mercredi 18 décembre 2013

L'oignon doux fait ses eaux*! -2.


Oui, l’oignon doux en Cévennes revient.
Laissons-le nous entretenir…

 - Nous avons besoin, pour grandir de beaucoup d’eau et de plein de produits. Dangereux? Non.


- Le Parc National des Cévennes s’inquiète des polluants utilisés.
- Vous avez raison. Ces produits sont extrêmement toxiques, lorsque sur-dosés. Mais, en nos Cévennes ? Absolument pas !
Et Monsieur l’Oignon doux nous rassure :
- Enfin, voyez que, particulièrement vigilants, nos exploitants agricoles ne sont pas fous.

Ici, nous appelons ces poisons violents, le furet. Tout comme celui de la contine, plus aimable :
« Il court, il court le furet, Le furet du bois Mesdames, Il a passé par ici, Il repassera par là ! ».
On épand ces à-peine toxiques ici et, comme par un enchantement, ils se retrouvent à-peine dangereux là. Problème : comment les suivre alors qu'ils ne sont pas biodégradables ?

« Quelle eau buvez-vous ? ». Notre municipalité, en son « Vivre à Sumène » n° 17 d’automne (www.sumène.fr) nous rassure (p. 9). Sur les quatre systèmes de distribution, il s'est trouvé 0GTCF/100ml* : donnant « eau de bonne qualité ».
*Zéro germe témoin de contamination fécale autrement dit les staphylocoques et autres merdes. 
Croyons que dans les bassins de captage aucun humain ou animal, sanglier ou musaraigne ne cague (ne fait caca). Ni ne meurt !

Les mesures de minéralisation, les cévenols les connaissent depuis la nuit des temps. Et on s’en fout même si l’eau douce, peu minérale, s’accorde mal avec le plomb des canalisations. Faut juste les changer, ces canalisations. 
Quand à l’eau dure, calcaire, les lessives nécessitent plus de savons, ce qui augmente nitrates et phosphates, à la rigueur.

Passons aux mesures des nitrates. Résultats : seuls les hameaux de Sanissac et le Castanet, avec une eau peu calcaire et aucun village déverseur-pollueur au dessus d’eux, présentent 13,5mg/litre de nitrate (danger à 50mg/l). N’incriminons pas des fours à chaux, des brûlis de forêts, une laverie industrielle qui n’existent pas. 

Concluons par : soit les habitants de ces hameaux rikiki sont très propres et utilisent trop de produits de lessive, soit l’oignon doux y serait cultivé au dessus des sources.
Mais, cet oignon ne serait-il cultivé qu’à Sanissac et Castanet ? Oh, oh, oh ! Parce que…
L’eau de Sumène, très dure, très calcaire, ne recèle aucune trace de nitrates, de culture d'oignon doux ou de lessives. 
Pour Pont-d’Hérault, sis dans la vallée principale de culture de l’oignon doux, les eaux présentent peu de traces de nitrates. Etrange. Ou bizarre. Enfin, comme on veut.

Concernant les mesures de fluor, Zéro mesure à Pont-d’Hérault, deux mesures sur les trois autres points de captage. Valeur mesurée=0,0. Doit-on s’en inquiéter ?

Pour finir par les pesticides. Zéro mesure pour Pont-d’Hérault, alors qu'on cultive intensivement sur de vastes superficies l'oignon doux qui raffole d'herbicides, de fongicides, de pesticides, et engrais azotés.

Sur tous les autres points de captage on nous dit, sans rire :
-Tous les résultats de la série d’analyse de pesticides réalisés au point de production ont été conformes. Concentration maximale en pesticides totaux :<0,1µg/litre.
Entendu, mais on atteint vite le niveau de dangerosité à <0,1µg/litre… Dites, quelles sont les mesures exactes ?
On nous affirme, en se moquant de nous, que les protocoles d’analyse de la série d’examens de pesticides ont été conformes à une analyse scientifique, ce qui nous fait une belle jambe. C'est trop.
On navigue à l’estime et, en guise de résultat : pas de chiffre et, comme dit le dicton russe :
- À l’estime, nul n’est tenu, mais les baisés, comptez-vous. À l'estime !

 Imaginez-vous allant au laboratoire chercher vos résultats d’analyse pour vous entendre dire que vos examens sanguins et d’urine sont conformes à une analyse scientifique. Nous agréons, mais encore ?
Conformes. Cela nous fait une autre belle jambe, par langue de bois : mais quels sont les résultats de cholestérol, d’urée et la vitesse de sédimentation ?
Pas de résultats, pourtant les examens sont conformes, on vous l'affirme et voyez l'emplâtre sur vôtre jambe de bois. Comprenne qui pourra.  

On cultive l'oignon doux dans les bassins de captation des eaux, c'est ce que signifie ce manque de mesures des pesticides et cela n'est pas pour nous rassurer. Bien évidemment, pourquoi gêner les producteurs d’oignon en leur prouvant qu’ils polluent irrémédiablement nos terres et nos aquifères pour se payer de gros 4x4 ? 
A vue de nez et au vu (?) du manque de mesures et de résultats, nous affirmons que nos vallées subissent une pollution gravissime  aux pesticides. 
(?) -Mais Gilou, "Vu" est incorrect car on ne peut pas voir un manque. Cela ne se peut ! 

La Cévennes pauvre, c'est celle de la brebis morte jetée dans le premier aven venu, de ces petits villages qui ne sont pas encore raccordés à l’épuration, ou si peu et si mal, ces produits très toxiques pour la pomme et l'oignon doux déversés sans discernement et sans que personne ne s'en inquiète dans les bassins de captation des eaux, en un mot, une pollution grave tolérée par tous parce que cela donne un peu de travail aux pauvres pour repiquer ou trier l'oignon doux.

Voila pourquoi, mon petit doigt me dit que l’Agence Régionale de Santé, qui applique le Code de la Santé Publique fait tout sauf son travail. En toute désinvolture, et vous le savez, messieurs-dames nos élus. 

Conclusion: Tous les points de captage donnent, en conclusion : « Eau de bonne qualité », sauf pour Sumène qui hérite, avec les mêmes résultats de 0GTCF/L: « Eau de bonne qualité bactériologique ». Que nous cache-t-on encore ?
Monsieur le Maire, dites-nous, si les sources étaient vos filles :
- J’ai quatre filles. Trois sont belles et la dernière est belle mais pas moche !
- Cher ami, qu’entendez-vous par cela ? Les trois serait-elle aussi belles que la quatrième est laide ?

Messieurs les élus, tout est parfait. Continuez à nous tenir informés ainsi. Pas d’analyse des pesticides. 

Riverains et chaland dormez en paix. Mais moi ? Je m’en tamponne de vos analyses de l’eau car que je n’achète pas d’oignon doux. 
Là ! Et puis, je ne bois que de l’eau minérale en bouteilles.
Tiens, faudra que je pense à la faire analyser, cette eau minérale. De Pont d’Hérault, le mercredi 18 déc. 2013.

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