvrir la porte et la fenêtre pour aérer, et dehors, il fait froid. J’ai fait comme tu as dit : ne pas saler pour que la viande ne durcisse pas. A mi-cuisson rajouter un bouillon-cube bien écrasé. J’en ai mis deux. Elle sera meilleure demain, réchauffée. Avec des nouilles, ou mieux, des pommes de terres à mi-cuisson. Mais, les nouilles, pas besoin de les peler, je suis célibataire, rappelle-toi.

J’ai bien mangé à midi. A quatre heures trente, avant notre départ les clients nous ont offert le thé et plein de biscuits. Pas faim ce soir mais faut que je mange. Je me contenterai d’une soupe en sachet ou non, d’un camembert, d’une côte du Rhône et d’une baguette entière que j’ai achetée dans le Grand Rue. La meilleure boulangerie de toute la région. Un véritable gâteau.
Non… pas la soupe.
Tibère n’a pas demandé à ressortir ce soir. Pourtant, il ne fait pas trop froid, alors on s’est mis au lit, en amoureux. Y a des miettes sur le drap. Faudra que je les enlève avant de dormir. 

Une pause…
Soirée télé qui débute par les infos. France 3. Pendant que je mange mon sandwich. Bordeaux se prend la raclé par la Juventus. Déjà deux buts. Normal, c’est à Turin. Un but de Boniek entre les jambes du gardien, un de Briaschi parfaitement valable même si on pourrait croire qu’il bouscule un défenseur bordelais. L'arbitrage est parfait.
Quilès met en place pour septembre le contrôle des voitures de plus de cinq ans. On parle de retirer la carte grise aux véhicules non remis en état. Coût, 250 francs. Merci pour les pauvres. Je suis content de n’avoir pas voté en 81 pour Mitterand. Ton président va nous en faire voir de toutes les couleurs, ne t’en déplaise.
Gattaz reçoit la CFDT. Ca évite aux socialos de légiférer. Belle astuce. Manufrance, la Grande Dame est liquidée. Tout un symbole ouvrier qui disparaît.

Une pause… 
... le dernier but après une longue passe de Cabrini à Boniek à l’aile gauche qui fait son petit festival de dribbles, entre dans la surface de réparation et, d’une passe tendue sert Platini pour une belle reprise de volley qui trompe Dropsy sur son mauvais pied. Enfin, il m’a semblé.

Une pause…
Soirée lecture. Pas de télé, Tibère préfère le silence. Christine m’a prêté un bouquin, « Gros Câlin » d’Emile Ajar. Une amitié entre un homme et un python. Moi, tu le sais, des soldats dans le Sahara, comme « Fort Saganne », je préfère.  Heureusement que j’ai lu le livre après avoir vu le film. Je ne dis pas que je n’ai pas apprécié le film… Enfin, Christine connaît mes goûts. En plus, elle me dit que je serai emballé. Autant par le sujet que par l’écrire. Légère, surprenante. Et le meilleur bouquin qu’elle aurait lu depuis longtemps. Si elle le dit. Je lui accorde 10 pages, à Ajar, pas plus. Si ça me plaît, je t’en parlerai, sinon, soirée télé jusqu’à la fin des programmes.

Reprise des cours jeudi 11 avril. Tu viendras. Chic, des problèmes.

jeudi 2 février 2017

Magouilles blues...

 

Rachida Dati serait la taupe qui aurait balancé Fillon à la police, mais ça m'étonnerait, pas son genre. Le coup viendrait-il d'un bon ennemi ? Possible, mais qui s’abaisserait aussi bas ? Par contre, une femme trompée après une confession sur l’oreiller aurait ma préférence, quoique difficilement crédible car, si on peut la jalouser, la beauté de Pénélope la met à l'abri de tout mal. Et qui la cocufierait serait un bel abruti, n'est-ce pas François ?

La question reste pendante. Une traîtrise de Sarkozy ? Allons donc ! D’Hortefeux ou de Marine Le Pen ? Incroyable, mais alors, me diriez-vous qui aurait pu se compromettre à une telle bassesse ?
Si je n’avais une confiance absolue en Macron, je vous l'aurais bien désigné du doigt même si certaines langues compatissantes nous serinent qu'Emmanuel se trouvait à la tête de Bercy, le plus important service de renseignement du monde.

Ne resterait que la solution "pas de chance" d’une dénonciation en bonne et due forme d’un syndicaliste CGT du Ministère des finances… ou du budget. De FO ou de la CFDT ? Non, non, ne parlez pas de calomnie car le quidam n’aura fait que son devoir de fonctionnaire avec les documents attestant ses dires et en signant son propos.

De même, mon René, François Fillon ne pouvait-être ce faux-cul que tu stigmatises par ton dessin… tiens, j’adore tes tons de bleu-rouge, les plus beaux, les plus simples à obtenir naturellement à la fin de toute vie, politique ou non.
Entre-nous, méfiez-vous des croque-mort qui vous conseilleraient un drap bleu plus adapté au teint du mort, il coûte vingt fois plus cher et, quand on sait que le blanc reprend le dessus... Aussi, disons pour ne fâcher personne que Fillon n'est pas blanc-bleu et qu'il mérite de payer d'avoir eu les yeux plus gros que le ventre ! Eh, oui, François il faut rendre quand on a mangé à "sadoul".

Oui, René… Fillon voulait régulariser la situation de sa femme mais, trop pris par la primaire il aura oublié. Ne peux-tu comprendre ?
Pardon, tu dis que seule la justice peut "rectifier" une "inadvertance" ? Par une condamnation ? Qu’estamper la république serait un délit ? Et que la gravité tient, non au fait que Fillon ne pouvait ignorer la loi mais qu’il aurait augmenté sa faute en étant au service de la République ?

Honnêtement, tu penses que je ne savais pas que Fillon servait la république pour se sucrer au passage ? Tu crois ça ? Avais-tu besoin de me le rappeler ?

mercredi 1 février 2017

Faut-il peiner lope !?...

Monsieur René Bouché, je ne comprends pas que vous ayez osé participer à cette campagne de calomnie immonde contre monsieur François Fillon et sa dame. Les français ne vous suivront pas. Pourquoi ? Mais parce que cette affaire se dégonflera comme toujours et que le droit au travail est inscrit dans la Constitution française, et son entrave punie par la loi.
 
Madame Pénélope Fillon pouvait travailler pour qui elle voulait, même pour son mari, tout en étant rétribuée légalement. Reproche-t-on à ces personnes parfaitement honnête d’avoir caché leurs revenus au fisc ? Non ? Alors, où la voyez-vous la triche ?
Par contre, Monsieur Bouché, lorsque des millions de français travaillent au noir en se permettant de toucher le RSA, vous oubliez de vous fendre d’un dessin. Avez-vous comptabilisé les sommes ainsi détournées ? J’en doute.

De plus, vous savez que Madame et Monsieur Fillon seront blanchis par la justice et représenteront la France à la Présidence de la République. Pariez-vous avec moi ?
Aussi, Monsieur Bouché, un peu de décence, je vous prie, l’insulte ne vous va pas. Ni ne grandit la France. 
                                                        
                                                                                                                   François F.

Réponse de René Bouschet : Merde !
       

Qui veux gagner des Fillon !?...





Dis-moi, René, cette histoire de Pénélope et d’Ulysse, son époux, n’a-t-elle pas déjà été contée par Homère ? Ne fut-elle point cette reine vertueuse dont le mari, le rusé Ulysse fit construire le cheval de Troie et que la guerre éloigna trop longtemps de sa femme ?

Il était une fois un monsieur, (appelons-le François, Homère nous en saura gré) qui avait malheureusement survolé ses classiques. Coureur automobile n’aimant que les petites anglaises, il épousa Pénélope et en fit son copilote.
Au rallye de l’Élysée, il fit de belles déclarations vertueuses avant la course : pas de queues de poisson, pas de touchettes, pas de carburant frelaté, transparence totale sur le sponsoring, mais surtout, pas de pots de vin, sauf à l’arrivée pour fêter la victoire.

Beau et vertueux, ainsi se présentait notre Ulysse. Quand à Pénélope, une splendeur ! Un canon. Une beauté. Elle ne pouvait moins étant la cousine d’Hélène de Troie. Et moi qui avait entendu dire que les petites anglaises sont souvent moches, qu'elle pétarades trop et se tiennent très mal surtout sur la route.
On se demande encore pourquoi Ulysse obligea sa chère et tendre reine Pénélope à travailler en cachette, à moins de ne tisser son linceul, seule Madame Balkany étant autorisée par son mari à se fatiguer… vous comprenez ?

Donc, le rusé Ulysse fit promettre à tous les prétendants à l’Elysée qu’ils s’uniraient pour défendre celui qui recevrait le plus de suffrages pour devenir leur champion dans cette course à l'échalote, mais que tous seraient vertueux…

- Pardon, je m’égare ?
- Si je comprends bien, pour la primaire de droite il fallait être propre comme un sou neuf ?
N'importe quoi ! Propre... Revenons si vous le voulez bien à François. Survoler ses classiques fut son malheur. Il oublia qu’il convenait impérativement de se déguiser pour parfaire sa ruse, lui qui était pété de tunes et n'avait pas besoin d'user la beauté de sa Pénélope dans de vulgaires travaux d'aiguille rétribués maigrement au black. 
Et voila la fin du dernier acte : tous les prétendants floués par le rusé personnage se réveillèrent et hurlèrent à la mort comme les loups qu’ils ont toujours été.

Moralité ? Nul ne peut contraindre son prochain à l’honnêteté s’il n’est lui-même vertueux, et quand bien même. Et surtout, quand on recherche les feux de la rampe telle une éphémère, gare à ne point brûler trop vite sa petite vertu : il ne resterait plus rien de vous.

- My dear Ulysse, lick your wounds, have a good time far from l’Elysée with the 800.000 euro of hard earned taxpayer embezzled by Penelope.
And so long ! Without hard feeling.

René, Gilles, Fannie, Ménie, Pierrot, Americo, Rolando, Markus, Youcef (ou Youssef), Sarkozy, Macron, Marine et Hamon.

Hamon émerveille !?....



Revoilà le crobard

Mon cher René, après une mauvaise manipulation j’ai supprimé ton dessin. Pierrot, à côté de moi s'en amuse. Tu le connais : quand il s'ennuie ferme le matin, il se pointe toujours pour me taxer un ou deux cafés de Gorge Clooney. Quand tu sais ce que valent ces capsules, la peau des fesses, on ne peut pas dire comme lui :
- On s’en fout, on rigole... mais ton café est bon !
Je veux, oui surtout que c'est toujours moi qui paie.

Samedi,  jour du marché mon amie Françoise m’a demandé si j’allais voter pour les primaires socialistes :
- Ça va pas la tête ? Tu m'as bien regardé ?
- Eh bien, moi j’irai bien voter mais il me manque 1 euro.
- Si je te filais la pièce, tu voterais pour qui ?
- Mais, ça ne te regarde pas.
- Ben voyons ! Je te sponsoriserais, et toi… Mais, c’est vrai, tu es libre de ton choix. Par contre, dans le cas ou il se porterait sur Benoît Hamon, je ne dis pas...
-Où tu me donnes un euro et tu ne me demandes rien, où tu le gardes… où tu votes pour Hamon pour être sûr.
René, encore une rencontre de jour de pluie.

Lundi matin, j’ai revu ma Françoise qui affirme avoir voté avec mon euro pour Hamon, mais comme le vote est secret, j’espère qu’elle n’aura pas porté "ma" voix sur Manuel Valls. Ce serait le gag !
Notre Manuel national ? Une détestation. Tiens, je me console car, même si elle avait choisi Valls, ma voix ne lui aura servi en rien. Merci mon Dieu !

Et Pierrot qui se réveille : 
- Encore une gentillesse, Pierrot ? Tu préfères un café ?
- Américo ne se trompe pas : Gilou, tu es un bel abruti à gaspiller ainsi ton argent !

René, ne supprime pas la remarque quelque peu désobligeante de Pierrot. Il n'aimerait pas. Et puis, entre-nous, ne serais-je pas un tout petit peu bébête d’avoir perdu cet argent que j’aurais pu placer avantageusement dans la Française des Jeux ?
Moi, je n'entrevois pas d'autres solutions pour m'enrichir à millions comme Pénélope et François qui n’ont eu que la peine de se tourner les pouces toute leur vie pour la gagner honnêtement sur notre dos.

René, à aider les socialistes français à remplir leur cagnotte, faut pas avoir le sens bien orienté. Tu me diras que pour ce qu’ils en font, mais Hamon, Hamon, qu'en penses-tu ? Et du petit Macron ?
Petit ? C'est vrai que l'ex-banquier Macron ne sait faire du pognon pour lui qu'avec l'argent qu'il te prend sans le rémunérer et te prêtera ensuite à des taux exorbitants. Paraîtrait même que les banquiers jouent en Bourse et à la Française des jeux. Vrai de vrai !

Mince alors, ces types risquent à ta place ton bel et bon argent et te refusent ce tout petit frisson quand du découvres que tu as gagné un euro. Simplement en grattant de l'ongle du pouce. C'est vrai que pour y arriver, tu auras placé dix euro. Gain ? Moins 9 euro. Et comment les regagner ? En regrattant, évidemment.
Donc, à force tu te ruines sans que l'Etat ne vienne renflouer tes pertes inconsidérées, toi qui n'es pas banquier.

Hamon, voter pour lui ? Et pourquoi pas sachant qu'il faudra bien choisir parmi tous les porteurs de casseroles. Pas un pour sauver l'autre, sauf peut-être Hollande… (long soupir !)

mardi 31 janvier 2017

Claire-Lise, ma soeur.


Claire, ma sœur kabyle s'en est allée lundi 30 janvier 2017 à 0h39, aimée et entourée jusqu'à la fin. Après avoir souffert longtemps, elle s'est éteinte doucement comme une bougie. Aussitôt, tous nos amis, nos parents, nos enfants, comme par magie l'ont rallumée dans leur cœur.

Ma joie fut de chanter, parfois à deux voix nos cantiques des « Ailes de la foi », elle qui, s'étiolant de jour en jour déplorait d'avoir perdu la beauté de sa voix.
Lorsqu’elle se reposait entre deux hospitalisations, j’amenais ma toute petite guitare électrique, celle que j’ai ensuite offerte à Yasmine et je l'accompagnais.
- Ne joue pas trop fort.

Nos chants ? Splendides sauf qu’ils s’appesantissent trop souvent sur la mort, la souffrance du Christ. Aussi, lorsque je tentais d’éviter un couplet trop mortifère, elle…
- Non, Gilles. Tu as sauté un couplet. On va le chanter…
Au début, nous chantions en pleurant.
- Claire, veux-tu que j'arrête ? 
- Surtout pas !

À l’hôpital, lorsqu’elle fut assommée par la morphine, je chantais encore et encore persuadé qu'elle pourrait ainsi se retrouver toute jeunette à Yakouren, notre paradis perdu.

Elle n’aurait pas apprécié, mais alors là, pas du tout que je parle en bien d'elle. Par contre, elle n’aurait pas manqué de remercier le personnel de l’hôpital du Vigan et particulièrement l’infirmière Corine et l’aide soignante Danielle qui, dans la nuit l’ont lavée aussitôt pour effacer sa souffrance puis habillée et pomponnée pour la rétablir plus qu’en son humanité, en reine de toutes les bontés.
- C’est vous qui avez choisi cette robe bleue ? Non ? C’est elle ? Nous vous la ferons belle. Vous verrez.
Et nous avons apprécié. Je n'ai malheureusement retenu que ces deux prénoms de toutes les soignantes. Je m'en excuse. Je rajouterai les autres prénoms si on me les fait parvenir.

Une cérémonie funèbre funéraire se tiendra au temple réformé du Vigan, à la chapelle évangélique ou à la salle Wesley ce mercredi 1er de février et sans doute à 15 heures. Je n’y assisterai pas, non parce que je suis encore trop en colère contre Dieu et les hommes mais qu'à trop chanter avec Claire-Lise, je déraille depuis. 
De ma tristesse ? Je n'ai plus de larmes à verser car, depuis la Noël, seul, tous les soirs, en cherchant les cantiques les plus doux, je n'arrêtais pas de pleurer en demandant à Dieu qu'il fasse cesser le plus vite possible le calvaire de ma petite sœur.

                             Julie me représentera et chantera pour moi.

                                                           Gilles

***
                                                   
Notre cantique préféré, le 518 des A.F. Musique J. Beer. Parole Marcelle Perrenoud.
O Toi qui donne la vie,
A tes pieds je veux m'asseoir,
Comme s'asseyait Marie
A l'heure douce du soir,
Comme s'asseyait Marie
A l'heure douce du soir. 

Mon être entier te réclame;
Tout n'est que faiblesse en moi,
Viens te pencher sur mon âme,
Elle a tant besoin de toi,
Viens te pencher sur mon âme,
Elle a tant besoin de toi.

Maître, à tes pieds je m'incline,
Je t'appartiens sans retour,
Verse en moi ta paix divine,
Répands en moi ton amour, 
Verse en moi ta paix divine,
Répands en moi ton amour.  

                      ______________
De Nadjia le 3 février.Je m'associe à toi dans la tristesse de la perte de Claire-Lise.

J'aurais aimer lui chanter en kabyle en souvenir de son paradis de Yakouren pour l'accompagner dans sa dernière demeure. Je suis intéressée par l'histoire singulière des orphelins kabyles de la mission Rolland et leur "implantation" dans cette terre du Vigan. Courage et espérances pour toi et tous ses proches. Fraternellement. 

                                                       Nadjia.
                                                 ____________

De Fatiha D le 6 février.
Je te présente mes sincères condoléances pour la perte de Claire Lise.
Qu'elle repose en paix.
Je te lis régulièrement, c'est ainsi que j'ai appris le décès de  "ta sœur kabyle".
Je suis de Tizi ouzou, j'habitais à côté de la mission Rolland, à la lisière de la ville dite Européenne , ma maison était située dans la zone dite "indigène". J'ai fréquenté la mission Rolland  jusqu'en 1978 date de leur départ d'Algérie, puis c'est l’exil pour moi aussi.

Aujourd'hui, je vis avec mon mari dans le midi. Orpheline, mon sort aurait pu être comme le vôtre. La vie a décidé autrement pour moi.
En te lisant, je "touche" la violence de la société coloniale pour "ses indigènes" mais aussi la violence de la société patriarcale Kabyle envers "ses femmes". Les méditerranéens dont les Kabyles considèrent que leur honneur est entre les jambes des femmes.

J'ai connu Guita et Alfred Rolland, leur fils Daniel qui offrait du travail aux femmes Kabyles (tissage de tapis) pour subvenir à leur besoins, des femmes souvent en rupture familiale.
C'est peut être en souvenir de ce passé que je m’intéresse fraternellement aux enfants de Kabylie élevés par la mission Rolland.
C'est aussi parce que, toute petite j'ai entendu parler des enfants "adoptés" par la mission.
Quelque part, je vous connais , sans vous connaitre.
Cher Gilles, je te souhaite une bonne journée.
                    Fatiha.
 


mercredi 25 janvier 2017

Une pause... - 3

Samedi 30 mars 85. Ce soir, je n'aurais pas d’appel de ta part. Une journée normale. Mais, j'aime les samedis. Des fois, je me dis que j'écris dans mon cahier pour ne pas t'oublier. Et tuer l'attente.

Ma permanence ne commence qu'à partir de 14h. Petit café du réveil de chez Nestlé. On a une usine à côté et, quand les jours de vents balayent la ville, ça sent très mauvais mais le café est bon. Curieux. J'ai dormi en pyjamas Vichy rose et blanc. Encore un cadeau de Noël de maman. Faudra que je l'appelle.

Une pause...
Vaisselle, douche puis café-croissant et journal au Normandie. Après, centre ville pour visiter la tante de ton mari, Christiane à son petit bistrot où on parle de toi. Ton mari serait superbement intelligent, doué. A ce qu'elle dit, gentil même. Un bon gars. J'y rencontre l'ami Auguste de Neuville, l'ancien mineur du nord silicosé. Tu le connais, et son môme aussi, celui qu'il élève seul à 75 ans. On fait un mata. Ensuite ? Deux pastis. Trois ? Possible. Christiane m'a invité a manger avec Jo vers 13h30, puis un café offert. Nouveau mata avec Jo et le petit d'Auguste qui a déjeuné avec nous.

Une pause...
 Fait vraiment froid. 14h30 heures. Pas envie de rentrer trop tôt chez moi où seul Tibère doit attendre à la porte. Les urgences rappelleront, j'y mets ma main au feu. Elles peuvent car il n'est d'urgence que pour le client. Jamais pour le plombier.      
Faudrait nettoyer l'appartement. On verra plus tard. Du linge finit par sécher, étendu un peu partout. C'est petit chez-moi et tout encombre. Je range un peu sans repasser. Jamais. Tiens, je crois que j'ai un problème avec le pain. Encore oublié. On s’en passera ce soir sauf si j'ai une urgence en ville. 
Tibère m'a fait la fête pour se précipiter sur sa boîte mais ressort aussitôt. Il déteste l'aspirateur, tout comme moi. Je mangerai tôt ce soir où quand il rentrera, s’il daigne me visiter. Le frigo est plein, j'ai fait mes courses à Monoprix. Tiens, la dernière fois, je leur ai cloqué un chèque en bois que j'ai honoré ce jour. La responsable a apprécié, mais sans trop. Elle n'espérait plus ma visite.
Petit tour au CAC Jean Renoir à feuilleter des bandes dessinées puis des périodiques de moto. Je ferai une visite au Normandie tout à l'heure. Si j'y pense.
Allez, à la maison et au pieu. Tout habillé. Après-midi et soirée. J’ai assez de cigarettes et de quoi boire.

Une pause…
Inquiétant : j'ai la sensation d'être toujours couché chez moi. Pas si grave si ce n'était sans toi. Aux infos du soir, Gorbatchef remplace Tchernenko, on explique. Et Chagal serait mort, on regrette. Un grand peintre. Faudra que j’en parle à Bruno. C'est mon patron. Lui, il peint bien, comme toi mais pas de l'acrylique. De l'huile, comme les grands. Il m'a offert une toile. Des "saillots", des jonquilles d'ici ou des narcisses de là-bas. Je ne sais pas mais je crois qu'il se moque de moi. 
Mon amie Christine me dit que la jonquille, c'est le début de la montée de sève du printemps et, pour l'homme, une attente en langueur d'amour.

Une pause...
Bruno me conseille les petites dames de Rouen, la ville aux cent églises et aux mille bordels. Préférable à se laisser mourir idiot de désir exacerbé dans cet impossible amour. Le nôtre. Ça te ferait du bien de te dégorger le poireau, c'est ce qu'il croit. Des mots que je n'aime pas. Bon, mais ça l'amuse de me choquer, lui qui est si fin par ailleurs. Il dira ce qu'il voudra mais moi j'aime et je suis aimé.

Une pause…
Jean-Claude voudrait que je l’amène à un concours de manille ce samedi soir à Saint Nicholas d'Aliermont. Faut traverser la forêt domaniale d'Arques. J'aime pas. Ou à Auppegard, et peut-être bien plus loin. Il y aura plein de cochon à gagner. Et des bouteilles de vin. De l'argent aux premiers. Impossible, ce week-end je suis d’astreinte. Il le sait. Je le lui avais pourtant dit. Il a dû oublier. Et puis, il y a risque de verglas. 
Et puis, je n’aime pas jouer contre lui. Ni avec. Il triche et, quand il touche les cartes, tu as beau bien mélanger et couper, rien qu’à voir son jeu, il connaît celui des autres. Comme au tarot lorsqu'il compte ses points en arrangeant les cartes puis quand il distribue, il se compose un chien à sa convenance. Si tu t'en méfies, rien qu'à ta façon de le regarder, il sait que tu seras preneur, alors il t'aura fait un chien pourri. Comme on joue un peu d'argent, l'affaire se corse toujours avec ses fausses donnes qui ne sont jamais sans raison.
- Passe ton tour. La prochaine fois, tu paieras une garde. Pas possible, Jean-Claude, t'es pas marrant !

Une pause…
Curieux que je ne saurai jamais si tu penches à gauche ou à droite. Peu importe que tu te prétendes socialiste. Moi je suis à gauche toute. Bon. Vite un thé pour me réchauffer. J’ai l’impression de le préparer pour toi. Du thé à la menthe comme tu l’as appris au Maroc. Bien bouillant, attiédi longuement et très sucré.
On peut me sonner ce week-end pour toute urgence en serrurerie, chauffage ou autres fuites d’eau et gaz. Tiens, hier la police m’a rappelé que lundi, à 14 heures je devrais accompagner l’huissier pour ouvrir un appartement. C’était prévu depuis une semaine. Sur Neuville lès Dieppe. Sans plus. J’aime pas ça. Les flics non plus. Même l’huissier que ça l’attriste. Mais, c’est son boulot. Et s’il ne le fait pas, d’autres s’en chargeront. L'huissier toque. Pas de réponse ? A vous... et moi, j’ouvre en essayant de casser le moins possible. Après, faut rester signer le PV. Mais, je me fais oublier et je ne regarde pas trop l'état des appartements. Ni les gens dans les yeux. Que des pauvres. Bon, l'huissier ne passe jamais avec les enfants à la maison. Que pendant les heures de classe. Une belle attention.

Une pause... 
Tiens, l'huissier, un type sympa a écrit un livre avec plein de blagues. Véridique. Je te le passerai. Toi qui me raconte toujours les Grosses têtes, tu aimeras.
Samedi est vite passé, sauf après les informations du soir. Pas l'habitude des après-midi de repos. Ça me fait comme deux soirées qui se suivent. Déprimant. Dimanche, je fais quoi près de mon téléphone ? Espérer une urgence, la redouter ? Je ne sais pas, j’ai perdu l’habitude des dimanches et des jours fériés mortels parce que je sais que tu ne pourras t'absenter pour me visiter. La lecture ? Non, ma bibliothèques est indigente. Et puis, se plonger dans les histoires d'amour des autres, ça fout le cafard.

Une pause…
J’aime bosser parce que, comme ça j’oublie, et pas qu’un peu. Même toi. Et je fume au lit. Comme si tu accouchais. Ma piaule ? Une fumerie d'extrême-orient sans femme. J'aère quand je sais que tu viendras, mais tu es rarement là. Et surtout cette semaine. Et l'autre à l'identique.
Le plus dur de mes journées ? Le soir, mais pas tant que je peux m’abrutir à la télé jusqu’à la fin des programmes. Après, le réveil du matin est difficile. Comme une grande gueule de bois.  
Ma télé, c'est une Philips, jamais en panne. Une bonne fille. Au fait, il me reste un mauvais vin de célibataire et un fond de whisky. J'aime pas le Whisky. C'était pour partager avec les amis, mais comme, à part Bruno qui n'aime que le pastis je n'invite jamais personne chez-moi, je boirai sans pouvoir trinquer à notre amour. Triste. Et toi qui crois que je suis heureux à vivre seul, sans problème de famille à résoudre. Et moi qui te conforte dans cette idée. T'expliquer que moi, j’en veux des emmerdes, et un plein wagon à décharger avec toi, parce que ça, c’est un bonheur plein ! Tu ne comprendrais pas.

Une pause…
Hier, une vieille s’est fait exploser son four à gaz en plein visage. Elle a pourtant bien vérifié. Eteint ? Pas croyable, pourtant il semblait bien que...  Une deuxième allumette en regardant pour s’assurer du bon allumage de la flamme de la veilleuse, et boum ! On ne devrait vendre aux vieux que des fours électriques. Et encore, ceux avec minuterie qu’on ne peut pas mettre en manuel.
Depuis le 22... le 23 de mars, déjà une semaine de vacances scolaires, ma hantise et jusqu’au  jeudi 11 avril. J'espère que le 16 avril on pourra fêter ton anniversaire.

Une pause...
Tu penseras à moi et je m'occuperai bien de Tibère. Tu essayeras de venir, mais tu ne me promets rien.
De toute façon, lundi j’ai un chantier à Varengeville. Je mangerai le midi sur place.
Du 23 au 30, j’ai bossé comme un fou. J’aime bosser et demain, demain c’est dimanche, et dimanche me rappellera qu'on n'a pas fait l'amour depuis longtemps. Un jour de déprime et d'espoir, un long jour.
J'ai mis ton coussin dans un sac plastique. Je le ressortirai avant de m'endormir avec toi. Et tes senteurs fleuries. 
  
Mon téléphone n'a pas sonné ce jour. Il le fera demain dimanche, je le sais. J'aimerais que ce soit toi, même en urgence et à la va-vite.
Faudra que j'appelle demain ma mère. Sans faute. Ce soir il est encore trop tard.