samedi 15 juin 2013

Religion des lumières*!


Le siècle à venir sera religieux ou ne sera pas. Malraux dixit. 
Que voilà une perle ! 

Le siècle sera religieux. Mais, mon vilain, ils l’ont tous été religieux, les siècles et le seront encore, jusqu’à la fin des temps car l’homme est crédule, celui-là qui voudrait espérer qu’il est plus qu’un animal et que son destin, hors du commun lui offre en prime l’éternité. 
Cette pensée morbide d’immortalité met la pagaille sur terre.

La religion crée les civilisations, les états, la morale. Le religieux  s’imbrique tant dans le politique qu’on ne sait plus comment construire une société laïque. Imagine la France, seul état vraiment laïque au monde. Cocorico ! 
Pourtant, imagine Amar Khial, musulman bon teint devenir Président de la République Française : impossible. Et puis, et puis...
- Evidemment que c’est impossible. Amar Khial, ton père est mort depuis bien longtemps !

La  gouvernance politico-religieuse du monde n’est jamais vacante, la place bien prise toujours à prendre ou a usurper au peuple. La prendre et pour en faire quoi ? Mais, pour en jouir ! En homme de pouvoir.
Malraux n’a raison qu’en une seule chose, le siècle ne sera pas philosophique. Parce que, comme le dit si bien Hegel, le philosophe arrive quand le train est parti pour t’expliquer qu’il est bien parti. 
Et parce qu’il ne pouvait pas ne pas partir. Suis-je clair ? Hegel l’a été, lui.
                                                
Le bonheur et le mieux vivre !  Les philosophes proposent le bonheur par la raison et, en cadeau le bien vivre. Les chrétiens, l'amour divin, avec en prime le paradis. Pourtant, cadeau contre cadeau, on est sûr qu’aucune philosophie, même celle dite des lumières n’aura eu un tel impact sur l’Humanité entière que le christianisme. 
Est-on plus heureux avec Platon, Socrate, Aristote, Hegel, Bernard-Henry LEVY*? Dites-moi !
*Ndlr : BHL, ce nouveau Diogène amoureux des grands de ce monde !

Platon voudrait que l’homme sage dirige la cité car il a la connaissance des hommes et des structures. Kant voudrait que le philosophe puisse orienter l’action politique et sociale par sa connaissance des mœurs et de la société.
Bernard-Henri LEVY, plus prosaïque te dit qu’il faut aider les Printemps arabes. Merci Bernard !
 - Aie, aie, aie. On retourne mille ans en arrière !  disent les femmes arabes, non sans raison.
Quand on voit le nazisme et sa gestion de la société, ni la philosophie allemande, ni le christianisme, ni l’économie, ni la politique… ni l’Histoire, ni la peur de sanctions futures, ni l’Humanisme n’ont pu convaincre l’ensemble de la société à ne pas se faire les tueurs de leurs voisins, de leurs proches et de leurs amis. 
En six ans, Hitler a complètement perverti le pays le plus policé, le plus civilisé, le plus christianisé, le plus humanisé au monde.

L’argent, étalon social des valeurs. Le premier rapport à la société n’est pas l’individu en tant que tel mais l’individu monétarisé. 
Tant que l’argent a été moralisé par le christianisme, le travail valorisé, que l’accumulation personnelle des richesses bannie (1), nos sociétés ont été capitalistes par un échange travailleurs-patronat "humanisé".
Cette valeur-argent a changé. Il ne s’agit plus de travailler pour vivre mais d’accumuler pour être, posséder pour ne pas manquer, alors que l'on dispose plus que du nécessaire.
Le capitalisme n’étant plus moralisé par le christianisme, où se trouve le frein aux appétits insatiables ? La civilisation n’est plus chrétienne mais capitaliste.
(1) Excusez... j'oubliai Calvin qui autorise le prêt avec intérêt.

Kant qui dit que l’État est formé de citoyens qui veulent des lois générales pour perpétuer leur groupe en sécurité et, dans le même mouvement, tous aimeraient en être exemptés de ces lois. 
Une bonne  constitution canaliserait les conduites et le résultat serait comme si ceux qui veulent échapper à la loi n’avaient pas eu ces mauvaises intentions. Tu me la copieras, celle-là, mon bon !
Bravo encore, Kant, mais on n’avait pas besoin d’une telle démonstration pour comprendre que l’État doit se comporter en point central qui annihile et pacifie l’ensemble de deux volontés contradictoires. On aimerait plutôt savoir comment un homme qui nous gouverne arrive à détourner les lois à son profit. Je ne parle pas pour tous les dictateurs ou Berlusconi car, Cher-Kan, aucune constitution ne peut obliger les spoliateurs du peuple à avoir une bonne conduite. Si ce n’est la corde et le fusil.

Au plan des pulsions, la raison est inefficace à rendre l’homme meilleur. Seule la morale religieuse qui parle au cœur du prochain et de l’entraide par amour, et non par nécessité ou intelligence peut mettre en place une société égalitaire. Le ciment social, moteur du progrès est acté par cet amour.
De même, le christianisme n’a jamais freiné ni la recherche scientifique, ni les arts. 
Mais, le philosophe se veut supérieur au croyant car il dit ne pas être contraint par ses pulsions dont il s'abstrait, le croyant, lui les gère, les moralise. Enfin, c'est ce tous veulent croire !

L'amour et la crainte. La crainte et l'amour, puissant moteur de gestion des pulsions seraient le commencement de la sagesse des hommes. 
A la crainte et à l'amour, ajoutons la récompense suprême, le paradis que les philosophes ne peuvent offrir ! 
Nous vous demandons pardon : la raison pure est aussi paradis.  

Aucun hôpital ni asile pour nécessiteux, encore moins les restaurants du cœur, le Revenu de Solidarité n'auront été créés par un philosophe. Non. Vous me direz que ce sont les politiques qui mettent en place l’action sociale. Admettons. Nous aurions donc la même organisation sociale partout dans le monde, que ce soit en Inde, en Chine, dans les pays arabes et même, un comble aux USA… 
Eh, bien : non. Ces pays, dont les USA copient nos sociétés occidentales chrétiennes seules capables de mettre en place ces systèmes de solidarité.

Aucune morale laïque, de la "raison pure" n’a fondé de société. Sauf en ce qui concerne le communisme et le nazisme qui se fondaient sur des idéologie amorale dans lesquelles l'Homme n'était pas au coeur du système.

Ma philosophie est chrétienne avant tout et se fonde sur le premier livre, le seul que j’ai eu la chance de pouvoir lire tout petit entre 6 et 9 ans : la Bible. Et ses histoires fantastiques. La bible en lait maternel.

De Bachelard, ne me reste qu’un prénom. Gaston. D'Alain, point. Normal ! Les philosophes, Sartre et autres ne m’ont rien laissé. Ou pas grand chose.

Les juifs ne croient pas au paradis. Une religion qui ne propose pas de récompense aux Cieux. C'est étrange, mais, admettons !
Puis, tu apprends que Jésus, le juif annonce un paradis et à aimer son prochain, hormis les homosexuels  convolants, aux dires de l’évêque Bob. Bénir les chiens tous homosexuels, les chasseurs (on ne sait pas), et leurs ânes et tous ceux qui s’aiment dans la meute, cela se fait. 
Quand les curés homosexuels se marieront, l’église exultera de joie ! 

De Pont d'Hérault le 15 juin 2013. Dans le texte, les philosophes noteront une affirmation erronée. Le jeu consiste à la retrouver et à la corriger. Bon courage. Et peut-être qu'il n'y en a pas. Va savoir.

                                 ____________

dans l'illustration de René BOUSCHET (R&B) : "DIEUX, QUE VOTRE VOLONTE SOIT FAITE !" Frédéric Dard. San Antoniaiseries 1989.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire