mardi 30 avril 2013

La rivière à cochon*- 4


La riviera cochon...
 
Que l’on se rassure, voilà encore un texte, tendance des éco-écrits qui ne roule que pour notre Riviera contrairement à nos éco-dialogues qui roulent, eux, pour personne. 

Cet écrit se veut surtout rectificatif d’articles un peu trop tendancieux. Reconnaissons-le.
Et, c’est parce que j’aime à plaire que mes articles indisposaient certains qui voyaient en moi cette grande gueule qui, passez-moi du peu « ne nous emmerdait pas cet été quand il était en stage à Nîmes, l’été dernier ». Mais, comme j'aime toujours à plaire et à boire, je me suis fait patelin. Non, mais sans blague !
D’autres complaisants osent :
-Qu’il se présente sur une liste électorale et nous compterons un imbécile de plus en ce pays.
Je ne répondrai pas à des gens qui ont si piètre opinion d’élus qui s’occupent de la rivière, ni à ceux qui ne s'occuperaient qu'à dire que je ferais de la mauvaise publicité pour notre rivière et la région du Vigan.

Ma réponse sera cinglante : toute publicité, réclame, ou article qui parle de notre région, que ce soit en bien ou en mal sera toujours bon à prendre car il faut et il suffit qu’on parle du Vigan !
J’affirme que je suis un de ceux qui fait le plus de bien à notre belle région. Qu’on se le dise et que l’on m’érige une statue. Vite, vite. Même petite, cela m'ira !
Mais, non… je plaisante ! Pour plus tard ? Pourquoi pas ! Enfin, vous déciderez après ma mort !

Suite à mes écrits dans ce blog, j’ai reçu plusieurs appels téléphoniques discrets de responsables que je ne prends pas à la légère, m'affirmant que des projets d’Arrêtés municipaux me seront transmis par la Poste.
Et dire que certains se moquent de moi en m’appelant le Bernardo des cochons. A cause de ma surdité à n’entendre aucun discours et raisonnement autres que les miens et que je serais de mauvaise foi... Et alors ?
Quoiqu’il en soit, je suis l'incontournable en matière de cochon-d’eau douce, en Cévennes.

C’est ainsi que j’ai appris que les autorisations à l’éducation auraient été accordées pour une Aire de Jeu appelée les Trois -Petits-Cochons. Lorsque l’on s’aperçut de la méprise, il fut trop tard pour revenir en arrière, nonobstant que l’assassinat des cochons engraissés devenait une manne pour notre bel abattoir de la Communauté des Communes, actuellement en souffrance de tueries et que de nouveaux emplois utiles voyaient le jour.
Le responsable à l’éducation affirmait que, dorénavant, les mises à mort des cochons se dérouleront uniquement en janvier aux basses eaux, la pression sur l’environnement des gros pollueurs cochons serait ainsi amoindrie.
-Gilou, qui t’a raconté cette blague ? me signale Rolando, c’est la période d’abattage normale du cochon, en pays chrétiens, dans l’hémisphère nord et depuis la nuit des temps. Le sel et le froid pour la conservation de la viande, tu connais ?
Effectivement, Rolando, est maître en cochonnerie, vous pouvez lui faire totale confiance.

L’Aire de Jeu (c’est ainsi que se nomme, depuis, l’endroit de ce lieu de vie) sera complètement réaménagée et des Arrêtés municipaux pris incessamment sous peu. En quelques mots : 

1°) Seul le cochon cévenol sera éduqué. Il le mérite. Il faut savoir que l’animal est en voie d’extinction. Ce cochon-là est particulièrement propre par rapport à ses congénères étrangers. Il adôôôôre même la baignade en rivière. Et, ce petit bain quotidien en fait le cochon-d’eau-douce cévenol adapté à son biotope : la rivière Arre. 

2°) Une station de lavage au Karcher de marque « Sarkozy » pour nos cochons de rivière sera construite. L'eau nécessaire à sa mise en œuvre sera, conformément à la loi, prélevée puis rendue à la rivière. 
Ainsi, hors la période estivale, la rivière ne sera plus utilisée au bain cochonnier.
Ce système, ne sera pas soumis à la loi sur l’eau : ni épandage des lisiers, ni bassin de décantation, ni station d’épuration ou fosse septique. Et cette dérogation, à dater de ce jour cessera en 2043 avec obligation de mise aux normes sanitaires de Bruxelles.
-Vous pouvez rassurer les populations viganaises, Monsieur Patrice. Voyez que nous prenons ce problème de pollution de l’eau très au sérieux et des solutions drastiques sont mises en œuvre.

3°) Chaque cochon sera inscrit au L.O.F. Un collier à son nom et une puce électronique concernant tous renseignements utiles au passage des frontières devra lui être apposée sous le lard.
Puis, chaque cochon devra être adopté par un petit écolier avézol ou viganais qui s’engagera à le promener en laisse les mercredis et lui sera prêté pour une période de 11 mois. Après cette période, il vivra sa vie de cochon avec tous les risques que cela comporte. 

4°) Concernant le risque d’inondation de l’Aire de Jeu des Cochons, un Arrêté municipal sera pris. En effet, durant les mois de risques majeurs des crues de l’automne, une zone de repli sera impérativement construite en dur par le maître cochonnier sous peine d’interdiction définitive de la station d’éducation du cochon d’eau douce cévenol.

5°) La Commune d’Avèze, et la Communauté des Communes, pour ce qui les concerne se chargent d’obtenir des subventions de l’Europe, de la Région et du Département pour que ce projet d’éducation des cochons-d’eau-douce cévenol puisse perdurer : partenariat avec les écoles, achat de matériel éducatif tels muselières, laisses, pompons, limes à ongles, slips de bain une et deux pièces, lunettes de soleil, chapeaux troués pour le passage des oreilles, colliers et sonnailles, et transport scolaire des cochons.

6°) Une mini station d’épuration sur l’Aire de Jeu des Trois Petits Cochons est à l’étude. Les élus regrettent que certaines communes de la Communauté traînent des pieds, renâclant à voter le projet ce qui, de part cette inertie occasionne de fortes odeurs et une pollution de notre rivière insupportable en nos chaleurs d’été, gênant mesdames et messieurs les promeneurs du chemin de la rivière. 
Le projet est toutefois reporté en 2043 pour se mettre en conformité avec les directives européennes.

7°) Aux dernières  nouvelles, vous apprendrez que l’Aire de Jeu sera équipée de bancs, d’un barbecue en dur, de balançoires et tourniquets réservés aux familles de touristes. On envisagerait  d’y construire la future aire de stationnement pour les camping-cars. 
Ce projet pharaonique demandera un accès plus aisé et donc une route qui pourrait passer sur la rive droite de l’Arre, d’Avèze au Vieux Pont du Vigan. Ou plus simplement par une cascade-chaussée à l’endroit de baignade des cochons. Solution à retenir car moins onéreuse.
Quoiqu’il en soit, il restera toujours à régler le problème ardu des eaux usées afin de les amener à la Grande Station d’Epuration du Vigan, obligatoire en 2043. Aussi, sauf à utiliser le canal naturel de la rivière Arre, je n’entrevois aucune solution possible durant une trentaine d’années !
La solution provisoire ne consisterait-elle pas à la construction d’un faux conduit de tout à l’égout déjà rencontré au dessus de la Cascade de Rochebelle, égout ne menant nulle part, sauf à ne constituer qu’un immense puisard qui rendra toute sa merde à la rivière ?
Dans mon petit pays, il est un dicton ancien qui ne se dit nullement ailleurs : chassez le naturel, il revient au galop ! Et surtout la merde ! Oups… excuses toutes plates !

Mais, bon ! Et puis, et puis, la chance de la région : un terrain de camping intercommunal devra voir le jour sur cette aire ainsi qu’une guinguette municipale. Amis danseurs de Square Dance, qu’on se le dise.
Comme au Western, on dansera les deux pieds dans la merde !

Et cochon qui s’en dédit. Une promesse est une promesse.

PS: Rolando a la joie de vous annoncer la naissance de porcelets nommés : Adolf 5, Herman 5, Rudolf 5…
et la tristesse de vous annoncer la mort d’Adolf le 4ème du nom, Herman 4ème du nom, Rudolf 4ème du nom les 3, 4 et 5 janvier 2013…

Même, Madame Rivière, si sensible pleure ses cochons chéris bien aimés.

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